Le postulateur de sa cause évoque le cardinal von Galen, opposant à Hitler

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CITE DU VATICAN, Jeudi 23 décembre 2004 (ZENIT.org) – Pie XII a créé cardinal l’archevêque de Münster, Clemens August von Galen (1878-1946), pour son opposition ouverte à Hitler.



Le cardinal allemand sera bientôt bienheureux, comme nous l’indiquions lundi dernier, à la suite de l’authentification, par la Congrégation pour les Causes des saints, d’un miracle dû à son intercession (cf. Zenit, 20 décembre).

L’archevêque a été surnommé « le lion de Münster » pour son opposition courageuse au régime hitlérien en faveur des persécutés, en particulier les personnes handicapées, éliminées systématiquement par euthanasie, et des Juifs.

Pour cela, Pie XII le créa cardinal en 1945: il mourut peu après des suites d’une péritonite.

Radio Vatican a interrogé à son sujet le postulateur de sa cause de béatification, l’avocat Andrea Ambrosi.

Celui-ci souligne que le cardinal von Galen a subi de nombreuses intimidations de la part du régime : il a été en pratique une épine dans le flanc de Hitler, mais Hitler n’a pas pu le tuer, comme lui et les autres autorités l’auraient voulu, parce qu’il était une personne trop en vue et parce qu’il avait de son côté les catholiques de Westphalie, la région la plus riche et importante d’Allemagne ».

Il précisait : « Pie XII l’a toujours suivi, l’a toujours admiré, et finalement, il a voulu le récompenser pour tout ce qu’il avait fait sous le régime national-socialiste, en le faisant cardinal. En effet, Münster n’était pas et n’est toujours pas aujourd’hui, un siège cardinalice, mais c’est justement parce qu'il s'est opposé avec tant de rigueur et tellement de succès à Hitler, au moins en cherchant à bloquer comme il le pouvait les assassinats, les persécutions, que Pie XII l’a créé cardinal. En le recevant à Rome, il a dit publiquement, en la basilique Saint-Pierre, qu’il embrassait en lui un héros. Les applaudissements qui ont été réservés au cardinal von Galen à son entrée dans la basilique Saint-Pierre, ont été les plus longs et les plus affectueux de tous ».

Pour ce qui est de la spiritualité de von Galen, Andrea Ambrosi soulignait : « Il voyait dans l’aspiration à une vie sainte, la fin la plus haute que l’homme puisse poursuivre sur la terre, et donc, ce n’est pas étonnant que sa vie ait été une lutte contre les abus et contre tous les persécuteurs de l’Eglise. Il jugeait pratiquement tous les événements de sa vie, si l’on peut dire, sub specie aeternitatis, c’est tout en fonction de l’acquisition de la récompense divine ».

Aujourd’hui, souligne l’avocat, le cardinal von Galen, « est toujours considéré, cinquante ans après sa mort, comme l’un des plus grands évêques ayant jamais existé, dans toute la Nation, et pas seulement comme un grand évêque, mais aussi comme l’un des plus grands hommes d’Allemagne. Il occupe une place irremplaçable dans la conscience historique dans toute l’Allemagne : on l’a vu lors de l’annonce du décret qui prépare la voie à sa béatification : tous les catholiques d’Allemagne ont exulté parce qu’ils ont reconnu, même après tant d’années, ses très hauts mérites ».