Le pardon doit être intégré dans le discours international

Académie pontificale des sciences sociales : message de Benoît XVI

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Anne Kurian 

ROME, mercredi 2 mai 2012 (ZENIT.org) – Benoît XVI souhaite que le pardon soit intégré dans le discours international, dans son message aux participants de la 18e session plénière de l’Académie pontificale des sciences sociales, publié le 30 avril 2012.

L’Académie pontificale des sciences sociales était en effet réunie du 27 avril au 1er mai 2012, à l’approche du cinquantième anniversaire de la lettre encyclique Pacem in Terris du bienheureux Jean XXIII, en étudiant sa contribution pour la doctrine sociale de l’Eglise. Benoît XVI a adressé son message à la présidente de l’Académie, Mary Ann Glendon.

Le pardon, au niveau international

Citant Jean Paul II, Benoît XVI rappelle qu’il n’y a « pas de paix sans justice, pas de justice sans pardon ». C’est pourquoi, poursuit-il, « la notion de pardon doit trouver son chemin dans le discours international sur la résolution des conflits ».

Le pardon, précise-t-il, n’est pas un « déni de la faute », mais une « participation à l’amour de Dieu, qui guérit et transforme, qui réconcilie et restaure ». Dans les conflits, le pardon peut « transformer le langage stérile de la récrimination mutuelle qui ne mène nulle part »

« Les erreurs et les injustices historiques, insiste le pape, ne peuvent être surmontées que si les hommes et femmes sont inspirés par un message de guérison et d’espérance, un message qui offre un chemin vers l’avant, hors de l’impasse qui enferme trop souvent les peuples et les nations dans un cercle vicieux de violence ».

Le pardon est fondé sur l’affirmation que « la créature humaine est faite à l’image de Dieu, un Dieu de justice qui est "riche en miséricorde" (Ep 2,4) ». Dieu, en effet, souligne Benoît XVI, répond aux actes humains répréhensibles par « la combinaison de la justice et du pardon, de la justice et de la grâce ».

Par conséquent, ces qualités de Dieu « doivent être reflétées dans la conduite des affaires humaines ». Le pape exhorte à ce sujet à « avoir confiance » : la poursuite de « l’ordre établi par Dieu », c’est-à-dire « un monde où la dignité de chaque personne humaine reçoit le respect qui lui est dû », « portera du fruit ».

Le dialogue avec le monde

Pour Benoît XVI, l’encyclique du pape Jean XXIII est une "lettre ouverte au monde" : c’est, déclare-t-il « un appel sincère de la part d’un grand pasteur, proche de la fin de sa vie, afin que la cause de la paix et la justice soient vigoureusement promue à tous les niveaux de la société, nationalement et internationalement ».

L’encyclique est, encore aujourd’hui, un « puissant appel à entrer dans ce dialogue créatif entre l’Eglise et le monde, entre croyants et non-croyants ». Elle offre, poursuit le pape, « une vision chrétienne profonde de la place de l’homme dans le cosmos », confiante que le monde « a faim » de ce message, qui est pour tous, car « cette vérité est accessible à tous », à « tous les pèlerins de la vérité et de la paix ».

Aujourd’hui le paysage politique mondial a changé « de manière significative » depuis 1963, mais la vision offerte par Jean XXIII, affirme Benoît XVI, a « encore beaucoup à nous enseigner » pour faire face aux « nouveaux défis » pour la paix et la justice.