Le courage et la liberté de l'évêque aujourd'hui

Portrait-robot, à l'instar des Mages de l'Evangile

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 1267 clics

Benoît XVI a souligné le courage et la liberté intérieure qui doit caractériser l’évêque dans le contexte des sociétés modernes, dimanche, 6 janvier dans son homélie de l’Epiphanie (cf. Zenit du 6 janvier 2013 pour le texte intégral).

Le pape a en effet conféré l’ordination épiscopales à quatre évêques lors de la messe qu’il a présidée en la basilique vaticane : son secrétaire, Mgr Georg Gänswein, un Français, nonce au Guatemala, Mgr Nicolas Thévenin, un archevêque du Nigeria, Mgr Fortunatus Nwachukwu, nonce au Nicaragua, et le nouveau secrétaire de la Congrégation pour l'Education catholique, Angelo Vincenzo Zani.  

Chez les « Mages d’Orient » venus à Bethléem, conduits par l’étoile, Benoît Xvi souligne « le courage et l’humilité de la foi » en disant : « Il fallait du courage pour accueillir le signe de l’étoile comme un ordre de partir, pour sortir – vers l’inconnu, l’incertain, sur des chemins où il y avait de multiples dangers en embuscade ».

Le pape souligne ce que les Mages ont dut affronter pour être fidèles à l’intuition intérieure : « Nous pouvons imaginer, que la décision de ces hommes a suscité la dérision : la plaisanterie des réalistes qui pouvaient seulement se moquer des rêveries de ces hommes. Celui qui partait sur des promesses aussi incertaines, risquant tout, ne pouvait apparaître que ridicule ».

« Mais, ajoute-t-il, pour ces hommes touchés intérieurement par Dieu, le chemin selon les indications divines était plus important que l’opinion des gens. La recherche de la vérité était pour eux plus importante que la dérision du monde, apparemment intelligent ».

Voilà ce qui suscite le rapprochement entre la situation des Mages et celle des évêques d’aujourd’hui dont le pape brosse en quelque sorte le portrait- robot: « L’humilité de la foi, du fait de croire ensemble avec la foi de l’Église de tous les temps, se trouvera à maintes reprises en conflit avec l’intelligence dominante de ceux qui s’en tiennent à ce qui apparemment est sûr. Celui qui vit et annonce la foi de l’Église, sur de nombreux points n’est pas conforme aux opinions dominantes justement aussi à notre époque. »

Le pape épingle spécialement les « dogmes » de l’agnosticisme en disant : « L’agnosticisme aujourd’hui largement dominant a ses dogmes et est extrêmement intolérant à l’égard de tout ce qui le met en question et met en question ses critères ».

Voilà un lieu pour le courage et al liberté, relève le pape: « Par conséquent, le courage de contredire les orientations dominantes est aujourd’hui particulièrement urgent pour un évêque. Il doit être valeureux. Et cette vaillance ou ce courage ne consiste pas à frapper avec violence, à être agressif, mais à se laisser frapper et à tenir tête aux critères des opinions dominantes. Le courage de demeurer fermement dans la vérité est inévitablement demandé à ceux que le Seigneur envoie comme des agneaux au milieu des loups. « Celui qui craint le Seigneur n’a peur de rien » dit le Siracide (34, 16). La crainte de Dieu libère de la crainte des hommes. Elle rend libres ! »