Le pape évoque l'importance de la famille dans la société et dans l'Eglise

Audience aux membres de la Fondation « Centesimus Annus - Pro Pontifice »

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ROME, Lundi 17 octobre 2011 (ZENIT.org) – Dans un monde touché par une grave qui crise qui ébranle le travail, l’économie, mais aussi la famille, le pape Benoît XVI a invité à s’aider de la doctrine sociale de l’Eglise pour trouver « une nouvelle synthèse harmonieuse entre famille et travail ». Pour cela, il rappelle l’importance de la gratuité et de la solidarité.

Le pape a reçu, le 15 octobre au Vatican, les participants au Congrès international organisé par la Fondation Centesimus Annus - Pro Pontifice sur le thème « Famille, entreprise : dépasser la crise avec de nouvelles formes de solidarité. 20 ans après Centesimus annus » (Rome, 13-15 octobre).

Aujourd’hui encore, 20 ans après la publication de l’encyclique Centesimus annus publiée en 1991 à l’occasion du centenaire de l’encyclique Rerum Novarum, sur la doctrine sociale de l’Eglise, « le patrimoine interne du Magistère social n’a pas changé, qui encourage toujours la personne humaine et la famille dans leur contexte de vie, y compris de l’entreprise », a expliqué le pape.

« Le Concile Vatican II a parlé de la famille en termes d’Eglise domestique, de ‘sanctuaire intouchable’ où la personne mûrit dans l’affection, dans la solidarité, dans la spiritualité », a-t-il expliqué. « L’économie aussi, avec ses lois, doit toujours considérer l’intérêt et la sauvegarde de cette cellule de base de la société ».

Benoît XVI, s’appuyant sur l’exhortation apostolique Familiaris consortio du bienheureux Jean-Paul II, a souhaité rappeler les quatre devoirs de l’institution familiale que sont la formation d’une communauté de personnes ; le service à la vie ; la participation sociale et la participation ecclésiale.

« Ce sont toutes des fonctions à la base desquelles il y a l’amour, et c’est à cela que la famille éduque et forme ». C’est aussi dans la famille que l’on apprend « la juste attitude à avoir dans la société, ainsi que dans le monde du travail, de l’économie, de l’entreprise. Elle doit être guidée par la charité, dans la logique de la gratuité, de la solidarité et de la responsabilité des uns pour les autres ».

« Si cela vaut pour la société en général, cela assume une importance encore plus grande dans la communauté ecclésiale », a observé Benoît XVI. « Même dans l’évangélisation, en effet, la famille a une place d’importance ». Elle est « appelée à prendre part à l’évangélisation de manière propre et originale, en mettant au service de l’Eglise et de la société sa manière d’être et d’agir, comme une communauté intime de vie et d’amour ».

Pour le pape, « famille et travail sont les lieux privilégiés pour la réalisation de la vocation de l’homme qui collabore à l’œuvre créatrice de Dieu aujourd’hui ».

Le pape s’est enfin arrêté sur les multiples crises qui touchent actuellement le monde. Crise du travail et de l’économie, crise de la famille : « les conflits de couples, ceux entre générations, ceux entre le temps pour la famille et pour le travail, la crise de l’emploi, créent une situation complexe de malaise qui influencela vie sociale ».

« Il faut donc une nouvelle synthèse harmonieuse entre famille et travail, à qui la doctrine sociale de l’Eglise peut offrir sa précieuse contribution », a-t-il souhaité. « Dans l’encyclique Caritas in veritate, j’ai voulu souligner comment le modèle familial de la logique de l’amour, de la gratuité et du don est étendu à une dimension universelle. Pour qu’il y ait une vraie justice, il est nécessaire d’ajouter la gratuité et la solidarité ».

Mais s’il n’est pas du devoir de l’Eglise « de définir les chemins pour affronter la crise en cours », le pape a rappelé que les chrétiens ont le devoir « de dénoncer les maux, de témoigner et de maintenir vivantes les valeurs sur lesquelles se fonde la dignité de la personne, et de promouvoir ces formes de solidarité qui favorisent le bien commun pour que l’humanité devienne toujours plus famille de Dieu ».