« Le monde a besoin du témoignage de notre unité »

Visite de l’archevêque de Cantorbéry

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CITE DU VATICAN, Mercredi 22 octobre 2003 (ZENIT.org) - « Le monde a besoin du témoignage de notre unité enraciné dans notre amour commun pour le Christ et son Evangile », a déclaré Jean-Paul II à l’archevêque de Cantorbéry.



« Dans la matinée du samedi 4 octobre 2003, rappelle L’Osservatore Romano en français du 15 octobre, le Pape Jean-Paul II a reçu en audience dans la Bibliothèque privée Sa Grâce Rowan Williams, Archevêque de Canterbury et Primat de la Communion anglicane. Participaient à la rencontre le Cardinal Walter Kasper, Président du Conseil pontifical pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens; S.Exc. Mgr Brian Farrell, Secrétaire du même dicastère, et le Cardinal Cormac Murphy-O'Connor, Archevêque de Westminster. Nous publions ci-dessous le discours prononcé par le Saint-Père à cette occasion »:

Votre Grâce
Rowan Williams
Archevêque de Canterbury ,

C'est pour moi un grand plaisir de vous accueillir ici à l'occasion de votre première visite au Siège apostolique en tant qu'Archevêque de Canterbury. Vous poursuivez une tradition qui a commencé juste avant le Concile Vatican II, avec la visite de l'Archevêque Geoffrey Fisher, et vous êtes le quatrième Archevêque de Canterbury que j'ai eu le plaisir d'accueillir au cours de mon pontificat. Je garde également de vifs souvenirs de ma visite à Canterbury en 1982 et de l'expérience émouvante que fut la prière sur la tombe de saint Thomas Becket avec l'Archevêque Robert Runcie.

Les quatre siècles qui ont suivi la triste division entre nous, au cours desquels il n'y eut que peu ou pas de contacts entre nos prédécesseurs, ont laissé la place à une série de rencontres emplies de grâce entre l'Evêque de Rome, Successeur de Pierre, et l'Archevêque de Canterbury. Ces rencontres ont eu pour but de renouveler les liens entre le Siège de Canterbury et le Siège apostolique, qui trouvent leur origine dans l'envoi, par le Pape Grégoire le Grand, de saint Augustin, le premier Archevêque de Canterbury, dans les royaumes anglo-saxons à la fin du VI siècle. De nos jours, ces rencontres ont également été une expression de notre attente de la pleine communion que l'Esprit Saint désire pour nous et exige de nous.
Tandis que nous rendons grâces pour le progrès qui a déjà été accompli, nous devons également reconnaître que de nouvelles et graves difficultés sont apparues sur le chemin de l'unité. Ces difficultés ne sont pas d'une nature purement disciplinaire; certaines s'étendent à des domaines essentiels de la foi et de la morale. A la lumière de cela, nous devons réaffirmer notre engagement à écouter attentivement et honnêtement la voix du Christ, de la façon dont elle nous parvient à travers l'Evangile et la tradition apostolique de l'Eglise. Confrontée au sécularisme croissant du monde d'aujourd'hui, l'Eglise doit garantir que le dépôt de la foi est proclamé dans son intégrité et préservé de toute interprétation erronée et abusive.

Lorsque notre dialogue théologique a commencé, nos prédécesseurs le Pape Paul VI et l'Archevêque Michael Ramsey ne pouvaient pas connaître le parcours précis, ni la durée du chemin vers la pleine communion, mais ils savaient que celle-ci exigerait patience et persévérance, et qu'elle serait le résultat uniquement d'un don de l'Esprit Saint. Le dialogue qu'ils ont instauré devait être "fondé sur l'Evangile et les traditions anciennes qui leur sont communes"; il devait être accompagné de la promotion de la collaboration qui pourrait "conduire à une compréhension plus grande et à une charité plus profonde"; et l'on exprima le désir que le progrès vers l'unité puisse mener à "un renforcement de la paix dans le monde, la paix que seul peut accorder Celui qui donne "la paix qui dépasse toute intelligence"" (Déclaration commune, 1966; cf. ORLF n. 13 du 1 avril 1966).

Nous devons perséverer dans la poursuite du travail déjà accompli par la Commission internationale anglicane-catholique romaine (ARCIC) et des initiatives de la Commission commune pour l'Unité et la Mission (IARCUUM), récemment instituée. Le monde a besoin du témoignage de notre unité, enraciné dans notre amour commun et notre obéissance envers le Christ et son Evangile. C'est notre fidélité au Christ qui nous impose de continuer à rechercher la pleine unité visible et de trouver des moyens appropriés de s'engager, lors-que cela est possible, dans le témoignage et la mission.

Je suis encouragé par le fait que vous ayez désiré me rendre visite si tôt dans le cadre de votre ministère en tant qu'Archevêque de Canterbury. Nous partageons le désir d'approfondir notre communion. Je prie pour une effusion renouvelée de l'Esprit Saint sur vous et sur les personnes qui vous sont chères, sur ceux qui sont venus ici avec vous, et sur tous les membres de la Communion anglicane. Puisse Dieu vous protéger, veiller toujours sur vous et vous guider dans l'exercice de vos nobles responsabilités. En cette fête de saint François d'Assise, apôtre de la paix et de la réconciliation, prions ensemble pour que le Seigneur fasse de nous les instruments de Sa paix. Là où il y a des blessures, puissions-nous apporter le pardon; là où il y a la haine, puissions-nous semer l'amour; là où il y a le désespoir, puisse notre humble recherche de l'unité apporter l'espérance.

(©L'Osservatore Romano - 14 Octobre 2003)