Le pape reçoit le catholicos Aram Ier de Cilicie

Porter humblement les poids les uns des autres (texte intégral)

Rome, (Zenit.org) Pape François | 380 clics

« En disciples du Christ, nous devons apprendre à porter humblement les poids les uns des autres, nous aidant ainsi mutuellement à être davantage chrétiens, davantage disciples de Jésus », souligne le pape François lors d'une rencontre avec Aram Ier, catholicos de l’Église arménienne apostolique de Cilicie, ce jeudi 5 juin 2014, au Vatican.

Au cours de la rencontre, après l’entretien privé, Aram Ier et le pape François ont prononcé chacun un discours, qui a été suivi par un échange de cadeaux. Enfin, dans la chapelle Redemptoris Mater, ils ont eu un temps de prière en commun.

« Bienvenue sur le seuil des saints apôtres Pierre et Paul ! », a déclaré le pape François, rendant grâce pour « les relations fraternelles » entre les deux Églises et « leur progrès continuel ».

Il a également salué l’engagement du catholicos « pour la cause de l’unité entre les croyants dans le Christ » : « Vous avez joué des rôles de premier plan au Conseil œcuménique des Églises, et vous continuez d’offrir un soutien efficace au Conseil des Églises du Moyen-Orient dont le rôle est précieux auprès des communautés chrétiennes de la région, si éprouvées par bien des difficultés. »

« Sur ce chemin vers la pleine communion, nous partageons les mêmes espérances et le même engagement responsable, conscients de marcher ainsi dans la volonté du Seigneur Jésus-Christ », a-t-il ajouté, invitant à "voir et vénérer" les blessures de l’Église apostolique arménienne "comme les blessures du corps même du Christ".

Le pape a invité à la « confiance » et à « l'espérance », évoquant en particulier « nos frères chrétiens du Moyen-Orient » mais aussi les chrétiens qui risquent « de se perdre dans les déserts de l’indifférence et de l’oubli de Dieu, ou de vivre dans des conflits entre frères, ou de succomber à leurs luttes intérieures contre le péché ».

Il y a un mois, le pape François a reçu le patriarche suprême et Catholicos de tous les Arméniens, Karékine II, le 8 mai dernier, au Vatican (cf. Zenit du 8 mai 2014).

A.K.

Discours du pape François

Sainteté,
Chers frères dans le Christ,

Je suis particulièrement heureux de vous adresser, Sainteté, ainsi qu’aux membres de votre délégation, un salut cordial dans le Seigneur Jésus. Ma pensée s’étend en ce moment aux évêques, aux membres du clergé et à tous les fidèles du catholicossat de Cilicie. « À vous grâce et paix, de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ. » (Rm 1,7) Bienvenue sur le seuil des saints apôtres Pierre et Paul !

Il y a un mois, j’ai eu le plaisir de recevoir Sa Sainteté le catholicos Karekine II et aujourd’hui, j’ai la joie de rencontrer votre Sainteté, catholicos de la Grande Maison de Cilicie. Avec vous, je remercie le Seigneur pour les relations fraternelles qui nous unissent, pour leur progrès continuel, et je considère comme un authentique don de Dieu que nous puissions partager ce temps de rencontre et de prière commune.

L’engagement de Votre Sainteté pour la cause de l’unité entre les croyants dans le Christ est bien connu de tous. Vous avez joué des rôles de premier plan au Conseil œcuménique des Églises, et vous continuez d’offrir un soutien efficace au Conseil des Églises du Moyen-Orient dont le rôle est précieux auprès des communautés chrétiennes de la région, si éprouvées par bien des difficultés. Je ne voudrais pas oublier la contribution importante apportée par Votre Sainteté et par les représentants du catholicossat de Cilicie à la Commission mixte de dialogue entre l’Église catholique et les Églises orthodoxes orientales. Je suis heureux de dire que, sur ce chemin vers la pleine communion, nous partageons les mêmes espérances et le même engagement responsable, conscients de marcher ainsi dans la volonté du Seigneur Jésus-Christ.

Votre Sainteté représente une partie du monde chrétien profondément marquée par une série d’épreuves et de souffrances, acceptées courageusement par amour de Dieu. L’Église apostolique arménienne a été contrainte de devenir un peuple pèlerin, faisant ainsi l’expérience, de manière tout à fait singulière, d’être en chemin vers le Royaume de Dieu. L’histoire de l’émigration, de la persécution et du martyre de très nombreux fidèles a laissé des blessures profondes dans le cœur de tous les Arméniens. Nous devons les voir et les vénérer comme les blessures du corps même du Christ : et c’est justement pour cette raison qu’elles sont aussi le motif d’une incroyable espérance et de confiance dans la miséricorde prévoyante du Père.

Confiance et espérance : nous en avons tellement besoin. Nos frères chrétiens du Moyen-Orient en ont besoin, en particulier ceux qui vivent dans des zones ravagées par les conflits et la violence. Nous en avons besoin nous aussi, chrétiens qui n’avons pas à affronter de telles difficultés, mais qui risquons souvent de nous perdre dans les déserts de l’indifférence et de l’oubli de Dieu, ou de vivre dans des conflits entre frères, ou de succomber à nos luttes intérieures contre le péché. En disciples du Christ, nous devons apprendre à porter humblement les poids les uns des autres, nous aidant ainsi mutuellement à être davantage chrétiens, davantage disciples de Jésus. Marchons donc ensemble dans la charité, comme le Christ nous a aimés et s’est donné pour nous, s’offrant à Dieu en sacrifice d’agréable odeur (cf. Ép 5,1-2).

En ces jours qui précèdent la solennité de la Pentecôte, alors que nous nous apprêtons à revivre dans le mystère le miracle de la descente de l’Esprit-Saint sur l’Église naissante, invoquons avec foi l’Esprit, Seigneur et donateur de vie, afin qu’il renouvelle la face de la terre, qu’il soit la force qui guérit les blessures du monde et réconcilie le cœur de tous les hommes avec le Créateur.

Que ce soit lui, le Paraclet, qui inspire notre cheminement vers l’unité, que ce soit lui qui nous enseigne comment nourrir les liens de fraternité qui déjà nous unissent dans l’unique baptême et dans l’unique foi. J’invoque sur nous tous la protection de la Très Sainte Vierge Marie, la Toute Sainte, présente au Cénacle avec les apôtres, afin qu’elle soit pour nous la Mère de l’unité. Amen.

Traduction de Zenit, Constance Roques