Le désarmement engendre le développement

Intervention du Saint-Siège à l'ONU

| 1149 clics

ROME, vendredi 21 octobre 2011 (ZENIT.org) – Les « graves répercutions » du commerce des armes illégitimes sur le développement ont évé évoquées par Mgr Francis Assisi Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York. Il estime que « le désarmement engendre le développement ».


Le prélat est intervenu le 11 octobre dernier devant le premier comité de la 66e session de l’Assemblée générale de l’Onu sur le point 87 : « Désarmement et sécurité internationale ».
Au début de son intervention, Mgr Chullikatt s’est dit persuadé « de la nécessité de jeter les fondements de la paix en reconnaissant l’importance du dialogue et en renforçant les relations d’amitié ».


Un message proposé par la Journée interreligieuse d’Assise de 2011, « par laquelle le pape Benoît XVI, avec une vaste coalition de responsables religieux, désire mettre en relief l’idée que les religions ne représentent pas un facteur de conflit mais de pacification entre les peuples et qu’elles sont capables de donner une contribution importante à la construction d’un humanisme intégral qui attribue une place privilégiée à la dignité transcendante de la personne humaine ».


« Il existe un lien intime entre le développement et le désarmement », a-t-il par ailleurs poursuivi. « Dans le cadre d’une société édifiée sur le droit, le désarmement engendre le développement, et le développement humain intégral a des répercutions profondes et des bénéfices sur la construction de la paix et la résolution des questions relatives à la sécurité ».


Dans cette perspective, le Saint-Siège rappelle « avec fermeté sa critique sur la course aux armements », a-t-il ajouté en rappelant que les dépenses militaires dans le monde continuent d’augmenter : 1 630 000 millions de dollars en 2010 (1 569 000 millions en 2009 et 1 044 000 millions en l’an 2000).
« La communauté internationale doit donc se confronter à la nécessité urgente de mettre un frein à cette déplorable course aux armements et à encourager une amputation importante des dépenses militaires ».


« Ces réflexions prennent encore plus d’importance si on observe qu’en 2010 comme en 2011, il semble qu’il y ait eu peu de progrès dans le domaine du désarmement, du contrôle des armes et de la réduction ou de la reconversion des dépenses militaires en faveur du développement pacifique des peuples », a-t-il ajouté.


Mgr Chullikatt s’est aussi exprimé sur la rédaction d’un Traité sur le commerce des armes prévu pour 2012. « Il faut accomplir tous les efforts possibles pour prévenir la prolifération de tous types d’armes qui encouragent des guerres locales et la violence urbaine et tue trop de personnes chaque jour dans le monde », a-t-il ajouté.


L’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unis a enfin évoqué « les graves répercutions que le commerce des armes illégitime a sur la paix, sur le développement, sur les droits humains et sur la situation humanitaire, et spécialement son impact fort sur les femmes et les enfants ».


« Le Saint-Siège est convaincu qu’un Traité sur le commerce des armes peut donner une contribution importante à la promotion d’une culture de paix vraiment globale, à travers la coopération responsable des États, en collaboration avec l’industrie des armes et dans la solidarité avec la société civile », a-t-il conclu.


« Dans cette perspective, a déclaré Mgr Chullikatt, les efforts actuels pour adopter un traité pour le commerce des armes pourrait devenir un signe propice de la volonté politique des nations et des gouvernements, si nécessaire, pour assurer plus de paix, de justice, de stabilité et de prospérité dans le monde ».

Marine Soreau