Le christianisme est la religion de la grâce ! » affirme le père Cantalamessa

Troisième prédication de l’Avent du prédicateur de la Maison Pontificale

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ROME, Vendredi 9 décembre 2005 (ZENIT.org) – Contrairement aux autres religions, « le christianisme ne commence pas par ce que l’homme doit faire pour se sauver mais par ce que Dieu a fait pour le sauver », a affirmé ce matin le prédicateur de la Maison pontificale, le père Raniero Cantalamessa OFMCap qui a prononcé au Vatican, en présence du pape et de ses collaborateurs, la troisième prédication de l’Avent.



« Le christianisme est la religion de la grâce ! » s’est exclamé le père Cantalamessa.

Cette troisième méditation avait pour thème « la justification gratuite par la foi dans le Christ ». C’est « au contact » de la foi de saint Paul que le prédicateur capucin a proposé de « réchauffer » notre foi.

Le père Cantalamessa déplore le fait que le thème de la justification gratuite par la foi soit trop souvent absent de la prédication de l’Eglise. La justification par la foi devrait selon lui, devenir « une expérience vécue par tous les croyants ».

« Tout dépend donc de la foi, explique-t-il. Mais nous savons qu’il existe différents types de foi : il y a la foi-assentiment de l’intelligence, la foi-confiance, la foi-stabilité, comme l’appelle Isaïe (7, 9). De quelle foi s’agit-il, lorsque l’on parle de la justification « par la foi » ? Il s’agit d’une foi très spéciale : la foi-appropriation ».

Le prédicateur capucin cite alors un texte de saint Bernard qui dit : « Moi, ce que je ne peux pas obtenir de moi-même, je me l’approprie (je l’usurpe !) avec confiance en puisant au côté transpercé du Seigneur, car il est plein de miséricorde. Mon mérite, par conséquent, est la miséricorde de Dieu ».

Le père Cantalamessa explique toutefois que pour Paul, la justification par la foi n’est que le moyen pour atteindre « l’Union mystique avec le Christ », qui est le « point d’arrivée ».

« Comme au temps de Paul, la personne de Jésus Christ est l’enjeu véritable et non telle ou telle doctrine qui s’y rapporte, aussi importante soit elle, poursuit-t-il. Le christianisme « est ou tombe » avec Jésus Christ et avec rien d’autre ».

« Il s’agit là de la conversion la plus nécessaire à ceux qui ont déjà suivi le Christ et qui ont vécu à son service dans l’Eglise, ajoute-t-il. Une conversion toute spéciale, qui ne consiste pas à abandonner le mal mais dans un certain sens, à abandonner le bien ! C’est-à-dire à se détacher de tout ce qui a été fait, en se répétant, selon la suggestion du Christ : « Nous sommes de simples serviteurs ; nous avons fait ce que nous devions faire » (Lc 17, 10). Et peut-être pas aussi bien que nous l’aurions dû ! »

« Il existe un beau conte de Noël, conclut le prédicateur de la Maison pontificale, qui nous donne le désir d’arriver à Noël ainsi, avec le cœur pauvre et vide de tout. Parmi les bergers qui accoururent la nuit de Noël pour adorer l’Enfant, il y en avait un, tellement pauvre qu’il n’avait vraiment rien à offrir, et il en avait terriblement honte. Arrivés à la crèche, ils se pressaient tous pour offrir leurs cadeaux. Marie ne savait comment faire pour les prendre tous, étant donné qu’elle tenait l’Enfant dans ses bras. Voyant le berger les mains libres, elle lui confia Jésus. Sa chance a été d’être arrivé les mains vides. A un autre niveau, ce sera aussi la nôtre ».