Le président des médecins catholiques encourage l’objection de conscience dans certains débats

« Améliorer le monde : c’est le devoir des laïcs », affirme le docteur Simón

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ROME, Vendredi 16 mars 2007 (ZENIT.org) – Selon le président de la Fédération internationale des Associations de Médecins catholiques (FIAMC), Josep Maria Simón Castellví, « face à des actes que la personne répugne à commettre » l’objection de conscience devient un « dernier recours ».



Zenit a profité du récent séjour à Rome du président de la FIAMC, pour revenir avec lui sur un thème évoqué par Benoît XVI dans son discours aux membres de l’Académie pontificale pour la Vie (PAV), à l’issue du Congrès international intitulé « La conscience chrétienne en soutien du droit à la vie », qui a eu lieu à Rome les 23-24 février.

Selon le docteur Simón, médecin à Barcelone, en Espagne, « l’objection de conscience est un dernier recours pour ne pas se voir impliquer dans des actes que l’on répugne à commettre ».

« Il faut aussi veiller à ce que personne ne commette ces actes : s’ils sont incorrects pour moi, ils le sont pour les autres – a-t-il ajouté –. Le fait que tant de personnes fassent acte d’objection signifie que beaucoup de droits humains sont bafoués, comme celui du droit de vivre ».

Au Congrès de la PAV – qu’il a pu suivre en tant qu’invité –, le Dr. Simón se souvient que les participants « s’arrêtaient sur certains faits particuliers. Un fait étonnant par exemple a retenu leur attention : il est très rare de trouver un pays d’Europe, pourtant soi-disant démocratique, où les gynécologues aient la possibilité de se former sans devoir pratiquer d’avortements ».

Le pape, tout en appelant à la formation d’une conscience authentique, a déclaré aux membres de la PAV que le pouvoir des plus forts semble parfois paralyser les personnes de bonne volonté. Selon le Dr. Simón, « le pouvoir suscite un acte de complicité dès l’instant où il veut assujettir les bons parce que ceux-ci se taisent et laissent faire ».

« Nombreuses sont les personnes, surtout les jeunes, qui se rebellent contre cette situation et refusent de se conformer à une société qui, d’une certaine manière, nous anesthésie par le confort et le bien-être ; entrave nos efforts visant à défendre les faibles », a-t-il relevé.

« Il faut suivre la conscience – poursuit le Dr. Simon –. Mais il faut aussi la surveiller (elle peut tomber malade !): notre conscience doit être formée et bien informée ; elle doit être en permanence affûtée, comme un instrument de haute précision ».

« Améliorer le monde : c’est le devoir des laïcs – a-t-il ajouté –. Nous ne pouvons prétendre que la hiérarchie de l’Eglise puisse tout faire ».

« C’est à nous les laïcs que revient cette tâche. A nous de nettoyer cette terre, nous les laïcs qui sillonnons ses rues ».

« Nous tous, les laïcs, nous devons prier, faire des sacrifices, suivre les grandes lignes de conduite que Dieu trace pour nous à travers le Magistère – a conclu le Dr Simon –; et travailler, travailler inlassablement ».