Le Christ, Sauveur de tout homme, fondement de l'Eglise « catholique »

Paroles de Benoît XVI au consistoire du 24 novembre 2012

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Anne Kurian

ROME, lundi 26 novembre 2012 (ZENIT.org) – L’Eglise est « catholique » car le Christ est « pour tout homme », a expliqué Benoît XVI lors du consistoire pour la "création" de six cardinaux, le 24 novembre 2012, en la basilique Saint-Pierre.

Le pape a créé cardinaux Mgr James Michael Harvey, archiprêtre de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, le patriarche Béchara Boutros Raï, patriarche d’Antioche et de tout l'Orient des maronites (Liban), Mgr Baselios Cleemis Thottunkal, archevêque majeur de Trivandrum des Syro-Malankars (Inde), Mgr John Olorunfemi Onaiyekan, archevêque d’Abuja (Nigeria), Mgr Ruben Salazar Gomez, archevêque de Bogotá (Colombie) et Mgr Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille (Philippine).

Benoît XVI avait annoncé ce concistoire lors du synode pour la nouvelle évangélisation en octobre dernier (cf. Zenit du 24 octobre 2012).

« Catholique » car « pour tout homme »

Evoquant l’article du Credo « l’Église est une, sainte, catholique et apostolique », le pape s’est arrêté en particulier sur la signification du terme « catholique ».

L’Église est catholique, a-t-il expliqué, « parce que le Christ embrasse toute l’humanité dans sa mission de salut ». En effet, même si sa mission durant sa vie terrestre était « limitée au peuple juif », elle était toutefois « orientée dès le début, à porter à tous les peuples la lumière de l’Évangile et à faire entrer toutes les nations dans le Royaume de Dieu », a-t-il poursuivi.

Le messianisme de Jésus étant « mission destinée à tout l’homme et à tout homme, dépassant tout particularisme ethnique, national et religieux », de même les apôtres ont été appelés à « témoigner dans le monde entier dépassant les limites culturelles et religieuses à l’intérieur desquelles ils étaient habitués à penser et à vivre, pour s’ouvrir au Royaume universel de Dieu », a ajouté Benoît XVI.

Et de même, a-t-il souligné, l’Eglise aujourd’hui n’est pas orientée pour « un groupe », mais vers « la totalité du genre humain pour le rassembler, dans la foi, en un unique peuple afin de le sauver ».

L’Église « embrasse tout l’univers », elle n’est pas « pour une communauté », a insisté le pape, rappelant « l’identité unique, universelle et totale de la Catholica, qui se réalise dans chaque Église locale ».

Dans la suite de Jésus, qui instaure « le nouveau royaume qui vainc morcellement et dispersion », la mission universelle de l’Église « ne part pas d’en bas, mais descend d’en haut », et elle s’exprime « dans toutes les cultures pour former ainsi l’unique Peuple de Dieu », tel « un levain qui tend à l’universel, à la totalité, et qui porte en lui-même l’universalité ».

Universalité du collège cardinalice

Pour le pape, le collège cardinalice se place « dans le sillon et dans la perspective de l’unité et de l’universalité de l’Église » : il présente « une variété de visages, car il exprime le visage de l’Église universelle ».

Avec ces six nouveaux cardinaux, dont aucun n’est européen, Benoît XVI a souhaité « mettre en valeur que l’Église est Église de tous les peuples, et par conséquent elle s’exprime dans les différentes cultures des divers continents ».

Les nouveaux cardinaux et « précieux coopérateurs » sont « agrégés, à titre tout à fait spécial, à l’Église de Rome et ils renforcent ainsi les liens spirituels qui unissent l’Église tout entière, vivifiée par le Christ et rassemblée autour du Successeur de Pierre », a-t-il conclu.