Le mystère de l’amour divin se perçoit dans la lumière de la Croix

Message de Benoît XVI aux Passionistes

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ROME, Vendredi 6 octobre 2006 (ZENIT.org) – Le mystère de l’amour divin se perçoit dans la lumière de la Croix, affirme Benoît XVI dans un message qu’il a adressé, sous la signature du cardinal serétaire d’Etat Tarcisio Bertone, aux Pères Passionistes, à l’occasion de leur chapitre général, qui se tient du 1er au 22 octobre dans leur maison généralice, à Rome, sur la colline du Coelius..



La mission du fondateur des Passionistes, saint Paul de la Croix, est une mission « toujours actuelle », soulignait le pape, invitant à réfléchir sur les paroles du saint qui voyait dans la Croix « la plus grande manifestation de l’amour de Dieu capable de convertir les cœurs au-delà de ce que pourrait faire tout autre argument ».

La mission de la congrétaiton est donc aujourd’hui de « montrer que la croix est amour et que l’amour c’est Dieu ».

Benoît XVI souligne que le fondateur était « intimement convaincu que les maux du monde dérivent de l’oubli de la Passion de Jésus ». Pour lui, l’union au Christ crucifié le poussait « à la communion avec tous les hommes, à la passion pour la justice et pour la charité ».

Dans le mystère de la Croix, continuait le pape, il trouvait la « force d’agir » et de « mettre en valeur les renoncements et les souffrances ».

Le pape incitait donc la congrégation à « mener à bonne fin l’engagement à la restructuration », de façon à « mieux répondre aux défis de notre temps en tenant compte des différents contextes culturels ».

Citant l’exhortaiton apostolique de Jean-Paul II sur la Vie consacrée « Vita consecrata », Benoît XVI disait y voir « un appel à la persévérance sur le chemin de la sainteté à travers les difficultés matérielles et spirituelles qui marquent la vie quotidienne », et un appel à « chercher la compétence dans le travail » et à cultiver « une fidélité dynamique à sa propre mission », en tenant compte des « nouvelles pauvretés » et des « crucifiés » de notre époque.

Paul Danei, né le 3 janvier 1694, était le fils de Luc Danei, commerçant à Ovada (diocèse d’Acqui), dans la République de Gênes, dont la deuxième épouse, Anne-Marie Massari, lui donna seize enfants dont plusieurs moururent en bas âge (cf. http://missel.free.fr/Sanctoral/10/19.php#paul). En 1709, Luc Danei retourna dans son pays natal, Castellazo, où il établit son commerce et sa famille. Paul fit quelques études à Cremolino sous la conduite d’un vénérable prêtre.

Paul qui avait toujours été pieux et vertueux, après un an de vie militaire (1715), décida de se consacrer à Dieu, malgré les efforts de son oncle, le prêtre Christophe Danei qui lui avait arrangé un beau mariage. Tout en aidant au commerce de son père, il commença d’enseigner le catéchisme ; le curé, après l’avoir traité durement, découvrit en lui une âme exceptionnelle et, se croyant incapable de la guider, le confia à un capucin de Castellazo, le R.P. Jérôme de Tortone qui se fit aider par un de ses confrères d’Ovada, le R.P. Colomban de Gênes.

Quand les deux capucins quittèrent la région, Paul s’adressa à Don Polycarpe Cerutti, pénitencier d’Alexandrie, qui crut découvrir de l’orgueil dans ses habitudes d’oraison et lui interdit de méditer sur les fins dernières. « Je donnais entre le jour et la nuit, au moins sept heures à l’oraison et aux autres exercices ; Quant aux fêtes, je me levais le matin de très bonne heure et j’allais à une confrérie où j’étais inscrit, puis, terminée la confrérie, je me rendais à l’église principale où selon l’usage était exposé le Très Saint-Sacrement et j’y restais au moins cinq heures à genoux; j’allais ensuite prendre quelque chose et puis j’allais à vêpres. Après vêpres, en compagnie de quelques pieux jeunes gens avec qui avaient lieu de dévots entretiens, on allait prendre un peu l’air et je faisais une autre heure d’oraison mentale, puis je rentrais à la maison. »

L’évêque d’Alexandrie, Mgr de Gattinara, qui avait remarqué l’extraordinaire piété de ce jeune homme, avait fait sa connaissance. Paul lui confia son désir de fonder une nouvelle famille religieuse qui porterait une tunique noire sur laquelle serait cousu un cœur surmonté d’une croix avec les mots : Jesu Christi Passio. L’évêque l’autorisa à porter ce costume religieux qu’il bénit et remit lui-même (22 juillet 1720).

Le 23 novembre 1720, Paul se retirait, avec la permission de son évêque, dans une petite pièce située sous un escalier à côté de la sacristie de l’église paroissiale Saint-Charles de Castellazo. Il y fit une retraite de quarante jours, jusqu’au 1er janvier 1721, dans des conditions matérielles fort pénibles : pieds nus et mal vêtu dans ce réduit froid et humide, il se contenta d’un peu de paille jetée à même le sol en guise de lit, ne but que de l’eau et ne mangea que le pain reçu en aumône. A la fin de cette retraite, qui donna à sa vie sa direction définitive, il apporta à Mgr de Gattinara son journal, brèves notes destinées à rendre compte des grâces reçues et des épreuves endurées, et la première ébauche de sa Règle, écrite du 2 au 7 décembre. L’évêque approuva tout.

Retiré à l’ermitage de la Sainte-Trinité puis à celui de Saint-Etienne, catéchiste et prédicateur apprécié, il fut rejoint par son frère, Jean-Baptiste, et par Paul Sardi qui ne put supporter les rigueurs de la règle. Paul partit à Rome pour obtenir l’approbation pontificale, mais n’ayant pas de protecteur, il quitta Rome sans avoir vu le Pape. Installé sur le Monte Argentario, Paul et Jean-Baptiste, prêchèrent à Orbetello puis furent appelés par l’évêque de Gaète, Charles Pignatelli (juin 1723), qui les fit prêcher dans son diocèse et leur confia la retraite des ordinands. Au mois d’août 1724, ils furent recrutés par l’évêque de Troja. En 1725, alors qu’ils étaient à Rome, priant dans la basilique Saint-Pierre, pour gagner le Jubilé, ils furent remarqués par Mgr Marcel Crescenzi qui les introduisit auprès de Benoît XIII.

Les deux frères se retirèrent à Gaète où les quelques jeunes gens qui se joignirent à eux, ne persévérèrent pas sous une règle si austère. Malgré les succès de leur prédication, ils quittèrent Gaète (14 septembre 1726) et revinrent à Rome où ils furent admis comme infirmier à l’hôpital Saint-Gallican du Transtevere. Ils furent tonsurés (6 février), reçurent les ordres mineurs (23 février), le sous-diaconat (12 avril), le diaconat (1° mai) et Benoît XIII les ordonna prêtres (7 juin). Ils furent protégés par Clément XII qui leur donna le droit de prêcher des missions (23 février 1731) et les fit missionnaires apostoliques (14 septembre 1737). Adoucie, la règle de la Congrégation des Clercs déchaussés de la Sainte-Croix et de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ fut approuvée par Benoît XIV (15 mai 1741) et la première profession eut lieu le 11 juin 1741 : Paul Danei devint Paul de la Croix. Les recrues commencèrent à affluer et les fondations se multiplièrent, protégées par les papes successifs. Malade depuis plusieurs années, Paul de la Croix célébra la messe pour la dernière fois le 15 juin 1775 ; il reçut l’extrême-onction le 8 octobre et mourut après avoir communié le 18 octobre 1775. Il fut enterré dans la basilique romaine des Saints-Jean-et-Paul.

Pie VI qui, comme Benoît XIV, était allé le visiter dans sa chambre, le déclara vénérable (septembre 1784) ; Pie VII proclama l’héroïcité de ses vertus (18 février 1821), Pie IX le béatifia (1er mai 1853) et le canonisa (29 juin 1869).