Le ministère pétrinien, bilan d'un congrès, avec Mgr Fortino

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CITE DU VATICAN, Lundi 27 mai 2003 (ZENIT.org) - Experts catholiques et orthodoxes se sont réunis la semaine passée au Vatican pour réfléchir sur l'exercice du ministère du Successeur de Pierre à l'initiative du conseil pontifical pour la Promotion de l'Unité des chrétiens et Mgr Eleuterio Fortino, sous-secrétaire de ce dicastère a proposé un bilan au micro de Radio Vatican.



Rappelons que le symposium s'inscrivait dans la suite des réponses données à l'invitation lancée par Jean-Paul II en 1995 dans son encyclique "Ut Unum Sint".

RV - Quels participants regroupait ce symposium?

Mgr F. - L'invitation à ce symposium strictement académique s'est faite par l'intermédiaire des Eglises. On a invité des professeurs des académies d'enseignement des Eglises orthodoxes. Nous avons ainsi accueilli des représentants du patriarcat œcuménique de Constantinople, dont le président de l'académie d'Athènes, un représentant du patriarcat d'Antioche, du patriarcat serbe, du patriarcat de Roumanie, de l'Eglise orthodoxe de Grèce, de l'Eglise de Bulgarie. Les deux personnes du patriarcat de Moscou n'ont pas pu venir.

RV – Quel a été le climat des travaux?

Mgr F. – Le climat, tant au niveau académique qu'au niveau du dialogue, de l'échange, qu'au niveau des relations personnelles fraternelles a été véritablement transparent, chaleureux. Un bon signe dans la recherche œcuménique. Comme le congrès ne devait pas arriver à des conclusions, on était plus libre et cela facilitait la discussion sur les véritables problèmes qui se posent à l'Eglise catholique comme à l'Eglise orthodoxe, mais aussi d'une façon différente, entre théologiens dans l'Eglise catholique et entre théologiens et courants différents au sein des Eglises orthodoxes.

RV – Quel enrichissement a pu apporter un tel symposium sur la question du ministère pétrinien?

Mgr F. – L'apport majeur a peut-être porté sur la définition des problèmes. Le thème du ministère pétrinien est chargé d'une histoire faite aussi de polémiques, d'incompréhensions et d'exagérations. Le véritable apport a été, me semble-t-il, l'identification des véritables questions, tant du point de vue du fondement évangélique du ministère de Pierre, que du point de vue de l'évolution, de la croissance, de la réalisation de ce ministère dans l'Eglise, dans les enseignements des Pères, les définitions et l'action des conciles œcuméniques, et aussi, surtout, il m'a semblé dans une explication, une confrontation, une clarification sur la véritable signification de la définition de Vatican I.

RV – Y aura-t-il à l'avenir d'autres rencontres de ce type avec d'autres confessions chrétiennes?

Mgr F. – Après ce premier symposium, l'étude est ouverte et doit se poursuivre, pas seulement avec les Eglises orthodoxes, mais aussi avec les Anciennes Eglises d'Orient, pour lesquelles le même problème se pose, mais je pense surtout aux Eglises issues de la Réforme. La discussion est plus difficile avec elles parce que la matière est plus large: par exemple, un thème qui est à la base des considérations est celui de la succession apostolique et de la collégialité épiscopale.

RV – Les actes de ce symposium seront-ils publiés?

Mgr F. – Lors de la dernière session, on a évoqué aussi la possibilité de faire une publication ensemble pour offrir l'occasion d'une réflexion ultérieure et pour une diffusion plus large de cette problématique.