Le feu de la mission, pour soulager, guérir, libérer

"La joie de l'Evangile", chapitre cinq

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 601 clics

Le chrétien est « marqué au feu par la mission [d'évangéliser] afin d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer », déclare le pape François, c'est "le feu de l’Esprit".

La première exhortation apostolique du pape François, « La joie de l’Evangile », « Evangelii gaudium », a été publiée ce 26 novembre, deux jours après la conclusion de l’Année de la foi (11 octobre 2012-24 novembre 2013).

« La mission au coeur du peuple n’est ni une partie de ma vie ni un ornement que je peux quitter, ni un appendice ni un moment de l’existence. Elle est quelque chose que je ne peux pas arracher de mon être si je ne veux pas me détruire. Je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans ce monde », écrit le pape dans le dernier chapitre (273).

Le chrétien doit reconnaître qu’il est « comme marqué au feu par cette mission afin d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer », ajoute-t-il. (273)

Par cette exhortation, le pape souhaite « encourager une période évangélisatrice plus fervente, joyeuse, généreuse, audacieuse, pleine d’amour profond, et de vie contagieuse » (261).

Mais « aucune motivation ne sera suffisante si ne brûle dans les coeurs le feu de l’Esprit » car l’Esprit Saint « est l’âme de l’Église évangélisatrice », souligne-t-il.

Le pape invoque donc l’Esprit Saint afin qu’il vienne « renouveler, secouer, pousser l’Église dans une audacieuse sortie au dehors de soi, pour évangéliser tous les peuples » (261).  

Des « 'évangélisateurs avec Esprit' signifie évangélisateurs qui prient et travaillent », poursuit-il : « du point de vue de l’évangélisation, il n’y a pas besoin de propositions mystiques sans un fort engagement social et missionnaire, ni de discours et d’usages sociaux et pastoraux, sans une spiritualité qui transforme le cœur » (262).

De même que « l’Église ne peut vivre sans le poumon de la prière » (261), de même « le véritable missionnaire, qui ne cesse jamais d’être disciple, sait que Jésus marche avec lui, parle avec lui, respire avec lui, travaille avec lui », rappelle le pape (266).

« Avec lui la vie devient beaucoup plus pleine et avec lui, il est plus facile de trouver un sens à tout » : c’est l’espérance dont les croyants doivent « rendre compte » au monde, « mais non pas comme des ennemis qui montrent du doigt et condamnent » ni « comme des princes, qui regardent avec dédain ». « Que ce soit avec douceur et respect » et « en paix avec tous », c’est-à-dire comme « hommes et des femmes du peuple ». (271)

Enfin, le pape fait observer que si le chrétien ne voit pas toujours les bourgeons de ce qu’il a semé, il a « besoin de certitude intérieure, c’est-à-dire de la conviction que Dieu peut agir en toutes circonstances, même au milieu des échecs apparents » (279).

Il doit être « sûr » « qu’aucune de ses oeuvres faites avec amour ne sera perdue, ni aucune de ses préoccupations sincères pour les autres, ni aucun de ses actes d’amour envers Dieu, ni aucune fatigue généreuse, ni aucune patience douloureuse. Tout cela envahit le monde, comme une force de vie » (279).