Le manque d’évangélisation entraîne un abandon de l’Eglise, affirme le pape

Il demande d’être plus proche des pauvres

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ROME, Samedi 12 mai 2007 (ZENIT.org) – Le pape Benoît XVI est convaincu que le phénomène d’abandon de l’Eglise, qui prend des proportions inquiétantes au Brésil, est en partie dû à l’absence d’évangélisation authentique.



Le pape invite à mettre en place une « pastorale de l’accueil » qui témoigne de la proximité de l’Eglise en particulier à l’égard des pauvres.

C’est ce qu’il a expliqué dans l’homélie qu’il a prononcée ce vendredi, au cours de la célébration des vêpres en présence de plus de 400 évêques brésiliens, dans la cathédrale de Sao Paulo.

Le pape a souligné que l’un des problèmes qui préoccupent le plus les évêques brésiliens est « la question des catholiques qui abandonnent la vie de l’Eglise ».

Selon les chiffres de l’Institut Brésilien de Géographie et de Statistiques (IBGE) le nombre de catholiques au Brésil a diminué fortement au cours des années 90, passant de 83,3% en 1991 à 73,89% en l’an 2000.

Le pape a expliqué que ce problème peut être attribué, entre autres, « à l’absence d’évangélisation dans laquelle le Christ et son Eglise sont au centre de toute explication ».

L’IBGE précise que ces dernières années, pour la première fois en plus d’un siècle, le nombre des catholiques au Brésil a cessé de diminuer. En 2000, ils représentaient 73,89% de la population, en 2003, 73,79.

Benoît XVI a expliqué que « les personnes les plus vulnérables au prosélytisme agressif des sectes – qui est motif de juste préoccupation – et incapables de résister aux attaques de l’agnosticisme, du relativisme et du laïcisme, sont généralement les baptisés qui ne sont pas suffisamment évangélisés, qui sont facilement influençables car leur foi est fragilisée et parfois confuse, hésitante et ingénue, même s’ils gardent une religiosité innée ».

Pour cette raison, le pape a demandé aux évêques du Brésil d’ « entreprendre l’activité apostolique comme une vraie mission au sein du troupeau que constitue l’Eglise catholique au Brésil, en promouvant une évangélisation méthodique et systématique pour une adhésion personnelle et communautaire au Christ ».

« Il s’agit effectivement de ne pas épargner les efforts dans la recherche des catholiques restés à l’écart et de ceux qui ne connaissent que peu de choses ou rien sur Jésus Christ, à travers une pastorale d’accueil qui les aide à percevoir l’Eglise comme un lieu privilégié de la rencontre avec Dieu et à travers un itinéraire catéchétique permanent », a-t-il déclaré.

Le pape a encouragé les initiatives pastorales qui envoient « dans les maisons des banlieues urbaines et des centres villes, des missionnaires, laïcs ou religieux, en cherchant à dialoguer avec tous dans un esprit de compréhension et de charité attentionnée ».

« Mais si les personnes rencontrées se trouvent dans une situation de pauvreté, il est nécessaire de les aider, comme le faisaient les premières communautés chrétiennes, en pratiquant la solidarité, afin qu’elles se sentent aimées en vérité », a poursuivi Benoît XVI.

« Les populations pauvres des périphéries urbaines ou de la campagne ont besoin de sentir la proximité de l’Eglise, aussi bien à travers une réponse à leurs nécessités les plus urgentes qu’à travers la défense de leurs droits et dans la promotion commune d’une société fondée sur la justice et la paix », a ajouté le pape.

A l’issue de la rencontre, le pape a quitté la ville de Sao Paulo en hélicoptère pour Aparecida. C’est en effet dans le sanctuaire marial d’Aparecida que le pape inaugurera demain dimanche la cinquième Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes.