Le card. Etchegaray et le muphti M. Ceric, lauréats du prix de la Paix Houphouët-Boigny

Cérémonie de remise des prix au siège de l'UNESCO à Paris

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CITE DU VATICAN, Mardi 21 septembre 2004 (ZENIT.org) – La Journée internationale de la Paix a été fixée par l’ONU au 21 septembre : à cette occasion, le cardinal Etchegaray et le grand muphti de Bosnie-Herzégovine, Mustafa Ceric, se sont vu remettre au siège de l’UNESCO, à Paris, le Prix de la Paix "Félix Houphouët-Boigny", seul prix de l’UNESCO qui porte le nom d’une personnalité africaine.



Ce Prix leur a été attribué par un jury international présidé par l’ancien secrétaire d’Etat des Etats-Unis, et Prix Nobel de la Paix, M. Henry Kissinger.

En annonçant cette décision, M. Kissinger a précisé : "Ces deux personnalités ont été choisies en reconnaissance de leur action en faveur du dialogue interreligieux, de la tolérance et de la paix. Le jury estime que la réconciliation des points de vue religieux est l’un des grands défis de notre époque. C’est un défi important pour le pays de Félix Houphouët-Boigny, créateur du Prix, un pays où la réconciliation des chrétiens et des musulmans est très importante pour éviter l’effusion du sang. Mais nous avons pris en considération l’importance de la réconciliation religieuse pour toute l’humanité".

Le Secrétaire exécutif du Prix, M. Alioune Traoré, a expliqué que "par ce choix, le jury a adressé un signal fort à la communauté internationale en faveur du dialogue interreligieux, un fondement essentiel de la paix et de la compréhension parmi les peuples et les Nations".

Le cardinal Etchegaray est originaire du Pays basque français, il est né à Espelette en 1922, et il a été ordonné prêtre en 1947. Nommé évêque en 1969, il a été créé cardinal dix ans plus tard par Jean-Paul II. Après avoir été archevêque de Marseille, il a été appelé à la curie romaine où il a été président du Conseil pontifical Justice et paix de 1984 à 1998. Jean-Paul II l’a chargé de nombreuses missions de paix, par exemple dans les négociations en vue de la fin du siège de la basilique de Bethléem, en mai 2002, ou en vue de la paix en Irak : en 1986, en 1998, et en février 2003.

Né en 1952 à Veliko Cajno, en Bosnie-Herzégovine, Mustafa Ceric a fait ses études à Sarajevo et à El-Azhar, au Caire. Après avoir vécu un moment aux Etats-Unis, il est devenu, en 1987, le grand imam de Zagreb, la capitale de la Croatie. Sa mosquée devint un important centre intellectuel et spirituel pour les Musulmans de Bosnie-Herzégovine. Grand muphti de Bosnie-Herzégovine depuis 1993, il est membre du Conseil européen des responsables religieux, institué en 2002, qui est une branche de la conférence mondiale des Religions pour la paix.

Le montant du Prix Houphouët-Boigny consiste en une dotation de 122.000 euro, un diplôme de la Paix et une médaille commémorative. Il a été créé en 1989 et il est remis chaque année par l’UNESCO. Il veut honorer des personnes, des organisations ou des institutions ayant contribué de façon significative à la promotion, la recherche, la sauvegarde, ou le maintien de la paix, en accord avec la Charte des Nations Unies et la constitution de l’UNESCO. Il porte le nom du premier président de la République de Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny.

Son jury international est composé de personnalités éminentes dont l’ancien président du Portugal, Mario Soares, présent ce mardi à la remise du prix, du prix Nobel de la paix, Adolfo Pérez Esquivel, de l’ancienne présidente du Tribunal international de l’ex-Yougoslavie, Gabrielle Kirk McDonald, et de l’ancien Garde des Sceaux français, Jean Foyer, vice-président de ce jury.

C’est M. Jean Foyer qui a présenté les deux lauréats à l’assemblée internationale venue assister à la remise du prix, en présence du directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, du Ministre français délégué à la coopération, Xavier Darcos, représentant du président Jacques Chirac, mais aussi de l’ancien président de Côte d’Ivoire, M. Henri Konan Bédié, et du président du conseil des Ministres de Bosnie, M. Adnan Tersic, et de M. Traoré.

Le Prix 2002 avait été décerné à Xanana Gusmão, président du Timor oriental, et auparavant, entre autres, à Nelson Mandela et Frederik W. De Klerk (1991), Yitzhak Rabin, Shimon Peres et Yasser Arafat (1993), au roi Juan Carlos d’Espagne et à l’ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter (1994).