Le card. Olorunfemi Onaiyekan, archevêque d'Abuja

Lauréat du prix « Pax Christi 2012 »

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1234 clics

Le cardinal John Olorunfemi Onaiyekan, 69 ans, est archevêque d’Abuja au Nigeria. Il est l’un des six derniers cardinaux créés par Benoît XVI lors du consistoire du 24 novembre 2012. Il participera au conclave qui s’ouvrira demain, 12 mars 2013, pour élire le futur pape.

Ordonné prêtre le 3 août 1969, il est consacré évêque le 6 janvier 1982 par le pape Jean-Paul II, en la basilique vaticane.

Il a été évêque d’Ilorin puis évêque d’Abuja et enfin archevêque métropolite du même siège, fonction qu’il occupe depuis le 26 mars 1994. Il a accueilli Jean-Paul II durant sa visite au Nigeria du 21 au 23 mars 1998.

Le cardinal a eu un rôle de premier plan dans l’épiscopat du continent africain et dans divers organismes de dialogue entre les religions : il a notamment été président de la Conférence épiscopale de son pays de 1999 à 2006, président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SECAM), président de la Conférence épiscopale de la région ouest de l’Afrique anglophone (Aecawa), co-président du Conseil interreligieux du Nigeria (Nirec), co-président du Conseil africain des leaders religieux (Acrl) et président de l’association chrétienne du Nigeria (Can).

Selon une biographie publiée par le Saint-Siège, le cardinal Onaiyekan est l’un des représentants les plus appréciés de la théologie africaine.

Il est connu pour son « engagement inlassable pour la paix au Nigeria », et son implication dans le dialogue entre chrétiens et musulmans.

Il a d’ailleurs reçu le Prix Pax Christi 2012, le 31 octobre 2012, « pour récompenser ses efforts de promotion du dialogue et d’une meilleure compréhension entre les populations de diverses traditions religieuses vivant sur le continent africain ».

Dans son discours prononcé pour l’occasion, le cardinal a témoigné de sa « foi profonde en Dieu » qui est « un Dieu de paix qui a en horreur la discorde et la haine, la malhonnêteté et l’oppression ».

Évoquant ses rencontres avec les musulmans dont il partage la vie quotidienne au Nigeria, il a fait observer que « ce que nous partageons avec tous les autres êtres humains est bien plus important que nos traits spécifiques ». « La grande majorité des personnes sont des personnes normales comme moi », qui veulent vivre en paix, a-t-il ajouté.

Le cardinal a appelé à « libérer la religion de la manipulation en vue d’autres intérêts » pour lui permettre de « jouer son rôle positif de réconciliation entre les peuples en conflit, là où d’autres efforts ont échoué ».

« Si tu veux la paix, apprends à pardonner », a-t-il conclu en reprenant à son compte une affirmation de Jean-Paul II.

Le cardinal a participé à différents synodes des évêques, dont le dernier, sur la nouvelle évangélisation, du 7 au 28 octobre 2012. Il y a souligné que musulmans et chrétiens « ont une responsabilité commune de travailler pour la paix et l’harmonie entre eux et dans l’ensemble du monde ».

« La nouvelle évangélisation impliquera qu’il faudra travailler ensemble pour la promotion de valeurs communes, dans un monde qui a un très grand besoin de ces valeurs », a-t-il ajouté.

Mais le cardinal ne ferme pas les yeux sur les difficultés de ce dialogue, invitant à un discernement sur les partenaires de ce dialogue : « Il y a plusieurs sortes de musulmans. Dans la nouvelle évangélisation, nous devons connaître nos voisins musulmans et garder un esprit ouvert envers ceux qui sont amicaux, et ils sont la majorité. Nous devons travailler ensemble pour s’assurer que les fanatiques ne dictent pas l’agenda de nos relations réciproques, nous poussant à être des ennemis les uns des autres. »


Au Vatican, le cardinal est membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi et du Conseil pontifical pour la famille.