Le prêtre doit apprendre à parler le langage du monde, estime le card. Hummes
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ROME, Mercredi 3 juin 2009 (ZENIT.org) - A quelques jours du lancement de l'année sacerdotale, le 19 juin prochain, le cardinal Cláudio Hummes, préfet de la Congrégation pour le clergé, a invité tout prêtre « à comprendre et à parler le langage du monde pour être écouté et compris ».
Dans une interview publiée le 3 juin dans L'Osservatore Romano, il a évoqué la difficulté de cette mission dans une société « dominée par un laïcisme parfois féroce contre l'Eglise ».
Il est important que « le prêtre se sente bien dans l'Eglise » et que l'on réunisse « toutes les conditions » pour lui permettre de donner « un témoignage sain et réel dans une société qui présente tant de défis à affronter », a tout d'abord expliqué le cardinal Hummes.
Pour cela, il a évoqué l'importance de poursuivre le « discernement durant tout le chemin d'accueil jusqu'à l'ordination », ainsi que de « soigner la formation permanente » pour « donner aux consacrés les moyens et donc la possibilité de rester dans le monde qu'ils sont appelés à évangéliser ». Cela signifie aider le consacré « à connaître, à comprendre et à parler le langage du monde pour être écouté et compris », a ajouté le haut prélat.
Mais « cette société si bouleversée et toujours plus éloignée du Christ sera-t-elle encore capable de recevoir le témoignage du prêtre ? », s'est-il demandé. « Je suis optimiste en ce sens, parce que la foi, notre foi, nous veut optimistes et confiants ».
« Le prêtre peut et doit être un instrument pour transmettre cette foi aux gens de son époque », a insisté le cardinal Hummes. « Peut-être est-ce plus difficile aujourd'hui qu'à l'époque ». Mais « ce qui est certain, c'est que les jeunes d'aujourd'hui ne connaissent que cette société, cette culture ». « Ils n'ont expérimenté que celle-ci ». « Et nous devons nous insérer dans cette société pour les atteindre », a-t-il souligné, en reconnaissant que « cela est difficile ».
Pour le cardinal Hummes, « la culture d'aujourd'hui est principalement relativiste, dominée par un laïcisme parfois féroce contre l'Eglise et contre tout ce qui la représente ». « Dieu est tenu éloigné, la religion raillée », a-t-il dénoncé. « Mais je crois que dans cette société aussi, qui s'autodéfinit comme post-chrétienne, il est possible de faire connaître le Christ, de favoriser la rencontre personnelle avec le Christ ». « Il faut chercher quelque chose de différent de l'approche doctrinale et morale », a-t-il affirmé.
Marine Soreau


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