Le martyre de la vérité et de la conscience

"Combien de personnes payent cher leur engagement pour la vérité!"

Rome, (Zenit.org) Pape François | 1274 clics

Réfléchissant sur le martyre avant l'angélus de ce dimanche place Saint-Pierre, le pape a souligné trois formes de martyre: le martyre sanglant des chrétiens pour leur foi (et ils sont plus nombreux aujourd'hui qu'à l'aube du christianisme); le martyre quotidien de qui sacrifie sa vie pour le bien des autres (parents, prêtres et religieux, jeunes… ); et il y a le martyre qui n'est pas exclusivement chrétien, mais des coeurs droits, au service de la vérité et de la conscience.

Le pape a exhorté deux fois à avoir le courage d'aller à contre-courant et de ne pas accepter de fausses valeurs qui sont comme de la "nourriture avariée" et "rendent malade".

Nous mettons entre parenthèse les endroits où le pape a ajouté spontanément des exhortations.

Paroles du pape avant l'angélus

Chers frères et soeurs, 

Dans l'Evangile de ce dimanche résonne une des paroles de Jésus les plus incisives: "Qui veut sauver sa vie la perdra, mai qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera" (Lc 9,24).  

Il y a là une synthèse du message du Christ et elle s'exprime par un paradoxe très efficace qui nous fait connaître sa façon de parler, nous fait quasi entendre sa voix… Mais que signifie "perdre la vie à cause de Jésus"? Cela peut arriver de deux façons: ou parce qu'ils confessent explicitement la foi, mais cela peut aussi signifier, de façon implicite, défendre la vérité. Les martyrs sont l'exemple par excellence de la perte de la vie pour le Christ.

En deux mille ans, il y a une foule immense d'hommes et de femmes qui ont sacrifié leur vie pour rester fidèles à Jésus-Christ et à son Evangile. Et aujourd'hui, dans de nombreuses régions du monde, il y a des martyrs: (…) des hommes et des femmes qui sont emprisonnés, tués pour le leur motif d'être chrétiens. Et ils sont plus nombreux qu'aux premiers siècles de l'Eglise. 

Mais il y a aussi le martyre quotidien, qui ne comporte pas la mort mais c'est là aussi un "perdre sa vie" pour le Christ en accomplissant son devoir avec amour, selon la logique de Jésus, la logique du don, du sacrifice (…). Combien et papas et de mamans mettent chaque jour leur foi en pratique en offrant concrètement leur vie pour le bien de la famille! (…) Combien de prêtres, de frères, de soeurs, accomplissent leur service avec générosité, pour le Royaume de Dieu! Combien de jeunes renoncent à leur propres intérêts pour se dévouer aux enfants, aux personnes handicapées, aux personés âgées… (…).

Et puis il y a tant de personnes, chrétiens et non-chrétiens, qui "perdent leur vie" pour la vérité. Et le Christ a dit "je suis la vérité", donc, qui sert la vérité sert le Christ.

Une de ces personnes, qui a donné sa vie pour la vérité, est Jean Baptiste: demain justement, 24 juin, c'est sa grande fête, la solennité de sa naissance. Jean a été choisi par Dieu pour préparer la voie devant Jésus, et il l'a désigné au Peuple d'Israël comme le Messie, l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde  (cf. Jn 1,29). 

Jean s'est consacré tout entier à Dieu et à son envoyé, Jésus. Mais à la fin (…), il est mort pour la cause de la vérité, lorsqu'il a dénoncé l'adultère du roi Hérode et d'Hérodiade. Combien de personnes payent cher leur engagement pour la vérité! Combien d'hommes droits préfèrent aller à contre-courant plutôt que de renier la voix de leur conscience, la voix de la vérité! (…)

Chers amis, accueillons avec joie cette parole de Jésus. C'est une règle de vie proposée à tous. Et que saint Jean Baptiste nous aide à la mettre en pratique.

Notre mère, la Très sainte Vierge Marie, nous précède sur ce chemin, comme toujours: elle a perdu sa vie pour Jésus, jusqu'à la Croix, et elle l'a reçue en plénitude, avec toute la lumière et la beauté de la Résurrection.

Que Marie nous aide à faire de plus en plus nôtre cette logique de l'Evangile.

[Angélus et bénédiction]

Après la bénédiction, le pape a redit son exhortation à aller avec courage à contre-courant, en refusant des valeurs qui sont comme de la nourriture avariée et qui font mal.

Traduction et introduction, Anita Bourdin