Le pape que l'on aimerait avoir

Un débat animé : un jeune asiatique ou un pape de transition ?

Rome, (Zenit.org) Antonio Gaspari | 1504 clics

Plus on s’approche du conclave, plus se multiplient les rumeurs sur les candidats susceptibles d’être élus pape.

Les désirs des fidèles sont clairs. Les interviews, les blogs, les pensées librement exprimées sur Facebook et Twitter, révèlent une grande nostalgie d’un pape comme le jeune Jean-Paul II, un candidat humble et bon, grand communicateur, qui rencontre les gens partout dans le monde, qui fascine les jeunes et qui remplisse les places sur la planète.

Très respectueux de Benoît XVI, les désirs s’expriment en faveur d’un pape solide et clair en matière de doctrine ; l’idéal serait un mélange entre l’enthousiasme et la joie de Jean-Paul II et un jeune Joseph Ratzinger.

Une donnée est commune à tous : les fidèles prient et invoquent l’Esprit-Saint pour que le prochain pape soit jeune, de corps et d’esprit. On veut oublier les souffrances passées, avec les dernières années d’agonie de Jean-Paul II et la renonciation de Benoît XVI.

Le peuple des croyants est patient et confiant dans l’œuvre de l’Esprit-Saint. Il se réjouira et remerciera le Seigneur pour le nouveau pape, mais il ne fait aucun doute que les attentes seraient un peu déçues s’il s’agissait d’un candidat de transition.

En termes de situation géopolitique, la décadence et les scandales en Europe et dans les pays anciennement évangélisés sont tels qu’il est peut-être temps de penser à un pape non européen. Sur le vieux continent, on manque de jeunes et de vocations, alors que celles-ci augmentent en Amérique latine, en Afrique et en Asie.

Le continent qui connaît le nombre le plus élevé de vocations et de baptêmes, où vivent le plus de jeunes et où le christianisme a d’énormes possibilités de diffusion est l’Asie.

C’est aussi le continent qui est en train d’émerger comme superpuissance mondiale et où le christianisme pourrait offrir des solutions caritatives et humanisantes en réponse à un utilitarisme exacerbé, à un matérialisme qui nie la personne, aux politiques qui suppriment les petites filles.

Un éventuel pape asiatique pourrait aussi trouver une solution au difficile rapport avec la Chine.

Certes, il s’agirait là d’un énorme saut en avant, un acte de courage qui situerait l’Eglise en avant de tout le monde.

Ce fut ainsi pour le choix de Karol Woityla, le pape polonais qui a fait tant de bien à l’Eglise et au monde.

Un pape asiatique ferait énormément grandir le nombre de conversions et de pèlerins vers l’Eglise de Rome.

A ce sujet, il faut se souvenir que la plus grande Journée mondiale de la jeunesse s’est tenue à Manille avec cinq millions de jeunes et que les Philippines sont le troisième pays au monde en nombre de catholiques. Moins que le Brésil et le Mexique, plus que les Etats-Unis et que l’Italie.

Il est vrai que nous nous trouverons face à un événement historique, mais la renonciation au pontificat du pape émérite Benoît XVI n’est-elle pas le signe d’une très grande discontinuité dans le but de renforcer et d’accélérer le processus de renouveau et de nouvelle évangélisation ?

Traduction d’Hélène Ginabat