Le cardinal désigné Luis Antonio Tagle remercie Benoît XVI

Appel pour l'Eglise des Philippines à « prendre au sérieux sa mission »

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Traduction d’Anne Kurian

ROME, jeudi 25 octobre 2012 (ZENIT.org) – Le cardinal désigné Luis Antonio Tagle exprime sa reconnaissance à Benoît XVI, pour sa « confiance ». Il considère sa nomination comme un appel pour l'Eglise des Philippines à "prendre au sérieux sa mission".

Benoît XVI a en effet annoncé hier, 24 octobre, au cours de l’audience générale, la « création » de 6 cardinaux, dont Mgr Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille (cf. Zenit du 24 octobre 2012).

Actuellement à Rome pour le synode des évêques, ce dernier exprime sa reconnaissance à Benoît XVI, pour sa « confiance », au micro de Radio Vatican.

Il considère son cardinalat « non seulement comme un cadeau », mais aussi comme « un appel pour l'Eglise des Philippines à prendre au sérieux sa mission », comme il le répète à plusieurs reprises.

A la lumière du synode pour la nouvelle évangélisation en cours, il constate que les « migrants » des Philippines sont une richesse pour l’évangélisation : « grâce aux travailleurs philippins à travers le monde, [...] la foi chrétienne est rendu présente, elle se répand partout », souligne-t-il.

S’arrêtant plus largement sur l’Eglise d’Asie, il précise qu’elle est « souvent une Église minoritaire » et la compare à « Jean-Baptiste prêchant dans le désert », confiant que « même aux Philippines », il n’est pas certain que les personnes lui fassent « un procès équitable ».

D’où son étonnement au Vatican, devant l’accueil qui a été réservé à son intervention lors du débat général du synode, où il a encouragé à apprendre « l’humilité de Jésus », « le respect de Jésus pour toute personne humaine » et « le pouvoir du silence ».

Mgr Tagle a en effet une conception particulière du silence : « là où dans certaines parties de l'Asie le silence relatif, le calme de l'Eglise est interprété comme de la timidité », il estime au contraire que « cela rend l'Église plus crédible ».

En effet, si les asiatiques ressentent dans la manière de communiquer de l’Eglise « un établissement triomphaliste, je-sais-tout », ils n’écoutent pas, ajoute-t-il.

Pour l’archevêque, le rôle de l'Eglise d'Asie est donc davantage dans l'"écoute" et la "solidarité" avec les « souffrances et les questions difficiles » des personnes, car en agissant ainsi elle montre le « visage concret de Dieu ».

Il ne s’agit pas, précise-t-il, de « prétendre que nous avons toutes les solutions ». Mais en étant « parfois silencieuse avec eux, aussi confuse qu’eux et partageant les mêmes problèmes », l'Eglise devient « une maison pour beaucoup de gens », conclut-il.

Par ces « créations » inattendues – un consistoire a déjà eu lieu en février 2012 – Benoît XVI rééquilibre la composition du collège cardinalice : cinq sur six nouveaux cardinaux viennent de pays du "sud" du monde (Liban, Colombie, Philippines, Nigeria, Inde).