Le P. Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus bientôt béatifié ?

Une nouvelle étape de sa cause de béatification

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ROME, lundi 19 décembre 2011 (ZENIT.org) – La reconnaissance par Benoît XVI, ce 19 décembre, des « vertus héroïques » du P. Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus (au siècle : Henri Grialou, 1894-1967), carme déchaux, fondateur de l'Institut Notre-Dame de Vie et auteur de la somme spirituelle et théologique qu’est « Je veux voir Dieu », constitue un pas important vers sa béatification.

En effet, il pourrait être béatifié si un miracle dû à son intercession était maintenant reconnu.

En 2010, le P. Louis Menvielle, vice-postulateur de la cause de béatification, a présenté le P. Marie-Eugène aux lecteurs de Zenit, ainsi que l’Institut Notre-Dame de Vie et « Je veux voir Dieu » (cf. Zenit du 9 mars 2010).

Voici comment le P. Menvielle résumait la biographie du P. Marie-Eugène :

C'est un carme déchaux français de la première moitié du 20ème siècle (1894-1967). Henri Grialou (c'est son nom séculier) est né dans un modeste foyer de mineur de l'Aveyron, dans le centre de la France. Saisi par Dieu depuis qu'il est tout petit, il désire être prêtre. Au petit séminaire, il découvre la petite sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus. Nous sommes en 1908, il a 13 ans : il reste définitivement marqué par cette amitié surnaturelle qui influera sur sa vie et sur sa mission. Un père carme écrira de lui qu'il est un des meilleurs spécialistes de la petite Thérèse.

Au grand séminaire, il découvre saint Jean de la Croix et se sent fortement saisi par le réformateur carme espagnol du 16ème siècle : il comprend qu'il est appelé à marcher à sa suite et à lui ressembler. Sur son lit de mort, il avouera : « Au fond de mon âme, c'est avec saint Jean de la Croix que je vis ».

C'est ainsi qu'il entre au noviciat des carmes dès son ordination sacerdotale, en février 1922. Il apprend à connaître Thérèse d'Avila, la grande réformatrice du carmel, et trouve en elle la mère des spirituels qu'il décrit : « ardente et lumineuse..., sublime et équilibrée, une âme royale, maternelle et divine, le génie humain en ce qu'il a de plus concret et de plus universel » (Je veux voir Dieu, p. 443). Dès le noviciat, il fait de très hautes expériences mystiques qui marqueront toute sa vie.

1923, 1925, 1926, c'est la période de la béatification et de la canonisation de Thérèse de Lisieux, puis de la proclamation de Jean de la Croix comme Docteur de l'Eglise. Notre jeune carme (28-31 ans) prêche beaucoup en divers milieux français et perçoit partout, en particulier chez les laïcs, une soif spirituelle qui trouve une réponse adaptée dans l'enseignement du carmel. Il comprend alors que sa mission est de « conduire les âmes à Dieu » et de les former à l'union de la contemplation et de l'action en leur montrant le chemin de l'oraison et de la vie dans l'Esprit.

1929, quelques jeunes femmes qui veulent se donner à Dieu lui demandent de les guider. Elles réalisent peu à peu la pensée qu'il avait de former un groupe où l'on unirait action et contemplation en plein monde pour porter Dieu là où les hommes ne le connaissent pas. Le don du sanctuaire de Notre-Dame de Vie, en Provence (Venasque), lui permet d'y commencer son œuvre. L'Institut Notre-Dame est né (1932).

1937 : le Père Marie-Eugène est élu conseiller général des carmes à Rome et le restera 17 ans. A la mort du père général, il dirige l'ordre pendant dix huit mois, jusqu'au chapitre de 1955. C'est pendant cette période romaine que Pie XII le nomme visiteur apostolique des carmels de France et lui demande de les unir en fédération. Travailleur infatigable, il trouve aussi le temps de publier en deux tomes son maître ouvrage : Je veux voir Dieu (1949 et 1951).

En 1955, il rentre en France où il pourra s'occuper de plus près de sa fondation sans oublier sa province carmélitaine d'Avignon puisqu'il exerce son troisième mandat de provincial des carmes lorsqu'il meurt, le 27 mars 1967.

Propos recueillis par Anita S. Bourdin