Le card. Scola plaide pour la liberté de l'éducation

30e Marche des écoles catholiques de Milan

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Isabelle Cousturié

ROME, mardi 17 avril 2012 (ZENIT.org) – « Le manque de liberté dans l’éducation est une blessure très grave pour la société civile: nous devons le dire à haute voix », a déclaré l’archevêque de Milan, le cardinal Angelo Scola, en rencontrant samedi 14 avril dernier, les enfants de l’ « Andemm al Domm 2012 », la marche des écoles catholiques de son diocèse.

La marche, qui en était à sa 30ème édition, a rassemblé 20.000 enfants et adultes qui, malgré le mauvais temps, sont partis de la place du Duc d’Aoste pour atteindre la place de la Cathédrale (Duomo), où les attendait le cardinal Scola.

Le thème de la marche était : «  L’école catholique est tournée vers l’avenir : la famille, le travail, la fête »,  en lien avec le thème de la  prochaine rencontre mondiale des familles prévue à Milan du 30 mai au 3 juin. Et les participants portaient sur leurs tee-shirts le logo de ce rendez-vous avec le pape.

Au gré des questions que des élèves posaient, l’archevêque de Milan a revécu les années de son enfance, expliquant qu’en 1946 son entrée à l’école avait constitué un « moment très fort » et qu’il avait été lui aussi « repris par ses maîtres » et parfois envoyé par punition « derrière le tableau », mais qu’il avait « beaucoup appris » d’eux.

« Ce que l’on n’apprend pas durant les premières années de classe,  est perdu pour toute la vie et l’on n’apprend plus », a-t-il dit aux enfants avant de se tourner également vers les parents et les professeurs et de leur rappeler que « c’est en cette période que l’on pose les bases » et que l’école demande donc d’être « prise très au sérieux ».

Interrogé sur les préjugés qui entourent l’école catholique, le cardinal Scola s’est dit convaincu  que l’école catholique est « un élément de grande civilisation » pour le pays et que les limites imposées à l’éducation libre sont « graves » et « sûrement un des motifs pour lesquels la transition et le changement ont du mal à s’affirmer ».

Le manque de liberté dans l’éducation est « une blessure très grave pour la société civile », a-t-il affirmé avant d’ajouter : « Nous devons le dire à haute voix (…) nous devons le redire aussi aux communautés chrétiennes », car «  hélas, ces préjugés circulent aussi en leur sein ».

 « Nous sommes pour une école libre ! », a poursuivi le cardinal Scola. Pour l’archevêque, l’éducation est un « droit »  qui, surtout dans les premières années de leur enfant, « revient au père et à la mère », et ne « pas garantir leurs premiers droits, comme celui d’une liberté intégrale, y compris l’éducation » est « enlever » quelque chose au pays.

Etre « pour une école libre », a encore expliqué le cardinal, signifie que chaque sujet social capable de garantir une capacité à « faire école », une capacité certifiée rigoureusement par les organismes de compétence, doit avoir la possibilité de le faire.  « Nous ne demandons aucune faveur », a-t-il ajouté, et « nos écoles sont si libres que leurs portes sont ouvertes à tous ».

Ces écoles ont leur identité propre, mais tous les jeunes d’autres religions et ceux qui disent ne pas croire, y sont admis : « Je suis convaincu que la liberté d’éducation est un des droits que tout pays, voulant être moderne et tourné vers l’avenir, devra inévitablement reconnaître », a-t-il conclu, il ne s’agit en aucune façon d’une « alternative » à l’école publique.

Pour sa part, le P. Luca Violoni, secrétaire de la « Fondation Milan Familles 2012 », a invité l’assemblée à venir nombreux le premier jour de la VIIème rencontre mondiale des familles pour y accueillir le pape  et à participer nombreux à la messe qu’il célèbrera à Bresso, le 3 juin au matin.