Le mariage et la famille, patrimoine commun de l’humanité

Témoignages du card. Dziwisz, du card. Levada, du card. Ricard, etc.

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ROME, Lundi 10 juillet 2006 (ZENIT.org) – « L’un des grands défis des derniers temps est la tentative, de la part de la société sécularisée, de changer les lois qui pendant des siècles ont reconnu le plan de Dieu sur le mariage et sur la famille, qui constitue un patrimoine commun pour toute l’humanité » : Fides fait le point sur les interventions à la Ve rencontre mondiale des familles de Valence, le 7 juillet, avec la participation d’une délégation œcuménique, et des cardinaux Levada, Dziwisz, Ricard, etc.



Vendredi 7 juillet les travaux du Congrès théologico-pastoral ont débuté par le thème « Famille et Œcuménisme », rencontre à laquelle ont participé des responsables de l’Eglise Orthodoxe et de la Communauté Evangélique, en particulier le métropolite orthodoxe russe Kirill de Smolensk et Kaliningrad.

En concluant, le cardinal Nicolás di Jesús López Rodríguez, archevêque de Saint-Domingue (République Dominicaine) a souligné « la coïncidence dans l’identification des points de préoccupation sur la famille et les solutions possibles que nous voyons de notre point de vue… La pastorale familiale est aussi un devoir qui retombe dans le domaine œcuménique ».

Le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal William Joseph Levada a participé à la session du matin présidée par le cardinal Norberto Rivera, archevêque de Mexico. Il a parlé de « La famille dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique ».

« Un des grands défis des derniers temps, est la tentative, dans la société sécularisée, de changer des lois qui pendant des siècles même des millénaires, ont reconnu le plan de Dieu sur le mariage et sur la famille comme présenté dans l’ordre de la Création, et qui constitue un patrimoine commun pour toute l’humanité gouvernée par la loi naturelle » a souligné le cardinal Levada, en mettant en évidence que « les lois humaines et les décisions qui ne respectent pas cet enseignement fondamental immuable, sont contraires à la loi de Dieu, et doivent être considérées, avec raison, comme injustes ».

« Le refus de l’obéissance aux autorités civiles, quand leurs exigences sont contraires à celle de la conscience droite, se justifie par la distinction entre le service rendu à Dieu et le service rendu à la communauté politique ». Le cardinal a conclu en citant l’Evangile – « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » - en recevant une grande ovation de la part des personnes présentes.

« Jean-Paul II, le Pape de la famille et de la vie » fut le titre de la conférence du cardinal Stanislaw Dziwisz, archevêque de Cracovie. L’ancien secrétaire personnel du pape Jean-Paul II, a dit : « Je porte en moi la conviction profonde que la lutte contre l’avortement avait un protagoniste extraordinaire : Jean-Paul II. Il ne serait pas possible de la gagner en Pologne sans Lui. Il nous a encouragé sur le chemin vers la civilisation de l’amour, le respect de la vie et de la famille. Je suis profondément convaincu qu’aujourd’hui aussi, ici, Jean-Paul II nous soutient et nous bénit depuis la fenêtre de la maison du Père ».
Par son témoignage personnel, le cardinal Dziwisz a montré de quelle manière Karol Wojtyla, en tant que prêtre, en tant qu’évêque et en tant que Successeur de Pierre, s’est toujours « complètement consacré à la famille et à la vie ».

Dans le débat sur la famille sont intervenus aussi le P. Álvaro Corcuera, Directeur général des Légionnaires du Christ, et Lidia Jiménez, Directrice des Croisades de Sainte Marie. Dans son intervention, le Père Corcuera a dit que « les deux colonnes » qui guident l’apostolat de la Légion du Christ et du Mouvement Regnum Christi sont « la famille comme école des vertus théologales », lieu où on apprend à aimer et à vivre la foi, et la famille comme « école d’évangélisation », dans laquelle tous, parents et enfants, sont apôtres et cherchent à accomplir la mission d’aller prêcher l’Evangile. De son côté, Lidia Jiménez, a souligné l’urgence d’une bonne formation pour le mariage et la famille, et a dénoncé la « manipulation du langage qui se fait sur les thèmes de la famille », en rappelant que « le mariage n’est pas un contrat, ni un engagement, mais au contraire l’image de l’Alliance de Dieu avec son Peuple ».

Dans l’après-midi, une session a été consacrée aux expériences pastorales sur la famille sur les différents continents. Le cardinal George Pell, archevêque de Sydney, a parlé de la situation de la famille en Australie, où « le Christ probablement aujourd’hui plus que crucifié est banalisé ». Le Prélat a souligné le problème du doute de beaucoup de jeunes à s’engager dans le mariage. A ce doute « contribue le fait qu’un tiers des mariages australiens finit par le divorce. Ceci crée aussi l’incertitude des enfants des divorcés, endommage l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes et leur désir de réaliser ce type d’engagement que le mariage suppose ».

Le cardinal Camillo Ruini, vicaire du pape pour le diocèse de Rome et Président de la Conférence des évêques italiens (CEI), a rappelé que « aussi en Italie la crise de la famille existe » et a signalé trois voies fondamentales afin que la transmission de la foi à l’intérieur de la famille soit efficace : la prière au sein de la famille, la catéchèse aux familles où les enfants ont été baptisés, avant et après le baptême, et une troisième modalité, « très concrète et très efficace », qui est « la modalité de l’amour » à l’intérieur de la famille, comme reflet de l’amour de Dieu pour les êtres humains.

La situation en Amérique Latine a été exposée par le cardinal Francisco Javier Errázuriz, archevêque de Santiago du Chili et Président du CELAM. L’archevêque a évoqué en premier lieu des nombreuses carences « dans la dimension pédagogique de la pastorale familiale » et a signalé que « l’Amérique Latine et les Caraïbes ne sont pas isolées concernant les courants culturels qui agitent le monde occidental ». Les politiques éducatives doivent être renouvelées, surtout maintenant que « les tendances dominantes dans le domaine des valeurs incitent à l’égoïsme et préparent à la violence, puisqu’elles favorisent les droits plus que les devoirs, les droits particuliers plus que ceux des autres... les relations humaines n’avancent pas vers l’amour véritable, le service, la gratitude et la contemplation ».

« La pastorale de la famille et de la vie en Europe » a été présentée par le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et Président de la Conférence épiscopale française. De nombreuses fois en France « l’approche de la question est très suggestive », on tente de « mettre au centre la préoccupation pastorale pour la famille » a-t-il affirmé, « non seulement comme une dimension particulière en plus de la dimension pastorale » mais comme une dimension fondamentale de la dimension pastorale.

Le cardinal Crescenzio Sepe, archevêque de Naples, a signalé que « le cadre prioritaire de l’évangélisation de la famille est avant tout le contexte familial », à l’intérieur duquel se développe une évangélisation quotidienne réciproque entre le mari et la femme, entre les parents et les enfants, et d’une certaine façon aussi par les enfants aux parents, dans un processus continu de témoignage et d’annonce de l’Evangile de génération en génération. Il a rappelé ensuite que l’amour conjugal et familial a un dynamisme qui va au-delà de la famille pour arriver à la communauté et à toute la société : « la nature missionnaire de l’Eglise trouve dans la famille, petite Eglise domestique, une réalisation concrète et un poste privilégié du mandat missionnaire que l’Eglise a reçu ». « Aujourd’hui la mission évangélisatrice de la famille, le témoignage chrétien de communion et d’amour paternel, maternelle, filial et fraternel de la famille, de chacun de ses membres de façon personnelle et communautaire, a un potentiel évangélisateur sans égal », a conclu le cardinal Sepe.