Le cardinal Péter Erdö, archevêque d'Esztergom-Budapest

Expert en droit canonique et impliqué en Europe

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 2079 clics

Le cardinal hongrois Péter Erdö est archevêque d'Esztergom-Budapest. Agé de 60 ans, il sera l'un des cardinaux les plus jeunes lors du conclave qui élira le successeur de Benoît XVI. Il a été créé cardinal le 21 octobre 2003 par Jean-Paul II.

Titulaire d'un doctorat en théologie, il a été ordonné prêtre le 18 juin 1975 à Budapest. Puis il a étudié à Rome, à l'Université pontificale du Latran, où il a obtenu un doctorat de droit canonique.

Le cardinal a enseigné à Esztergom et à l'Université pontificale grégorienne ainsi qu'à l'Université catholique Péter Pazmany, où il a été recteur. Au cours de son rectorat, l'Université a obtenu le statut pontifical et a ouvert une nouvelle faculté des technologies de l'information.

Il a été consacré évêque, pour être auxiliaire de Szekesfeherver, le 6 janvier 2000. Le 7 décembre 2002, le pape Jean-Paul II l'a nommé archevêque d'Esztergom-Budapest, primat de Hongrie.

En 2005, il a été élu président de la Conférence épiscopale de Hongrie, et a été réélu en 2010 pour un nouveau mandat de cinq ans.

Le cardinal a également une implication européenne: en 2006, il est devenu président du Conseil des conférences épiscopales d'Europe (CCEE), et a été réélu en 2011. Il a participé à des missions urbaines dans les grandes villes européennes (Vienne, Paris, Lisbonne, Bruxelles et Budapest). Il fut l'un des initiateurs et l'un des deux co-présidents du Forum catholico-orthodoxe européenne.

Depuis 2003, il a participé à toutes les assemblées du Synode des évêques, y compris ceux consacrés à l'Afrique (2009) et au Moyen-Orient (2010).

Sa lecture "systématique prodigieuse", selon le Vatican, a conduit à la publication de plus de 250 articles et quelque 25 livres dans les domaines du droit canonique et de l'histoire médiévale du droit canonique.

Il a reçu de nombreuses distinctions: un doctorat honorifique de l'Institut Catholique de Paris (1996), de l'Université Babes-Bolyai de Cluj Napoca (2001), de l'Université catholique de Lublin (2004), de l'Université de Munich (2007), de l'Université Stepan Wyszyiński à Varsovie (2011) et de l'Université de Navarre (2011).

Le cardinal est actuellement membre de la Secrétairerie d'Etat, des Congrégations pour l'éducation catholique, pour le culte divin et la discipline des sacrements, des Conseils pontificaux pour les textes législatifs, et de la culture. Il est également membre du Tribunal suprême de la Signature apostolique.

Lors du synode pour la nouvelle évangélisation en octobre dernier, le cardinal Erdö a dessiné pour l'assemblée un état des lieux de l’Eglise et de la nouvelle évangélisation en Europe.

« L’Europe doit être évangélisée. Elle en a besoin », et la population en Europe « a faim et soif d’espérance », a-t-il affirmé en diagnostiquant la responsabilité de la "désinformation" des médias dans la déchristianisation et une « hostilité systématique », voire des discriminations contre les chrétiens dans certains pays.

« Evangéliser n’est pas une chose facultative », ou l’apanage d’une « catégorie de chrétiens », mais c’est un « devoir étroitement lié au baptême », a-t-il déclaré à la fin des travaux du synode.

En Europe en effet, a-t-il fait observer, « l’héritage artistique des édifices porte encore le message de l’Evangile ». A tel point que si les chrétiens n’annoncent pas l’Evangile, « les pierres commenceront à crier ».

Le cardinal a donc appelé à « évangéliser aussi à travers ces moyens ». Il s’agit « d’expliquer “la voix des pierres” », de « connaître » et « d’apprécier » cet héritage : « tant de personnes loin de l’Eglise savent apprécier la culture chrétienne même s’ils n’ont pas une vie de foi ».