« Le monde a besoin d’une conversion écologique » affirme le représentant du Saint-Siège à l’ONU

Intervention de Mgr Migliore sur le développement durable

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ROME, Vendredi 27 octobre 2006 (ZENIT.org) – « Les conséquences de notre activité économique sur l’environnement, figurent maintenant parmi les plus importantes priorités du monde ».



C’est ce qu’a affirmé Mgr Celestino Migliore, Observateur permanent du Saint-Siège, devant le deuxième Comité de la 61ème Assemblée générale de l’ONU sur le développement durable, le 26 octobre dernier.

« Si nous voulons faire du développement durable une réalité enracinée, à long terme, nous devons créer une économie durable », a affirmé Mgr Migliore.

Mgr Migliore estime que le minimum que l’on puisse demander aux Etats et à tous ceux qui jouent un rôle important au niveau de l’environnement est le respect des engagements pris au Sommet « Planète Terre » de 1992 relatifs aux piliers économiques, environnementaux et sociaux du développement durable.

« Même dans un contexte de transition et de mutation rapide, notre économie reste fondamentalement basée sur sa relation avec la nature », a-t-il expliqué.

Il devient de plus en plus clair que si les « systèmes qui soutiennent la vie du monde sont détériorés ou irrémédiablement détruits il n’y aura d’économie viable pour aucun de nous », a-t-il poursuivi.

Le Saint-Siège est convaincu que les préoccupations concernant l’environnement doivent être considérées comme « la base sur laquelle repose toute activité économique, et même humaine ».

« Les conséquences sur l’environnement de notre activité économique figurent maintenant parmi les plus importantes priorités du monde », a-t-il rappelé.

Mgr Migliore précise que « le monde a besoin d’une conversion écologique afin de faire un examen critique des modèles actuels de pensée ainsi que des modèles de production et de consommation ».

Dans le cadre du développement durable, Mgr Migliore rappelle la nécessité d’accorder une attention particulière à « l’énergie », aux « changements climatiques », au « développement industriel » et à « la pollution atmosphérique ».

Le Saint-Siège encourage l’application d’une « stratégie énergétique » commune, capable de satisfaire les besoins en énergie, de protéger la santé des personnes et l’environnement et d’affronter de manière efficace le problème des changements climatiques. Le Saint-Siège encourage un « sérieux investissement public » dans « les technologies propres ».

Mgr Migliore a évoqué la question de l’eau, précisant que « le principal problème » n’est pas « le manque d’eau » pour répondre aux besoins des personnes mais « la gestion des ressources ». « La gestion des ressources en eau doit être basée sur l’application du principe de responsabilité partagée au niveau international, avec une attention particulière au principe de subsidiarité qui exige la participation des communautés locales au processus de prise de décision ».

« L’un des processus les plus inquiétants de dégradation de l’environnement, avec un fort impact négatif non seulement sur l’environnement mais également dans les domaines économique et social » est le processus de désertification, a poursuivi l’archevêque italien qui demande des « réponses coordonnées au niveau international » pour enrayer ce phénomène alarmant.

Mgr Migliore souligne enfin « l’importance du rôle de la réforme agraire et (du) développement rural pour combattre la faim et la pauvreté, pour promouvoir le développement durable et la sécurité alimentaire, garantir la promotion des droits humains », rappelant que le secteur agricole, dont dépendent les trois quarts des personnes souffrant de la faim à travers le monde, connaît une dégradation de plus en plus importante.