Le card. Tauran invite à la réciprocité entre chrétiens et musulmans

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ROME, Vendredi 27 mars 2009 (ZENIT.org) - Les chrétiens devraient pouvoir avoir leurs propres lieux de culte dans les pays à majorité musulmane, tout comme les fidèles de l'islam ont le droit de prier dans les mosquées dans les pays à majorité chrétienne.

C'est ainsi que le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a synthétisé le « principe de la réciprocité » en ouvrant à l'université de la Sainte Croix, à Rome, un congrès international de deux jours sur le thème ‘liberté religieuse et droits de l'homme'. L'Osservatore Romano a rapporté ses propos dans son édition du 27 mars.

Selon le quotidien du Saint-Siège, tout en « rappelant dans un contexte très précis - l'Arabie Saoudite - l'absence de lieux de culte chrétiens, le cardinal a souhaité que l'Eglise précise le sens authentique de la réciprocité dans le domaine du dialogue interreligieux ».

Le cardinal Tauran a aussi souhaité « des normes claires qui sanctionnent avec précision les domaines d'application d'un tel principe, les limites infranchissables à sauvegarder dans les pays de tradition musulmane, ainsi que les chemins à parcourir là où les catholiques souffrent de situations de difficultés injustes ».

Selon le cardinal Tauran, trois aspects caractéristiques du magistère de Benoît XVI peuvent être indiqués : « la continuité avec les indications de ses prédécesseurs ; une plus grande insistance sur la nécessité de la réciprocité, en particulier en relation avec les rapports entre Eglise et islam ; la corrélation entre le thème de la réciprocité et celui de la compréhension mutuelle, incluant aussi des questions clés comme le problème de la liberté religieuse », a encore rapporté L'Osservatore Romano.

Si Benoît XVI a parlé du principe de réciprocité - « et cela est sans aucun doute un progrès », a ajouté le cardinal Tauran, « aujourd'hui, on ne dispose pas d'une illustration approfondie d'un tel principe, ni d'indications concrètes pour son application dans le domaine des libertés fondamentales et en particulier de la liberté religieuse ».

A tel point que « quand on parle de réciprocité, on ne va pas au-delà de la signification et du contenu de la règle d'or : ‘Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse' », a-t-il conclu.

Marine Soreau