« Le concile, don de l'Esprit Saint à un moment très propice »

Assemblée du CCEE, analyse du card. Eijk

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A. Bourdin

ROME, mercredi 10 octobre 2012 (ZENIT.org) – « Le concile a été un don de l’Esprit Saint à un moment très propice », déclare le cardinal Eijk.

L’archevêque d’Utrecht, le cardinal Willem Jakobus Eijk, membre de l’assemblée plénière du Conseil des conférences des évêques d’Europe, qui s’est tenue en Suisse, à Saint-Gall (27-30 septembre), s’est en effet demandé, lors d'un point de presse du 29 septembre, « comment annoncer le Christ à un homme qui a changé ? ». Un bilan du concile qui écalire des célébratiosn du 11 octobre.

Le concile et l’individualisme

« Le concile a été un don de l’Esprit Saint à un moment très propice et approprié : nous avions besoin du concile », déclare-t-il sans ambages.

« On attendait beaucoup du concile Vatican II, explique-t-il, mais il a été suivi par une crise grave dans l’Eglise et dans le monde occidental : on en a imputé la faute au concile et aux changements dans la liturgie. »

Pourtant, fait-il observer, « les changements de la culture et du monde se sont manifestés à partir des années soixante et aux Pays-Bas, dès les années quarante ».

Il remarque notamment qu’ « à cause de la prospérité », la culture de « l’individualisme » et de « l’authenticité » s’est développée.

« La prospérité, précise-t-il, met en mesure de vivre indépendamment de la communauté » et cet individualisme implique que la personne « doive choisir ses valeurs, ses conventions, se distinguer des autres dans son apparence » : « l’individu se met en scène, et considère les autres comme des spectateurs, se met au milieu. Il veut choisir ses propres « convictions ». »

Les écueils de la « culture de l’authenticité »

On se laisse aussi « guider par les media, par le monde du commerce », mais l’individu se perçoit comme « autonome » et il doit exprimer son « authenticité », ajoute l’archevêque.

« Dans ce contexte, dit-il, il est difficile d’arriver à des convictions communes : chacun doit trouver sa religion, sa philosophie de vie : il n’y a pas de place pour l’enseignement de l’Eglise catholique »: l’individu se sent « auto-suffisant » et il « manque d’ouverture vers un être transcendantal ou vers l’Eglise comme communauté ».

L’individualisme, ajoute-t-il, inclut la « culture de l’authenticité » qui rend difficile « l’annonce de la foi dans notre temps ».

Mais nous devons comprendre que l’individualisme est aussi « positif », estime l’archevêque,  parce qu’il permet un « choix personnel de  la foi » : l’individu pris par cet individualisme « expressif » veut « choisir » et quand il fait le choix de la religion, il fait aussi le choix d’une religion « présentée de façon claire et distincte »

Fermetures et conversions

Le cardinal Eijk donne des chiffres. Aux Pays-Bas, on ferme des paroisses, des églises, au rythme de 2 églises par semaine, 100 par an, 1000 en tout, catholiques dans 40% des cas et protestantes dans 60%.

« Or, constate-t-il, les paroisses qui résistent sont des paroisses où la liturgie est célébrée selon les normes de l’Eglise, où les sacrements sont célébrés de façon convaincante, où il y a un enseignement clair de la Parole ».

L’annonce de la foi « en termes vagues » a cru pouvoir, explique-t-il, s’adresser à un « plus grand nombre de fidèles » : « cela ne fonctionne pas, nous devons donner une idée claire de la foi catholique ».

Un choix conscient

Aujourd’hui au contraire, dit-il, il y a des gens qui « redécouvrent l’Eglise ». Dans son diocèse, 200 personnes se convertissent chaque année au  Catholicisme (1000 dans toute la Hollande chaque année), la majorité n’ayant pas reçu d’éducation chrétienne. Or, « l’Eucharistie devient le centre de leur vie, ils se confessent, et s’engagent comme bénévoles dans les paroisses. Nous aurons peu de membres, mais des membres convaincus ».

Où découvrent-ils l’Eglise ? Lors de la visite - par « hasard » - d’une église, par des contacts avec prêtres ou laïcs, mais façon très importante, indique l’archevêque, c’est par le « parcours Alpha », une initiative anglicane à l’origine, arrivée de Londres jusqu’à Utrecht : une méthode appliquée qui porte tant de fruits aussi en milieu catholique dans le monde entier ».

« Il s’agit, explique le cardinal néerlandais, d’un dîner ensemble, avec l’explication d’un élément de la foi chrétienne et de nombreuses personnes suivent ces cours et se convertissent ensuite. Des personnes ayant fait des études académiques de haut niveau y côtoient une personne sans-abri qui n’a pas conservé toutes ses dents, et ensemble, en groupe, ils cheminent : on est stupéfait que ces personnes se soient tellement intéressées par la foi chrétienne ».   

Evoquant le motu proprio « Porta fidei »,  par lequel Benoît XVI a promulgué l’année de la foi, il ajoute : « nous transmettons une foi fondée sur le rapport personnel avec le Christ et un choix conscient ».

La place de la Bible

« Ignorer les Ecritures c’est ignorer  le Christ », disait saint Jérôme : le cardinal Eijk a souligné l’importance du renouveau biblique dans ce contexte.

Il discerne « un grand fruit du concile Vatican II » dans la plus grande attention  des catholiques prêtent à la Bible et il cite le nouveau lectionnaire qui permet, sur trois ans,  de parcourir toute la Bible : « nous lui sommes reconnaissants d’avoir ainsi redécouvert ce que Dieu signifie pour le peuple juif et nous découvrons la personne du Christ ».