Le pape en Espagne et la question de l’avortement

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ROME, Lundi 22 août 2011 (ZENIT.org) – Dans le cadre des JMJ de Madrid, le cardinal Antonio María Rouco Varela, archevêque de Madrid, a accordé à tous les prêtres pouvant légitimement administrer le sacrement de la confession, présents dans l'archidiocèse de Madrid entre le 15 et le 22 août, la faculté de remettre, à travers le sacrement de pénitence, l'excommunication latae sententiae correspondant au délit d'avortement, aux fidèles sincèrement repentis. En annonçant la décision du cardinal, l'archevêché a expliqué que cette initiative visait à permettre à « tous les fidèles venus participer aux célébrations de la 26e Journée mondiale de la jeunesse à Madrid, d'accéder plus facilement aux fruits de la grâce divine qui leur ouvre les portes d'une vie nouvelle ».

Dans ce contexte, nous publions ci-dessous une réflexion de Flora Gualdini, fondatrice de « Casa Betlemme » à Arezzo en Italie, sur le thème de l'avortement.

La presse mondiale semble soudain prendre conscience que l’Eglise catholique est mère et pas seulement éducatrice sur des thèmes brûlants comme l’avortement. La clinique d’obstétrique est un “confessionnal” spécial, et après plus de cinquante ans d’expérience, je puis témoigner de la puissance du cœur de Jésus miséricordieux, qui se penche sur nos misères. Le regard de la transcendance est véritablement l’unique médicament capable de guérir le cœur d’une femme blessée par l’avortement. Comprenons que même si nous brisons le futur d’une créature dès sa conception, nous ne faisons rien d’autre que la « renvoyer à l’expéditeur ». Et Lui, de toute façon, conduira cette personne à son achèvement, là où mille ans sont comme un jour.

Nous chrétiens croyons, en effet, en le Dieu de l’amour, qui a vaincu la mort et qui ne laisse inachevée aucune de ses œuvres : tôt ou tard, il y aura une rencontre, l’étreinte. Mais la réconciliation avec cet enfant doit commencer maintenant même : le sentir vivant, lui donner un nom, savoir qu’il t’attend et que, peut-être, il prie pour toi : il t’aime. C’est le chemin sur lequel j’ai accompagné une multitude de femmes jusqu’à la guérison, des femmes de tout niveau culturel. C’est un long chemin, scandaleux pour les bioéthiciens du “personnalisme empirique”, mais qui nous comble d’espérance devant toutes ces jeunes pousses coupées, qui dans l’indifférence morale et dans les ténèbres de notre civilisation, se comptent comme les étoiles du ciel.

Mais je suis tout aussi convaincue que les jeunes ont d'abord besoin aujourd’hui d’une formation approfondie dans ce domaine : ils doivent savoir exactement ce qu’est l’avortement et comment les versions pharmacologiques rendent toujours plus floue sa frontière avec la contraception. Ils doivent savoir combien de milliers de petites vies humaines sont sacrifiées en éprouvette. Ils doivent savoir ce qu’est le péché et être responsabilisés sur la grandeur du geste sexuel. A Madrid, Benoît XVI, à la suite de son prédécesseur, embrasse les jeunes en les invitant à une réflexion exigeante. André Frossard disait que l’on honore la jeunesse en lui demandant beaucoup, c’est-à-dire en lui administrant la vérité tout entière.

On sait que la plupart des personnes ne parle pas de ces choses dans le confessionnal, souvent parce qu’elles ne savent même pas la portée de certains comportements : dans ce cas, la grave responsabilité se déplace alors sur ceux qui avaient la tâche d’informer et de motiver (les éducateurs.)

Avant de s’occuper de morale sexuelle, il s’agit de se préoccuper en urgence d’une alphabétisation bioéthique sur les “fondamentaux” du magistère : en harmonie entre foi, discipline, science et culture. Seulement ainsi, nos jeunes pourront devenir, comme l’a dit quelqu’un, « vraiment libres et librement vrais ».

Flora Gualdani