Le patriarche de Moscou met des conditions à la visite du pape en Russie

Il exige de mettre fin au "prosélytisme" et de résoudre le problème de l´Ukraine

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ROME, lundi 14 mai 2001 (ZENIT.org) – Le patriarche orthodoxe de Russie, Alexis II, a rappelé que Jean-Paul II ne pourrait se rendre en Russie tant que les problèmes entre l´Eglise catholique et l´Eglise orthodoxe nés après la renaissance publique des communautés catholiques dans l´ex Union Soviétique, n´auront pas été résolus.



Le chef religieux russe a fait cette déclaration hier, alors qu´il inaugurait une rencontre pour la jeunesse orthodoxe à Moscou, une semaine après le voyage de Jean-Paul II en Grèce, pays à majorité orthodoxe. L´Eglise orthodoxe grecque est proche de l´Eglise russe.

On parle beaucoup d´un éventuel voyage du pape à Moscou, devant l´imminence de sa visite en Ukraine (23-27 juin). L´Ukraine est le berceau du christianisme russe.

Selon le patriarche russe, parmi les problèmes à résoudre il y a "la situation inégale des orthodoxes et des catholiques dans l´ouest de l´Ukraine" et "le prosélytisme catholique en Biélorussie, en Ukraine, en Russie et au Kazakhstan".

Le patriarche rappelle que l´Eglise orthodoxe d´Ukraine, qui est fidèle au patriarcat de Moscou, s´est opposée à la visite du pape en Ukraine. Celle-ci s´est par ailleurs prononcée contre la restitution des églises confisquées par Staline aux gréco-catholiques (chrétiens de rite oriental fidèles à Rome) et données aux orthodoxes, à leurs premiers propriétaires.

La Roumanie est en train de résoudre ce problème grâce à la création d´une Commission mixte formée par des représentants catholiques et orthodoxes. La visite du pape en Roumanie, en mai 1999 a permis de faire de grands pas vers la réconciliation. Le Saint Père est en effet persuadé que le dialogue et la connaissance mutuelle peuvent aider à retrouver l´unité. D´où son désir de se rendre également à Moscou.

La deuxième accusation concerne le "prosélytisme", depuis la renaissance des communautés catholiques dans les pays de l´est après la persécution communiste. Certains courants de la théologie orthodoxe considèrent en effet que les pays orthodoxes ne peuvent accueillir que des croyants orthodoxes.

Lors de sa visite en Grèce, le pape Jean-Paul II a signé avec l´archevêque d´Athènes, S.B. Cristodoulos, une déclaration conjointe dans laquelle ils affirment: "Nous condamnons tout recours à la violence, au prosélytisme et au fanatisme au nom de la religion. Nous affirmons en particulier que les relations entre chrétiens, dans toutes leurs manifestations, doivent être empreintes d´honnêteté, de prudence et de connaissance des questions en cause".