Le charisme de sainte Marie-Eugénie, par sr Hélène Bureau

Un message pour l'année de la foi

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ROME, jeudi 2 février 2012 (ZENIT.org) – « Je me donne à toi tout entière : fais que toutes mes actions soient remplies de ton amour » : sainte Marie-Eugénie (1817-1898), fondatrice des Religieuses de l’Assomption, s’adressait ainsi au Christ.

Le charisme de la sainte, canonisée il y a 5 ans (http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2007/documents/hf_ben-xvi_hom_20070603_canonizations_fr.html), a attiré sr Hélène Bureau, qui, à l’occasion de la Journée mondiale de la vie consacrée, ce 2 février, témoigne de la fécondité de son message, aussi pour les laïcs, et pour l’Année de la foi.

L’Assomption, ce sont 1200 religieuses, 170 communautés, dans 34 pays, en Europe, Asie, Amérique et Afrique (cf. http://www.assumpta.fr/).

Zenit - Sr Hélène, vous êtes religieuse de l'Assomption : comment avez-vous compris votre appel à la vie consacrée et à l'Assomption?

Sr Hélène Bureau - J'ai rencontré l'Assomption quand j'avais 25 ans, à l'occasion d'un pèlerinage en Terre Sainte puis un pèlerinage à Lourdes. Je ne pensais pas du tout à la vie religieuse, mais je cherchais le sens de ma vie... Une expérience spirituelle forte en Galilée, du genre "coup de foudre", a accentué encore plus ma quête... C'est en découvrant l'existence de ces religieux et religieuses que l'idée d'une vie consacrée a fini par me traverser l'esprit... et ne m'a plus lâchée ! J'ai demandé l'aide d'une sœur pour y voir plus clair, elle m'a accompagné dans l'apprentissage de la prière (je n'en n'avais pas vraiment l'expérience). Au bout de 2 ans, je suis rentrée dans la Congrégation. C'était il y a 15 ans !

Quelles ont été vos différentes missions?

Après le temps de formation initiale (postulat et noviciat) j'ai été envoyée dans notre communauté de Santiago du Chili. J'y ai fait une grande partie de mes études de théologie, tout en collaborant au projet de la communauté pour créer un petit centre éducatif de quartier. Étant bibliothécaire de métier, j'ai contribué à la création d'une bibliothèque de quartier et du soutien scolaire des enfants.
En rentrant en France, envoyée dans grand établissement scolaire à Bordeaux, je me suis sentie appelée à rejoindre les jeunes. J'ai donc décidé de passer le CAPES pour devenir prof d'histoire-géo, deux matières que j'adore. Parallèlement j'ai été responsable de l'internat du lycée. Ma mission a donc été d'accompagner les ados scolairement, psychologiquement, humainement. C'était vraiment passionnant.
Aujourd'hui je continue ma mission d'enseignante dans un autre contexte, à Bondy dans le 93. Un public plus varié, et donc une mission encore plus riche !

L'Assomption est une communauté apostolique mais où la vie contemplative est importante ?

Oui, les Religieuses de l'Assomption ont une vie bien rythmée : mission et travail, vie de communauté et vie de prière. Les trois sont très importants, et même si l'équilibre est parfois dur à tenir, c'est nécessaire pour garder le cap dans ce qu'on fait ! Sans silence et sans prière, ma vie donnée à Dieu et aux autres perdrait vite son souffle !

Quelle place à la vie communautaire dans votre engagement? Dans notre société fragmentée et individualiste, quel rôle peut avoir ce témoignage ?

Nous disons que notre communauté est notre première école d'amour. C'est vrai, si je n'arrive pas à aimer les autres sœurs que je n'ai pas choisies, comment je pourrais dire que j'aime vraiment Dieu ? Pour ça il faut prendre les moyens, c'est-à-dire prendre le temps de se rencontrer, de partager nos points de vue, de partager aussi les tâches matérielles dans la maison, de se demander pardon... On vit une grande entraide entre nous, on se soutient vraiment dans ce qu'on a à vivre. J'espère que cela peut être un témoignage dans notre société individualiste.

Votre fondatrice, Marie-Eugénie Milleret de Brou, a été canonisée par Benoît XVI: quelle expérience représente un tel événement?

Marie-Eugénie a été canonisée par le pape en 2007. Pour nous cela a été une grande joie, car cela confirmait ce que nous expérimentions depuis longtemps : cette femme a quelque chose à nous dire, à nous les sœurs mais aussi à toute personne qui s'intéresse aux grandes questions de l'humanité. Personnellement, son expérience de quête de Dieu, sa conversion, son enthousiasme pour agir dans la société, tout cela me touche et me rejoint. Je me sens un peu comme son héritière, à ma façon bien sûr.

Marie-Eugénie a un charisme fort pour l'éducation, que le pape a choisi comme priorité de son diocèse de Rome. C'est aussi une priorité dans le monde d'aujourd'hui ?

C'est sûr, l'éducation à toute époque est un enjeu fondamental : aider l'être humain à s'épanouir, lui offrir les conditions "pour qu'il soit ce qu'il est avec le plus de plénitude possible", qu'il puisse trouver sa place unique dans la société, et si possible qu'il puisse rencontrer la Source de Vie qui est en lui.

Des laïcs peuvent vivre de votre charisme ?

Depuis les débuts, Marie-Eugénie a associé des laïcs à son projet de transformation de la société. Aujourd'hui des laïcs nous rejoignent soit pour partager la prière et la vie spirituelle avec nous, soit pour partager la mission apostolique. Cela crée entre nous un esprit de famille qui est un peu notre trésor. Je pense que là aussi c'est un témoignage dans l’Église d'aujourd'hui, cette collaboration entre laïcs et consacrés est vraiment porteuse de fruits.

Qu'est-ce que Marie-Eugénie nous dirait pour l'Année de la foi?

Elle nous dirait "la foi doit être l'atmosphère de nos âmes". Elle a construit toute sa vie et l'Assomption sur l'esprit de foi. Pour nous, notre vie appartient à Jésus Christ, tout est de lui, à lui et pour lui. Vivre cela donne une grande liberté.

Propos recueillis par Anita Bourdin