Le cardinal Bagnasco, un des 28 électeurs italiens du conclave

Il préside la Conférence épiscopale italienne à un moment crucial

Rome, (Zenit.org) Luca Marcolivio | 2946 clics

La vie de l’actuel président de la conférence épiscopale italienne (CEI), le cardinal Angelo Bagnasco, se croise avec des moments saillants de l’histoire de l’Italie et de l’Eglise.

Elève du cardinal Giuseppe Siri, il a été son successeur à la tête de l’archidiocèse de Gênes.

Angelo Bagnasco est né à Pontevico (Brescia), le 14 janvier 1943, d’une famille de Gênes,  qui avait trouvé refuge dans les campagnes lombardes durant la seconde guerre mondiale. A la fin du conflit, la famille Bagnasco regagne le chef-lieu de la Ligurie où leur deuxième fils complète sa scolarité au séminaire de l’archevêché. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1966, par l’archevêque de Gênes, le cardinal Giuseppe Siri.

Les vingt premières années, le parcours sacerdotal et pastoral d’Angelo Bagnasco est un parcours majoritairement diocésain, ponctué de charges paroissiales, et entre 1970-1985, comme assistant ecclésiastique du groupe scout ASCI.

Diplômé en philosophie à l’université de Gênes en 1979, il a une longue expérience d’enseignement à divers niveaux : de 1975 à 1984, il a été professeur d’italien, au lycée littéraire du séminaire diocésain de Gênes.

De 1980 à 1998 il a été professeur de métaphysique et athéisme contemporain à la Faculté théologique du nord de l’Italie. De 1980 à 1993, assistant diocésain de la Fédération universitaire catholique italienne.

Angelo Bagnasco a été ordonné évêque le 7 février 1998, devenant titulaire du diocèse de Pesaro, et deux ans plus tard il est élevé au rang d’archevêque. Le 20 juin 2003, en pleine guerre en Irak, il est ordonné aumônier militaire pour l’Italie.

Lee 29 août 2006, il est nommé archevêque de Gênes, à la place du cardinal Tarcisio Bertone, nommé à son tour Secrétaire de l’Etat du Vatican.

Quelques mois plus tard, le pape Benoît XVI le nommera président de la conférence épiscopale italienne, à la place du cardinal Camillo Ruini, qui a atteint la limite d’âge et doit quitter ses fonctions. Entré en charge à la tête des évêques italiens le 7 mars 2007, Angelo Bagnasco est créé cardinal le 24 novembre de la même année.

Le 30 septembre 2011, il est nommé vice-président du Conseil des conférences épiscopales européennes, le 31 janvier 2013 élu président du comité pour le Projet culturel de l’Eglise italienne.

Angelo Bagnasco a pris la direction de l’épiscopat italien à un moment historique très délicat. Titulaire du lourd héritage laissé par le cardinal Ruini, l’archevêque de Gênes a du affronter de nombreux défis,  à commencer par la reconstruction du tissu ecclésial du pays, devenu au fil des années très hétérogène et fragile.

Le président de la CEI a du aussi faire les comptes avec la crise de la société civile et la difficulté des laïcs à s’impliquer dans la vie de l’Eglise italienne. Une de ses batailles a été de relancer l’éthique et l’engagement politique des catholiques, s’appuyant en cela aux appels du pape Benoît XVI pour une « nouvelle génération de catholiques en politique ».

Il a été l’un des animateurs de la convention de Todi (2011-2013), destinée à reconstruire l’unité et l’engagement des catholiques en politique, se distinguant pour sa ligne intransigeante sur des principes non négociables, piliers incontournables  d’une orientation éthique pour chaque catholique politiquement actifs.

A l’occasion de la première des deux rencontres de Todi (17 octobre 2011), le président de la CEI a rappelé que le rôle des catholiques – dans l’histoire de l’Italie mais pas seulement – a toujours été positif et déterminant à tous les moments critiques de l’histoire. L’engagement politique et social n’est donc pas une option  et le négliger relève du « péché d’omission ».

Au cours de la seconde rencontre Todi (27 janvier 2013), le cardinal Bagnasco a confirmé sa ligne, prenant les distances de toute tentative de compromis au rabais de la part des catholiques engagés à divers titres dans la politique  italienne.

« On ne saurait faire semblant de mettre de côté les problèmes quand ceux-ci sont cruciaux dans les sociétés postmodernes », a déclaré le prélat à cette occasion, ajoutant : « quand on arrive devant la grande porte des fondamentaux de l’humain, le silence de l’individu, des personnes et des institutions n’est pas possible ».

Lors de son intervention au dernier Conseil permanent de la CEI (28 janvier 2013), le cardinal Bagnasco a souligné les concepts de « biopolitique » et « bioéconomie », réaffirmant, dans le sillage du magistère social de Benoît XVI, que la crise économique actuelle est inséparable de la crise anthropologique, et que le développement humain ne va pas contre le développement économique, au contraire, le deuxième dépend étroitement du premier ».

Dans le conclave qui s’apprête à commencer, le cardinal Bagnasco figure parmi les 28 cardinaux électeurs de nationalité italienne.

Traduction d’Océane Le Gall