Le rabbin Rosen rend hommage à Benoît XVI

Le pape "qui a affermi les relations avec les juifs"

Rome, (Zenit.org) | 1163 clics

Dans la communauté juive, Benoît XVI « sera toujours considéré comme l’homme qui a affermi les innovations de Jean-Paul II », son pontificat sera celui qui a « affermi les conquêtes extraordinaires du rapport entre juifs et catholiques », déclare le rabbin Rosen.

Le rabbin David Rosen, conseiller du grand rabbinat d’Israël, directeur du « Département pour les affaires interreligieuses du Comité juif américain » (« American Jewish Committee », AJC) et de « l'Institut Heilbrunn pour la Compréhension internationale interreligieuse » (Israël), revient sur la renonciation de Benoît XVI au micro de Radio Vatican.

« J'ai fortement surpris par l’annonce », même si à la réflexion, cette décision ne n'était pas « étrangère », à Benoît XVI qui « avait déjà dit par le passé que si un pape n’était pas dans les conditions de de pouvoir exercer sa charge de façon adéquate, il devrait pouvoir se démettre », explique le rabbin.

Il estime que « c’est une décision courageuse », qui montre « une approche sincère du Pontificat comme un service » : « ce n’est pas une approche autoritaire, mais une approche qui voit la responsabilité du service à sa communauté, à ses fidèles et au monde ».

« Je pense que le pape Benoît a cherché de façon suprême à être cohérent, de ce point de vue », ajoute-t-il.

Dans la communauté juive, poursuit le rabbin, « il sera toujours considéré comme l’homme qui a affermi les innovations de Jean-Paul II », son pontificat sera celui qui a « affermi les conquêtes extraordinaires du rapport entre juifs et catholiques ».

Pour le rabbin, ce point est « très important », parce qu’auparavant « on aurait pu dire que les actions de Jean-Paul II étaient caractéristiques d’un homme qui avait une histoire personnelle particulière, d’implication avec la communauté juive depuis le début ».

Or, « Benoît XVI a fait la même chose », et « peut-être même est allé plus loin par certains aspects de son engagement personnel », fait-il observer, citant sa visite en Israël où « il est allé plus loin dans la question des rapports interreligieux, dans l’encouragement à la collaboration interreligieuse ».

En fin de compte, Benoît XVI est le pape qui a « tressé ses actions dans la structure de l’Eglise »: en effet, elles n’ont pas été « les actions d’un individu », mais « l’œuvre de l’Eglise ». De ce point de vue, souligne le rabbin, « il constitue une sorte de modèle pour son successeur ».

Et même s’il constate « une grande différence dans leurs personnalités » car Jean-Paul II était « très extraverti, un grand communicateur, l’homme du peuple » alors que « Benoît XVI est un professeur, plus à l’aise dans le monde des idées et des livres », pourtant « cela ne signifie pas qu’il soit moins impliqué et sincère dans ses actions ».

Pour conclure, le rabbin formule deux souhaits pour l’avenir : « En tant qu'ami de l’Eglise, mon premier souhait est que l’Eglise soit conduite avec le même engagement que ces derniers temps. Comme rabbin, je prie pour que le successeur de Benoît XVI soit une personne qui ressente, dans le domaine du dialogue interreligieux, ce qu’ont ressenti Benoît XVI et Jean-Paul II ».

Benoît XVI avait notamment reçu le rabbin Rosen en octobre 2010 (cf. Zenit du 14 octobre 2010).