Le pape François frappe à la porte de la maison de Marie

Les trois attitudes du chrétien

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 723 clics

"Ne l’oublions jamais, chers jeunes: la Vierge Marie est notre Maman et c’est avec son aide que nous pouvons rester fidèles à Jésus": ce tweet du pape François, résume l'esprit de son pèlerinage à Aparecida ce 24 juillet. Le pape a joint le geste à la parole. 

La Vierge Marie est notre maman. La photo du pape quittant la basilique en portant lui-même tendrement la statue de la Vierge noire l'illustre bien, comme ce geste auquel le pape nous a habitués: sa façon de toucher l'icône ou la statue de Marie, à Saint-Pierre au terme de la messe.

Les trois prières

Trois prières à la Vierge on scandé le pèlerinage: prière dès l'arrivée (cf. Photos de Zenit, https://www.facebook.com/media/set/?set=a.520457558022222.1073741982.429643830436929&type=1&l=3fa9539967), quasi en privé devant l'image miraculeuse trouvée par des pêcheurs dans leurs filets, jetés dans le fleuve Paraiba, le 12 octobre 1717. Prière à la fin de la messe, dans la basilique, devant la réplique fleurie que lui a offerte l'archevêque d'Aparecida, le cardinal Damasceno Assis, et immédiatement embrassée par le pape (cf. Photos de Zenit, https://www.facebook.com/media/set/?set=a.520453901355921.1073741981.429643830436929&type=1&l=7af33e33dc). Et prière, sur le balcon de la basilique, devant la foule de quelque 200 000 personnes, qui ont suivi la messe sur écrans géants, en dépit de la pluie. 

On n'oubliera pas le geste du pape qui applaudit la Vierge et la fait applaudir (cf. Zenit du 24 juillet, http://www.zenit.org/fr/articles/le-pape-a-aparecida-prelude-marial-a-sa-jmj).

Et le pape ajoute dans son tweet: "c’est avec son aide que nous pouvons rester fidèles à Jésus". Comment, concrètement? Dans son homélie, il a souligné en quoi Marie est "maman" pour tous les baptisés: "Je viens moi aussi frapper à la porte de la maison de Marie – qui a aimé et éduqué Jésus – afin qu’elle nous aide tous, pasteurs du Peuple de Dieu, parents et éducateurs, à transmettre à nos jeunes les valeurs qui les rendront artisans d’une Nation et d’un monde plus justes, plus solidaires et plus fraternels."

Les paroles sont là avec tout leur poids: "artisans d’une Nation et d’un monde plus justes, plus solidaires et plus fraternels". Mais, encore plus concrètement? Le pape propose un programme en trois points pour vivre cette fidélité, ou plutôt "trois attitudes" : "garder l’espérance, se laisser surprendre par Dieu, et vivre dans la joie".

Ne perdez pas l'espérance

L'espérance. "Face au découragement qui pourrait être dans la vie et qui pourrait gagner ceux qui œuvrent pour l’évangélisation ou qui font l’effort de vivre la foi en tant que père et mère de famille, je voudrais dire avec force : ayez toujours dans vos cœurs cette certitude : Dieu marche à vos côtés, il ne vous abandonne en aucun moment ! Ne perdez jamais l’espérance ! Ne l’éteignez jamais dans vos cœurs !", affirme le pape. 

Il débusque l'ennemi dont parlait la lecture de l'Apocalypse de saint Jean: " Le « dragon », le mal, est présent dans notre histoire, mais il n’est pas le plus fort. Dieu est le plus fort ! Dieu est notre espérance !"

Pourtant tant de personnes éprouvent de la solitude, constate le pape qui encourage à un "regard positif" sur la réalité: "C’est vrai que de nos jours, tous, un peu, et nos jeunes aussi, se sentent séduits par beaucoup d’idoles qui substituent Dieu et semblent donner espérance : l’argent, le succès, le pouvoir, le plaisir. Une sensation de solitude et de vide gagne souvent le cœur de beaucoup et les pousse à la recherche de compensations, de ces idoles éphémères. Chers frères et sœurs, soyons des lumières d’espérance ! Ayons un regard positif sur la réalité." 

Au milieu des difficultés, Dieu agit

Plus encore, le pape invite à développer les potentialités dont les jeune sont porteurs pour "la construction d’un monde meilleur" : "ils sont un moteur puissant pour l’Église et pour la société"."

Il invite à leur offrir les "valeurs immatérielles qui sont le cœur spirituel d’un peuple, la mémoire d’un peuple" et qu'il résume en ces termes: "spiritualité, générosité, solidarité, persévérance, fraternité, joie ; ces valeurs trouvent leurs plus profondes racines dans la foi chrétienne".

Se laisser surprendre. Car "même au milieu des difficultés, Dieu agit et nous surprend". Il prend à témoins les trois pêcheurs à l'origine du sanctuaire: "Dieu surprend toujours, comme le vin nouveau dans l’Évangile que nous venons d’entendre", a insisté le pape. Il a évoqué l'Evangile des Noces de Cana: "Dieu réserve toujours ce qu’il y a de meilleur pour nous. Mais il nous demande de nous laisser surprendre par son amour et d’accueillir ses surprises. Ayons confiance en Dieu ! (…) Si nous nous approchons de lui, si nous restons avec lui, nos froideurs, nos difficultés, nos péchés se transforment en vin nouveau d’amitié avec lui."

Le péché et la mort ont été vaincus

La joie. C'est la conséquence des deux attitudes précédentes: "si nous marchons dans l’espérance, nous laissant surprendre par le vin nouveau que Jésus nous offre, il y aura de la joie en nos cœurs et nous ne pourrons être que des témoins de cette joie. Le chrétien est joyeux, il n’est jamais triste. Dieu nous accompagne. Nous avons une Mère qui intercède toujours pour la vie de ses enfants."

Le pape martèle affectueusement la bonne nouvelle avec ces phrases râblées, efficaces, juxtaposées, dont il a secret: "Jésus nous a montré que le visage de Dieu est celui d’un Père qui nous aime. Le péché et la mort ont été vaincus. Le chrétien ne peut pas être pessimiste ! Il n’a pas le visage d’une personne qui semble être en deuil permanent. Si nous sommes vraiment amoureux du Christ et si nous sentons combien il nous aime, notre cœur s’« enflammera » d’une joie telle qu’elle contaminera tous nos voisins." 

Et de citer le pape émérite, lui qui a voulu la JMJ à Rio et surtout qui a ouvert l'Assemblée d'Aparecida en 2007: "Le disciple sait que sans le Christ il n’y a pas de lumière, pas d’espérance, pas d’amour, pas d’avenir » (Discours, 13 mai 2007).

L'expérience d'Aparecida 2007

Le pape se souvient avec gratitude de cette assemblée féconde pour tout le continent, grâce à la synergie entre le travail des pasteurs et la démarche des pèlerins: "Les évêques – qui ont travaillé sur le thème de la rencontre avec le Christ, le fait d’être disciple et la mission – se sentaient encouragés, accompagnés et, dans un certain sens, inspirés par les milliers de pèlerins qui venaient chaque jour confier leur vie à la Vierge : cette Conférence a été un grand moment d’Église". 

"Le Document d’Aparecida est bien connu justement, a expliqué le pape, à cause de ce tressage entre les travaux des pasteurs et la foi simple des pèlerins, sous la protection maternelle de Marie."

Il s'engage à mettre en oeuvre cette recommandation de Marie à Cana: "Nous sommes venus frapper à la porte de la maison de Marie. Elle nous a ouvert, elle nous a fait entrer et nous a montré son Fils. Elle nous demande maintenant : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5). Oui, notre Mère, nous nous engageons à faire ce que Jésus nous dira ! Et nous le ferons avec espérance, sûrs des promesses de Dieu et pleins de joie".

En l'accueillant, l'archevêque d'Aparecida, le cardinal Damasceno Assis, avait souligné la dimension missionnaire de la démarche du pape pèlerin: "Demandons que la rencontre du Successeur de Pierre puisse susciter une ardeur missionnaire".

Il a rappelé la visite des trois papes: Jean-Paul II en 1984, Benoît XVI en 2007 et le pape du bout du monde, ce 24 juillet 2013. Il a offert au pape une réplique de la Vierge noire d'Aparecida, vêtue d'or et de noir, une statue d'argile du fleuve, symbole de la proximité "avec les pauvres", pour que "l'Eglise soit toujours attentive aux pauvres" en servant le Seigneur.