Le pape rappelle les clefs de l'action pastorale auprès des militaires

En recevant les aumôniers militaires

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ROME, Lundi 24 octobre 2011 (ZENIT.org) – Une formation humaine et spirituelle solide et une aptitude à l’écoute et au dialogue, sont les deux qualités qui doivent caractériser la pastorale de ceux qui se consacrent à l’évangélisation du monde militaire, a rappelé Benoît XVI en recevant samedi matin les participants au VIème congrès des ordinariats militaires et au 3ème cours international des aumôniers militaires sur le droit humanitaire.

Les deux événements, organisés par la Congrégation pour les évêques et par le Conseil pontifical justice et paix, entrent dans le cadre du 25èmeanniversaire de la Constitution apostolique de Jean Paul II Spirituali militum curae.

Par ce document, a souligné le pape, « on entendait donner aux ordinariats militaires, la possibilité de promouvoir une action pastorale de plus en plus appropriée et mieux organisée pour une partie importante du peuple de Dieu, c'est-à-dire les militaires et leurs familles et leurs institutions, comme les casernes, les écoles militaires et les hôpitaux ».

25 ans après la parution de ce texte et un constat positif montrant que les ordinariats militaires ont dans l’ensemble fait preuve « d’un style de plus en plus évangélique… et adapté aux urgentes exigences de la nouvelle évangélisation », Benoît XVI a réaffirmé dans son discours « l’exigence de garantir aux hommes et aux femmes membres des forces armées, une assistance spirituelle qui réponde à toutes les exigences d’une vie chrétienne cohérente et missionnaire ».

« Il s’agit de former des chrétiens qui aient une foi profonde, qui vivent la pratique religieuse de façon convaincue et soient d’authentiques témoins du Christ dans leur milieu », a-t-il précisé, soulignant que pour atteindre ce but, évêques aux armées et aumôniers militaires doivent se sentir « responsables de l’annonce de l’Evangile et de l’administration des sacrements partout où les militaires et leurs familles sont présents ».

Ainsi, a-t-il ajouté, les prêtres engagés dans ce milieu, doivent avoir « une formation humaine et spirituelle solide », être très attentifs à « leur vie intérieure » et « être ouverts à l’écoute et au dialogue, pour mieux saisir les difficultés personnelles et environnementales des personnes qui leur sont confiées ».

Ces personnes, a rappelé le pape, ont besoin d’un « soutien permanent dans leur parcours de foi, car la dimension religieuse revêt une signification spéciale aussi dans la vie d’un militaire ».

La vie militaire d’un chrétien, poursuivait le pape, « doit être mise en relation avec le premier et le plus grand des commandements, celui de l’amour envers Dieu et envers son prochain, car le militaire chrétien est appelé à réaliser cette synthèse selon laquelle il est possible d’être un militaire aussi par amour, en accomplissant le ministerium pacis inter arma».

En particulier, le pape a cité l’exercice de la charité « chez le soldat qui vient au secours des victimes de tremblements de terre et des inondations, qui assiste aussi des réfugiés, mettant à la disposition des plus faibles leur courage et leurs compétences ».

Mais cette charité apparaît aussi chez le « soldat engagé, à ses risques et périls, dans une opération de déminage dans les zones qui furent théâtres de guerre », et chez le militaire qui « dans le cadre des missions de paix, patrouillent dans les villes et territoires afin que leurs frères ne s'entretuent pas ».

« Nombreux sont les hommes et les femmes en uniforme pleins de foi en Jésus Christ », a relevé le pape. Des hommes et des femmes qui « aiment la vérité », qui veulent « promouvoir la paix », et s’engagent en vrais disciples à « servir leur nation », favorisant la promotion des droits fondamentaux de l’homme au sein des peuples.

C’est dans ce contexte, a insisté Benoît XVI, que s’inscrit le rapport entre le droit humanitaire et les aumôniers militaires, car « une réelle collaboration entre organisations humanitaires et responsables religieux est source d’énergies fécondes pour amoindrir la violence des conflits ».

« Nous avons tous sous les yeux combien la dignité humaine est souvent bafouée et la paix bouleversée par les blessures destructrices que produisent les guerres », a conclu le pape. Mais « il ne suffit pas de rétablir l’équilibre perdu » : « Il faut parcourir le chemin de la réconciliation et du pardon ».