Le rapprochement catholique-orthodoxe

20 ans après l’effondrement de l’Union soviétique

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ROME, Jeudi 20 janvier 2011 (ZENIT.org) - Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, le cardinal Kurt Koch, et le responsable pour les questions extérieures du patriarcat orthodoxe de Moscou, le métropolite Hilarion Alfeyev, discuteront du rapprochement catholique-orthodoxe, 20 ans après l'effondrement de l'Union soviétique.



Les discussions auront lieu le 19 mars prochain au centre des congrès de Würzburg (Allemagne), lors d'une table-ronde prévue dans le cadre du IVème congrès international « Point de rencontre : Eglise universelle », organisé par l'association catholique Aide à l'Eglise en détresse (AED).

Le président de l'AED Allemagne, Antonia Willemsen, assistera au débat ainsi que le responsable de la section russe de l'AED International, Peter Humeniuk. Le modérateur sera Stefan Baier, rédacteur du quotidien catholique de Würzburg, « Die Tagespost .

Le 10 janvier dernier, Antonia Willemsen et Peter Humeniuk se sont rendus à Rome pour informer le cardinal Koch du travail accompli jusqu'ici par l'AED en Russie.

Le cardinal Koch s'est félicité de l'initiative, soulignant son vif intérêt de rencontrer le métropolite Hilarion, qu'il connaît et estime depuis des années, et qu'il a confiance dans l'évolution de ce dialogue.

Antonia Willemsen a indiqué que l'Association AED, à la demande du pape Jean-Paul II, s'était toujours efforcée de collaborer avec « l'Eglise sœur orthodoxe russe » depuis la chute du communisme, sans pour autant mettre de côté l'aide à l'Eglise catholique russe.

Le dialogue aujourd'hui

Actuellement l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe débattent de la question du primat de l'évêque de Rome.

Comme l'a expliqué le cardinal Koch en novembre dernier lors d'une assemblée plénière du dicastère qu'il préside, « une ecclésiologie liée à la culture nationale et une ecclésiologie catholique orientée vers le concept d'universalité se trouvent face à face, jusqu'ici en désaccord ».

Tandis que pour Paul VI la question représentait le « plus grand obstacle » à la recomposition de la pleine communion, « aux yeux du pape actuel elle constitue une plus grande opportunité pour l'union », a expliqué le cardinal.

Selon la pensée de Benoît XVI, « sans primat, l'Eglise catholique aussi se serait effritée depuis longtemps en Eglises nationale et sui iuris, ce qui aurait embrouillé et compliqué le paysage œcuménique ».

Selon le cardinal Koch, il serait nécessaire maintenant que « d'un côté l'Eglise catholique approfondisse davantage l'idée que le primat de l'évêque de Rome n'est pas un simple appendice juridique extérieur à l'ecclésiologie eucharistique, mais un élément dont le fondement est précisément celui-ci ».

D'un autre côté, « l'Eglise orthodoxe devrait affronter avec détermination le problème de l'autocéphalie, car celui-ci est d'une importance capitale pour son avenir et pour l'œcuménisme, et chercher des solutions adéquates pour récupérer sa propre unité interne et sa capacité à agir de manière concertée ».

Le dialogue œcuménique a fait ces dernières décennies des pas encourageants concernant l'ecclésiologie en général et le primat de l'évêque de Rome en particulier.

En ce sens, le cardinal Koch a souligné l'importance du travail de la commission théologique mixte catholique et orthodoxe ces dernières années.