Le Code de droit canon de 1983 et le concile Vatican II

Colloque à Rome, présenté par le card. Coccopalmerio

Rome, (Zenit.org) Luca Marcolivio | 1382 clics

« Le Code : une réforme voulue et demandée par le Concile » : tel est le thème d'un colloque que le Vatican organise vendredi prochain, 25 janvier, dans la salle saint Pie X,  à l’occasion des 30 ans de la réforme du Code de droit canon - promulgué par Jean-Paul II en 1983 - et dans le cadre des initiatives liées aux 50 ans des débuts du concile Vatican II dont elle est le fruit.

Cette Journée est organisée par le Conseil pontifical pour les textes législatifs, en collaboration avec l’Institut international de droit canon et de droit comparé des religions de Lugano (Suisse), sous le patronage de la Fondation « Joseph Ratzinger – Benoît XVI » et de la Fondation Jean-Paul II, au Vatican.

« Cette réforme est indubitablement l’un des fruits les plus importants du concile Vatican II », ont souligné les organisateurs de la Journée d’étude, en présentant leur initiative à la presse, mardi, 22 janvier, au Vatican.

Le cardinal Francesco Coccopalmerio, président du dicastère pour les textes législatifs a rappelé que le pape Jean XXIII, en personne, avait émis le souhait d’une telle réforme le jour où il fit connaître sa décision d’organiser un concile : c’était le 25 janvier 1959, soit 24 ans jour pour jour avant la promulgation du nouveau Code.

« Dans sa grande clairvoyance, a souligné le cardinal,  le Pape avait bien à l’esprit une révision du Code de 1917 dont le fil conducteur serait la nouvelle ecclésiologie qui serait sortie d’assises œcuméniques et mondiales comme celles d’un concile ».

Ces liens entre le Concile et le Code transparaissent également dans la constitution apostolique Sacrae disciplinae lèges du bienheureux Jean Paul II quand il dit, à propos du code de 1983, que celui-ci « prenait acte du Concile en en proposant les institutions et innovations principales, tout en fixant les normes de sa mise en application », a ajouté le cardinal Coccopalmerio.

Pour le président du Conseil pour les textes législatifs, un des exemples concrets de ce lien étroit entre le Concile et le Code se trouve « dans  la doctrine conciliaire relative au laïcat et à la mission spécifique des fidèles dans la vie de l'Eglise » (cf. cann. 224-231) qui n’est pas « une nouveauté absolue, mais plutôt une redécouverte ».

Comme rappelé par Mgr Juan Ignacio Arrieta, secrétaire du Conseil pontifical pour les textes législatifs, le Code de droit canon est en effet « le dernier des documents du concile », et le cinquantième anniversaire de Vatican II représente « une occasion pour évaluer, à l’aide de nouveaux éléments, les nouveautés qui ont conduit à cette révision ».

Bien qu’il s’agisse d’un droit qui peut se vanter d’une « tradition historique bimillénaire », la réflexion doctrinale du dernier concile « a influencé complètement la discipline canonique précédente », a souligné le secrétaire.

« En termes encore plus généraux, a poursuivi Mgr Arrieta, c’est parce qu’il a fait redécouvrir ses racines, les liens concrets entre ses dispositions et la structure sacramentelle de l’Eglise sous-jacente, que le concile, après des siècles et des siècles d’existence, a pu influencer le droit canon ».

Dans une autre perspective, a-t-il ajouté, le droit canon « n’est  autre qu’une franche  ‘traduction’, en langage juridique, de la réalité théologique et pastorale de l’Eglise ».

La conférence de presse de présentation de la Journée d’Etudes s’est achevée par une intervention de Mgr Giuseppe Antonio Scotti, président de la Fondation vaticane « Joseph Ratzinger – Benoît XVI ». Selon lui de Code de droit canon et le contexte conciliaire dans lequel celui-ci est né, stimulent une question primordiale : Qu’est-ce que l’Eglise?

Il est donc urgent, a-t-il dit, de faire la distinction entre l’identité réelle de l’Église et la perception plus ou moins déformée qui en ressort des mass medias et de l’opinion publique moderne.

A ce propos Mgr Scotti a cité les paroles de Benoît XVI tirées de son livre entretien Lumière du monde, réalisé avec Peter Seewald: « Nous ne sommes pas un lieu de production, nous ne sommes pas une entreprise qui recherche le profit, nous sommes une Eglise. Nous sommes une communauté d’hommes et de femmes rassemblée dans la foi. Notre tâche n’est pas de fabriquer n’importe quel produit ou d’avoir du succès dans la vente de marchandises. Notre tâche est plutôt de vivre la foi, de la proclamer ; et d’entretenir dans un profond rapport avec le Christ et donc avec Dieu lui-même, non pas un groupe d’intérêt, mais une communauté d’hommes libres qui donne gratuitement et traverse des nations, des cultures, le temps et l’espace. » 

L’Eglise étant depuis toujours une réalité qui unit le ciel et la terre, il est légitime de se demander quel est le but du Droit dans l’Eglise, a estimé Mgr Scotti.

Si bien que le but de la Journée d’études prévue pour vendredi prochain, dépasse le « pur et simple souvenir des 30 années de vie du Code de droit canon ». Il veut en effet pousser toute l’Eglise à agir afin que, comme écrivait Jean Paul II, « toutes les disciplines convergent vers la connaissance intime du mystère de Jésus-Christ, de manière à ce qu’il soit annoncé bien plus efficacement au peuple de Dieu et à toutes les nations », a conclu le président de la Fondation vaticane.

Traduction d’Océane Le Gall