Le défunt card. Bartolucci, prêtre et musicien: hommage du pape François

Il a "élevé les coeurs vers Dieu"

Rome, (Zenit.org) Constance Roques | 508 clics

Le cardinal Domenico Bartolucci s’est éteint ce 11 novembre, à Rome, à l’âge de 96 ans: le pape a rendu hommage à son charisme de prêtre et de musicien qui a "par sa musique, élevé les cœurs vers Dieu".

Ses obsèques auront lieu en la basilique Saint-Pierre, mercredi 13 novembre à 15h30 sous la présidence du doyen du collège cardinalice, le cardinal Angelo Sodano. Le pape présidera le derniers rites.

Le pape François a fait parvenir à sa famille un télégramme de condoléances dans lequel il rendu hommage à "un prêtre aimé et estimé", musicien, compositeur.

Il a été, rappelle le pape,directeur de la Chapelle musicale pontificale Sixtine, de 1956 à 1997. Il s'est notamment emploué à mettre en valeur le "précieux trésor de la polyphonie, visant à élever le cœur en louant Dieu. 

Lui-même insistait sur le fait que la musique sacrée doit conduire à rencontre Jésus: "Pour moi, c’est une joie de voir qu’il y a un intérêt très grand : des personnes qui aiment encore la musique sacrée, cette musique qui est vraiment grande. Celui qui fait de la musique sacrée rappelle continuellement Jésus-Christ disant la messe au Cénacle."

Un concert avait eu lieu en la salle Paul VI au Vatican, le 31 mai 2011 avec au programme son « Ave Maria » tiré de l’œuvre lyrique « Brunellesco », son poème sacré « Baptisma » et sa dernière composition, « Christus circumdedit me ».

Benoît XVI lui avait rendu hommage à l'issue du concert en disant: « Cher cardinal Bartolucci, la foi est la lumière qui a toujours orienté et guidé votre vie, qui a ouvert votre cœur pour répondre généreusement à l’appel du Seigneur ; et c’est de cette foi qu’a jailli votre manière de composer ».

Dès 1956, Pie XII lui confie la Chapelle musicale Sixtine. L’actuel maître de la Chapelle musicale pontificale, Mgr Massimo Palombella, a confié au micro de Radio Vatican : "Avec la Sixtine, il a hérité de Lorenzo Perosi une situation qui nécessitait des réformes. Et il a très bien fait cela, dans la mesure où il a institué de manière durable, au siège de la Sixtine, une école de formation des jeunes, une classe de dernière année du primaire et les trois années du collège, à cette époque. Il a ensuite reconstitué pratiquement l’organisation des chanteurs adultes, afin de constituer un groupe de vingt chanteurs adultes et d’environ 25-30 jeunes. Cela a été son grand mérite."

Mgr Palombella ajoute : "Bartolucci a fait un passage très intéressant lors du concile Vatican II. Paul VI l’a encouragé à écrire pour le Concile. Et Bartolucci a très bien répondu avec les messes alternées que nous avons. Dans sa production, il y a un livre « Les messes alternées en chant grégorien », un exemple admirable de la manière dont se conjugue la dimension ministérielle de l’école avec celle de l’assemblée. Il a vraiment écrit de très belles choses."

Et l’Église qui s’ouvre au Concile, rappelle Mgr Palombella, toujours selon la même source, ouvre aussi à une dimension internationale de l’activité de la Chapelle musicale Sixtine : "Bartolucci vit le commencement des diffusions à travers la radio et la télévision. Et cela change tout radicalement, parce qu’aujourd’hui toutes les célébrations sont en mondiovision, mais avec Bartolucci, c’était le début. Le second aspect est celui des voyages : ils ont fait deux tournées aux États-Unis, ils sont allés au Japon, ils ont tourné en Allemagne. Cela a été intéressant parce qu’il a un peu vécu la grande ouverture de l’Église qui existait déjà, d’une certaine façon, avant le Concile et qui a été ensuite codifiée avec le Concile. L’idée fondamentale était que la chapelle musicale partait en tournée dans le monde pour évangéliser, pour faire connaître à travers la beauté de la polyphonie, pour donner une possibilité de rencontrer le Seigneur."