Le « Parvis des Gentils » bientôt à Palerme

La culture de l'illégalité menace le monde entier

| 1048 clics

ROME, lundi 23 janvier 2012 (ZENIT.org) – « Le Parvis des Gentils est un signe de culture contre la  dégradation du crime », souligne le conseiller italien, Giusto Sciacchitano, substitut du procureur anti-mafia, en Italie,  à l’approche de la prochaine étape du cycle de rencontres voulu par Benoît XVI pour faire entrer en dialogue croyants et non croyants.

Après Bologne, Paris, Bucarest, Florence, Tirana et Rome, le « Parvis des Gentils »,  sera à Palerme, en Sicile,  du 29 au 30 mars prochain.

Ce Parvis des gentils – référence au parvis du Temple de Jérusalem réservé aux païens dans  – sera l’occasion d’aborder un autre thème qui interroge le monde contemporain : la mafia et le problème du crime organisé dans son ensemble.

« Aujourd’hui ce problème est un problème culturel, politique, économique, universel », souligne Giusto Sciacchitano de la Direction nationale anti-mafia dans un entretien accordé à Radio Vatican. Et « il doit être certes combattu par des moyens juridiques mais en utilisant également la culture comme outil privilégié pour contraster une autre culture : ‘l’in-culture’ ».  

A Palerme, carrefour de cultures et traditions mais également lieu et symbole de la lutte contre le crime organisé, une rencontre culturelle comme celle-ci, estime l’expert, où il est question de voir comment il est possible de changer l’homme en profondeur,  « peut être, à deux niveaux, d’une grande importance ».

Tout d’abord, explique-t-il, au regard de la réalité historique de la Sicile, dominée, au fil des siècles, par tant de peuples différents, par leurs cultures, leurs traditions , leurs systèmes différents, pour lesquels et avec lesquels « il a bien fallu dialoguer », ce dialogue est devenu « une habitude ».

Mais il y a aussi le fait que Palerme et la Sicile, qui est au centre de la mafia, est également la capitale, reconnue par les Nations Unies, de l’anti-mafia, ajoute-t-il, rappelant que c’est à Palerme qu’a été signé la Convention des Nations unies contre la criminalité organisée.

Ces deux aspects, poursuit Giusto Sciacchitano, qui sont formateurs d’une culture, au plan local mais également mondial, appellent à une « vision universelle », et cette rencontre du Parvis des Gentils à Palerme, est l’occasion de regarder vraiment ce qui se passe dans le monde entier.

Le substitut du procureur anti-mafia en Italie relève à ce propos qu’il suffit de voir la situation en Extrême Orient, dans les pays d’Amérique du sud, en Europe de l’est, dans la région des pays Balkans, par lesquels  passent tous les trafic illicites de divers groupes organisés, pour comprendre que le problème est « absolument mondial » et qu’il mérite « toute notre attention ».

Isabelle Cousturié