Le récit de la vocation de Nathanaël, un « Israélite sans détour »

Catéchèse de Benoît XVI

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ROME, Mercredi 4 octobre 2006 (ZENIT.org) – Le récit de la vocation de l’apôtre Nathanaël que le Christ appelle dans l’Evangile un « Israélite sans détour », met en évidence la relation du Christ « au Père » et du Christ « au Peuple d’Israël », explique Benoît XVI. Il montre aussi, souligne le pape, comment tout chrétien est appelé à s’engager « dans une relation personnelle avec Jésus ».



Le pape Benoît XVI a tenu l’audience générale du mercredi place Saint-Pierre en dépit d’une petite pluie fine : imperméables et parapluies étaient de rigueur pour les quelque 40.000 visiteurs du monde entier. Mais le mauvais temps n’avait pas pour autant découragé une fanfare bavaroise et les cuivres sonnaient bien. Le pape, arrivé de Castel Gandolfo la voix rauque, a cependant lu tout le texte de sa catéchèse en italien, les synthèses en français, anglais, allemand, espagnol, ainsi que ses salutations en portugais, polonais hongrois, slovaque, croate et en italien.

Le pape a centré sa catéchèse sur la personne de l’apôtre Barthélemy. En effet, on se souvient que depuis le mois de mars, le pape consacre ses catéchèses du mercredi au rapport de communion entre le Christ et l’Eglise, et c’est dans ce cadre que depuis le mois de mai Benoît XVI s’arrête à chacune des figures concrètes du collège des douze apôtres.

« Jésus, expliquait le pape, est reconnu dans sa relation particulière avec le Père, dont il est le Fils unique, ainsi que dans sa relation au Peuple d’Israël, dont il est déclaré roi, ce qui est la caractéristique du Messie attendu ».

Le pape a déclaré, en français : « Parmi les apôtres appelés par Jésus, Barthélemy retient aujourd’hui notre attention. De lui, nous savons peu de choses. Son nom apparaît seulement dans les listes des Douze présentes dans le Nouveau Testament. Il est traditionnellement identifié avec Nathanaël, dont le prénom signifie ‘Dieu a donné’ ».

Il rappelait aussi que, « originaire de Cana, il a sans doute été témoin du grand ‘signe’ accompli par Jésus en ce lieu » : dans l’évangile de Jean le récit du ‘signe’ des noces de Cana suit immédiatement le dialogue entre Jésus et Nathanaël.

Benoît XVI commentait ensuite aussi le dialogue précédent, entre Philippe et Nathanaël, et la façon dont celui-ci est invité à rencontrer Jésus de Nazareth : « On se souvient de sa réponse à Philippe, lui annonçant que Jésus de Nazareth est le Messie. ‘De Nazareth ! Peut-il sortir de là quelque chose de bon ?’ ‘Viens et tu verras’, lui répondra Philippe, l’invitant comme nous aujourd’hui à s’engager dans une relation personnelle, intime et profonde avec Jésus ».

En italien, le pape ajoutait : « Dans notre relation à Jésus, nous ne devons pas nous contenter des seules paroles », car « notre conscience a besoin d’une expérience vivante ».

« Le témoignage d’autrui, précisait le pape, est certainement important, parce que normalement, toute notre vie chrétienne commence par l’annonce qui nous parvient grâce à un ou plusieurs témoins . Mais nous devons ensuite nous engager personnellement dans une relation intime et profonde avec Jésus ».

Le texte de l’Evangile lu au début de l’audience était tiré du premier chapitre de l’évangile selon saint Jean (1, 55-49). Il s’agit du passage où l’apôtre Philippe rencontre Nathanaël, et lui dit : « Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph ».

Saint Jean rapporte : « Nathanaël lui dit : Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? Philippe lui répondit : Viens, et vois. Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui : Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n'y a point de fraude. D'où me connais-tu ? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit : Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. Nathanaël répondit et lui dit : Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. Jésus lui répondit : Parce que je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et il lui dit : En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme ».

Benoît XVI a commenté ce dialogue en soulignant la confession de foi de Nathanaël dans l’identité du Christ : « Le passage de l’Evangile de Jean que nous venons d’entendre nous rapporte la profession de foi de Nathanaël : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu, c’est toi le Roi d’Israël ! » (Jn 1, 49). Les paroles de Nathanaël mettent en lumière deux aspects complémentaires et inséparables de l’identité de Jésus : Jésus est reconnu dans sa relation particulière avec le Père, dont il est le Fils unique, ainsi que dans sa relation au Peuple d’Israël, dont il est déclaré roi, ce qui est la caractéristique du Messie attendu ».

Faisant remarquer, en italien, que nous avons peu de données quant à l’activité apostolique de Barthélemy-Nathanaël, le pape citait cependant l'historien Eusèbe au IVe siècle, selon lequel « un certain Panteno aurait trouvé jusqu'en Inde les signes d'une présence de Barthélemy » (cf. Hist. eccl. V, 10, 3).

« Dans la tradition postérieure, à partir du Moyen Âge, s'imposa le récit de sa mort par écorchement, qui devint ensuite très populaire. Il suffit de penser à la très célèbre scène du Jugement dernier dans la Chapelle Sixtine, dans laquelle Michel-Ange peignit Barthélemy qui tient sa propre peau dans la main gauche, sur laquelle l'artiste laissa son autoportrait », faisait observer le pape.

Enfin, Benoît XVI rapportait également ce fait de l’histoire romaine : « Ses reliques sont vénérées ici à Rome, dans l'église qui lui est consacrée sur l'Ile Tibérine, où elles furent apportées par l'empereur allemand Otton III en l'an 983 ».

En français, le pape concluait par cette salutation : « Je salue cordialement les pèlerins francophones présents ce matin. Puisse la figure de l’apôtre Barthélemy vous inviter, dans le quotidien de vos vies, à témoigner du Christ, lui qui vous appelle à lui consacrer toute votre existence ! »