Le confessionnal, rampe de lancement de la nouvelle évangélisation

« Courage ! » dit le pape aux confesseurs

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Anita Bourdin

ROME, vendredi 9 mars 2012 (ZENIT.org) – Le sacrement de la réconciliation constitue en quelque sorte une rampe de lancement de la nouvelle évangélisation, fait observer Benoît XVI aux confesseurs. Car c’est le lieu privilégié de la rencontre du Christ miséricordieux.

Le pape a en effet reçu en audience ce vendredi 9 mars au Vatican les quelque 1300 participants du cours annuel organisé par la Pénitencerie apostolique – et le Pénitencier majeur, le cardinal Manuel Monteiro de Castro - sur le « for interne », c’est-à-dire les questions de conscience qui se présentent aux confesseurs dans leur ministère.

Le pape invite les prêtres à un « nouveau courage » pastoral et pédagogique pour proposer la pratique du sacrement de la pénitence et de la réconciliation.

« La nouvelle évangélisation part aussi du confessionnal ! C’est-à-dire qu’elle part de la rencontre mystérieuse entre l’inépuisable demande de l’homme – signe en lui du mystère créateur – et de la miséricorde de Dieu, seul réponse adéquate au besoin humain d’infini », affirme le pape.

Le « désir de changement » est au cœur de celui qui vient demander ce sacrement, fait observer le pape : les confesseurs sont donc les protagonistes de tant de « nouveaux départs possibles » pour les baptisés qui le leur demandent. Mais cette nouveauté ne consiste pas seulement dans le fait de « quitter » le passé ou de « l’enlever » mais dans « l’accueil du Christ » car c’est lui qui peut « éclairer toutes les zones d’ombre ».

Le sacrement est effectivement le lieu d’une « expérience » spécifique de la présence du Christ miséricordieux, explique-t-il: « Si telle est la célébration du sacrement de la réconciliation, les fidèles y feront l’expérience de cette miséricorde que Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ, nous a donné, alors, il deviendront des témoins crédibles de cette sainteté qui est le but de la nouvelle évangélisation ».

Ceci est vrai pour les fidèles laïcs, et c’est extrêmement important pour les prêtres eux-mêmes, car « le ministre du sacrement collabore à la nouvelle évangélisation en renouvelant la conscience du besoin de s’approcher du pardon sacramentel » en vue d’une nouvelle « rencontre avec le Christ ».

« Qui vous rencontre », a rappelé Benoît XVI aux prêtres, devrait pouvoir dire comme les premiers disciples : « nous avons rencontré le Messie ». C’est à cette condition que chaque confession sera un pas de plus dans la « nouvelle évangélisation ».

Et d’expliquer que la conversion du chrétien est la condition sine qua non d’une nouvelle évangélisation : « La nouvelle évangélisation a pour sève vitale la sainteté des enfants de l’Eglise, du chemin quotidien de conversion personnelle et communautaire pour se conformer toujours davantage au Christ ».

Car c’est justement par la confession que le pécheur qui se repent « quitte le vieil homme pour revêtir l’homme nouveau ».

En effet, rappelle-t-il, seul un chrétien qui « s’est laissé renouveler en profondeur par la grâce divine peut porter en lui-même – et donc l’annoncer – la nouveauté de l’Evangile » : une conversion réelle des cœurs constitue « le moteur de toute réforme » et elle « se traduit » par une « vraie force évangélisatrice ».

C’est, à la suite de Jean-Paul II, à un « nouveau courage pastoral » que le pape invite les prêtres pour une « pédagogie quotidienne des communautés chrétiennes » qui sache « proposer  de façon persuasive et efficace la pratique du sacrement de la réconciliation ».

Ce dont il s’agit, précise-t-il, c’est en effet de faire redécouvrir le visage du Christ « comme celui en qui Dieu nous montre son cœur plein de compassion ».

Le pape discerne une « urgence éducative », en ce sens que  « le relativisme remet en question la possibilité même  d’une éducation, entendue comme une introduction progressive dans la connaissance de la vérité, et donc comme une introduction progressive dans le rapport  avec la vérité qui est Dieu ». C’est dans ce contexte, affirme-t-il, que l’évangélisation passe par l’annonce d’un Dieu proche : « Les chrétiens sont appelés à annoncer, vigoureusement, la possibilité de la rencontre de l’homme d’aujourd’hui avec Jésus-Christ, en qui Dieu s’est fait si proche qu’on puisse le voir et l’écouter ».

D’où le rôle du sacrement de la réconciliation par lequel Dieu entre au cœur de la vie des personnes : « La certitude que Dieu est proche et, que, dans sa miséricorde, il attend l’homme, y compris celui qui est empêtré dans le péché, qu'il peut guérir ses infirmités, par la grâce du sacrement de la réconciliation, est toujours une lumière d’espérance pour le monde ».