Le premier acte de paix du chrétien : l'annonce du Christ

Message de Benoît XVI, lecture de Mgr Toso

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Anne Kurian

ROME, mardi 18 décembre 2012 (Zenit.org) –  « La paix, et l’éducation à la paix, dépendent principalement d’une nouvelle évangélisation », déclare Mgr Toso en commentant le message de Benoît XVI pour la 46e Journée mondiale de la paix (1er janvier 2013). C'est pourquoi « le premier acte de justice » du chrétien en vue de la réalisation de la paix est « l’annonce de Jésus-Christ à tous ».

La présentation de ce message a eu lieu le jour de sa publication, le 14 décembre dernier au Vatican, par Mgr Mario Toso, S.D.B., secrétaire du Conseil pontifical « Justice et Paix », le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du dicastère (cf. Zenit du 14 décembre 2012) et Mme Flaminia Giovanelli, sous-secrétaire.

Selon Mgr Toso, le message de Benoît XVI est en « parfaite continuité » avec le synode pour la nouvelle évangélisation d’octobre dernier : il y affirme en effet que la « nouvelle annonce de Jésus-Christ », est « premier et principal facteur » de la paix.

Le facteur principal de la paix

 « La paix, et l’éducation à la paix, dépendent principalement – même si ce n’est pas exclusivement – d’une nouvelle évangélisation », ajoute l’évêque, expliquant que « de la communion des hommes avec Dieu, rendue possible par l’incarnation de Jésus Christ et par la foi en Lui », dérivent « une nouvelle vision des rapports entre personnes et institutions, une nouvelle morale, de nouvelles cultures, de nouvelles échelles de valeur, de nouveaux choix, de nouvelles attitudes et styles de vie, un nouvel humanisme ».

Mgr Toso estime en ce sens que la foi au Christ renverse « les théories subjectivistes et pragmatiques », selon lesquelles les rapports de cohabitation sont inspirés par « des critères de pouvoir et profit », et où « la vie et l’éducation sont centrées principalement sur le succès, sur la technique et sur l’efficacité ».

Concrètement, poursuit-il, la communion de l’homme avec Dieu habilite à « être artisan de paix selon Dieu », et avec « la certitude de ne pas être seul dans la vocation pour la paix » car « Dieu est impliqué avec les hommes dans l’histoire pour faire naître une «nouvelle création» et une nouvelle humanité ».

Elle permet aussi d’être artisan de la paix « comme un «nous» communautaire, comme famille humaine » et d’oeuvrer pour une cohabitation qui dépasse le « relativisme » affranchi de la « loi morale naturelle écrite dans la conscience de tout homme ».

Ce qui est fondamental car « la mesure du fondement de la paix n’est pas donnée d’abord par l’homme mais par Dieu », fait observer Mgr Toso.

En définitive, insiste-t-il, « le premier acte de justice » du chrétien en vue de la réalisation de la paix est « l’annonce de Jésus-Christ à tous ».

Le désir d’une vie en plénitude

Pour Mgr Toso, le message est également « en continuité avec les précédents magistères », pour lesquels « la paix était étroitement liée au développement intégral de tous les hommes et de tous les peuples ».

C’est pourquoi, précise-t-il, la voie de réalisation de la paix est « le respect et la promotion de la vie humaine, dans tous ses aspects, à commencer par sa source, puis son développement jusqu’à sa fin naturelle ».

Les véritables opérateurs de paix sont donc « ceux qui aiment et servent la vie humaine dans son intégralité, dans toutes ses dimensions : personnelle, communautaire, transcendante », ajoute-t-il, faisant remarquer que le pape souhaite encourager la réconciliation des « groupes en faveur de la vie » et des « groupes qui militent pour la paix, sans «passion» pour la défense de la vie humaine, de son éclosion à son déclin ».

En ce domaine, la politique est concernée, car « la mise en œuvre du bien commun et de la paix est liée aux droits et devoirs de l’homme ». Le message déplore à ce propos « quelques graves lacunes et incongruités » dans les politiques actuelles, qui par la libéralisation de l’avortement ou l’euthanasie, « attentent à la vie des plus faibles », constate l’évêque.

Les droits sociaux sont également importants, parmi lesquels « le droit au travail », qui est « fondamental » et non « marginal », rappelle-t-il.

Nouveau modèle de développement

La voie concrète pour la paix et le bien commun est « la réalisation d’un nouveau modèle de développement et d’économie », déclare Mgr Toso par ailleurs, soulignant que Benoît XVI met l’accent sur la crise alimentaire, « bien plus grave que la crise financière ».

Alors que le monde fait face à un « accroissement de la pauvreté », le thème de l’accès et de la disponibilité de la nourriture au niveau mondial « s’impose toujours plus, face aux phénomènes de l’augmentation des prix, des spéculations sur les denrées alimentaires, du land grabbing ».

En l’occurrence, poursuit Mgr Toso, le message « indique une perspective globale de solution » : tous les sujets sociaux doivent être mobilisés – société civile, communauté internationale – pour des « réformes du système commercial international, et de la politique agricole », en mettant les agriculteurs « au centre ».

Il s’agit de renforcer « leurs moyens » et « leur capacité d’organisation » et de les mettre « en condition de pouvoir accomplir leur activité de façon digne et durable ».