Le cardinal Antonelli propose de rétribuer le travail domestique

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ROME, Mardi 10 février 2009 (ZENIT.org) - Tout en invitant à encourager des politiques pour les familles, le cardinal Ennio Antonelli a proposé de « rétribuer » le travail domestique pour ne pas « pénaliser » les mères qui souhaitent se consacrer à leurs enfants.

Le président du Conseil pontifical pour la famille s'est exprimé au cours d'une rencontre organisée le 6 février à Prague, en République tchèque. Ses propos ont été publiés par L'Osservatore Romano, le 10 février.

Dans son intervention, le cardinal Antonelli a affirmé que la « solution aux crises économiques et sociales mondiales passe par la famille fondée sur le mariage : des expériences et des recherches scientifiques démontrent qu'il est ‘d'intérêt public' d'encourager des politiques pour les familles et avec les familles, avec des interventions concrètes sur le travail, l'éducation et le fisc ».

Le cardinal italien a ainsi souligné l'importance de « reconnaître dans sa dignité et son utilité le travail domestique, le rétribuant de manière adéquate pour donner aux parents, surtout à la mère, la possibilité de choisir librement de se consacrer, à la maison, au soin des enfants », sans pour autant avoir de « problèmes économiques ». « Pourquoi pénaliser une mère qui se consacre à ses enfants ? Pourquoi une famille qui décide d'avoir des enfants devrait devenir plus pauvre ? », s'est demandé le haut prélat.

Pour ne pas retarder les mariages et pour ne pas éloigner les époux l'un de l'autre, le cardinal Antonelli a aussi invité à « faciliter les mutations » tout en évitant à la famille de « subir des dommages et des pénalisations économiques ». Et pour concilier le travail et la famille, il a encouragé les entreprises qui offrent aux travailleurs des « schémas personnalisés » : « horaires de travail flexibles, contrôle des résultats plus que des horaires, possibilité de mi-temps et d'interaction entre travail en entreprise et travail à la maison ».

Le cardinal Antonelli a aussi suggéré d'« encourager une plus grande équité dans le prélèvement fiscal, notamment pour augmenter la natalité ». « La taxation devrait tenir compte non seulement des revenus globaux de la famille, mais aussi des personnes à charge : le nombre d'enfants, la présence éventuelle d'un handicapé ». « Pourquoi celui qui décide d'avoir plusieurs enfants serait traité comme celui qui n'en a pas », lequel « peut faire des économies ou se divertir et percevra, à l'avenir, une retraite subventionnée par le travail des enfants de l'autre ? »

Si la politique avance dans cette direction, elle contribuera à « édifier une société amie de la famille et donc, bien plus capable de cohésion et de développement. La famille sera reconnue comme sujet de citoyenneté avec des droits et des devoirs », a conclu le cardinal Antonelli.

Marine Soreau