Le pape plaide pour le droit au travail

Congrès à la Fondation Centesimus Annus

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 806 clics

« Au-dessus des affaires, de la logique et des paramètres de marché, il y a l’être humain », rappelle le pape François, qui estime que la « pire pauvreté matérielle » est de ne pouvoir gagner son pain en étant « privé de la dignité du travail ».

Le pape a reçu les membres de la Fondation Centesimus Annus – Pro Pontifice, samedi dernier, 25 mai 2013, dans le cadre d’un Congrès international sur le thème : “Repenser la solidarité pour l’emploi : les défis du vingt-et-unième siècle”.

La Fondation fête cette année ses 20 ans (13 Juin 1993). Elle a été créée à la suite de l'encyclique Centesimus annus publiée par Jean-Paul II le 1er mai 1991. La Fondation entend « promouvoir l'étude et la diffusion de la doctrine sociale chrétienne », et «renforcer la présence et le rôle de l'Eglise catholique dans les diverses sphères de la société ».

Le phénomène du chômage « s’étend de façon préoccupante », a constaté le pape, soulignant que la « pire pauvreté matérielle » est celle de celui qui ne peut pas « gagner son pain » car il est « privé de la dignité du travail ».

« La crise actuelle n’est pas seulement économique et financière, mais elle plonge ses racines dans une crise éthique et anthropologique », a-t-il rappelé : « Mettre les idoles du pouvoir, du profit, de l’argent, au-dessus de la valeur de la personne humaine, est devenu norme fondamentale de fonctionnement et critère décisif d’organisation ».

« Au-dessus des affaires, de la logique et des paramètres de marché, il y a l’être humain » et dans cette optique « la possibilité de vivre dignement et de participer activement au bien commun » est « due à l’homme en tant qu’homme, en vertu de sa dignité profonde », a rappelé le pape qui a exhorté à « revenir à la centralité de l’homme, à une vision plus éthique des activités et des rapports humains ».

Pour cela, a-t-il expliqué, il faut dépasser la « peur de perdre quelque chose » et redonner droit de cité à la « solidarité », qui n’est pas une « simple assistance envers les plus pauvres », mais « une recherche de voies pour réformer [le système] en cohérence avec les droits fondamentaux de l’homme ».

La solidarité « n’est pas une attitude en plus, elle n’est pas une aumône sociale, c’est une valeur sociale », a-t-il ajouté.