Le saint, celui qui "diminue, diminue, diminue..."

Homélie du matin, 9 mai 2014

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1016 clics

Le saint « diminue, il diminue, il diminue… » car « la première règle de la sainteté » est « l'humiliation, pour que le Seigneur grandisse », déclare le pape François lors de la messe de ce matin, 9 mai 2014, à Sainte-Marthe.

Le pape a commenté la première lecture, qui raconte la conversion de saint Paul (Ac 9,1-20) : le Christ choisit Saul, un persécuteur de l’Église, dans lequel « il fait sentir sa puissance ». Saul « devient aveugle et il devient comme un enfant : il obéit !... c’est une autre vie ».

La différence entre les héros et les saints

C'est « la première règle de la sainteté : il faut que le Christ grandisse et que nous diminuions... notre humiliation, pour que le Seigneur grandisse ». Le saint « diminue, il diminue, il diminue… ».

Paul « finit sa vie avec un petit groupe d’amis ici, à Rome » : « un matin, des soldats sont allés chez lui, ils l’ont emporté et lui ont coupé la tête. Tout simplement. Le grand, celui qui avait voyagé dans le monde entier, a fini comme cela. »

« La différence entre les héros et les saints, c’est le témoignage, l’imitation de Jésus-Christ. Aller sur la voie de Jésus-Christ, celle de la croix ». C’est le parcours de toute sainteté : « porter sa croix tous les jours, la croix ordinaire, la croix simple, et laisser grandir Jésus ».

Celui qui ne se laisse pas « convertir le cœur par cette route de Jésus », celui qui « n’emprunte pas cette voie », ne sera pas saint.

« Beaucoup de grands saints finissent très humblement », a fait observer le pape : « Je pense aux derniers jours de saint Jean-Paul II… Nous l’avons tous vu. Il ne pouvait pas parler, le grand athlète de Dieu, le grand guerrier de Dieu finit comme cela : annihilé par la maladie, humilié comme Jésus. C’est le parcours de sainteté des grands. »

Personne ne peut se sanctifier soi-même

Si tous les hommes sont pécheurs, « comment l'Eglise peut-elle être sainte ? », s'est demandé le pape : « Elle est l’épouse de Jésus-Christ qui l’aime, qui la sanctifie tous les jours par son sacrifice eucharistique. »

De même les baptisés « se sanctifient par leur appartenance à l’Église » : en tant que « fils de l’Église », ils sont sanctifiés par « leur Mère l’Église, par son amour, par les sacrements de son époux ».

En réalité, « être saint, ce n’est pas faire le fakir ou quelque chose de ce genre… Non ! Ce n’est pas cela ! La sainteté est un don de Jésus à son Église ».

Pour montrer cela, le Christ « choisit les personnes dans lesquelles son œuvre de sanctification est claire... pour montrer que c’est lui qui sanctifie, que personne ne peut se sanctifier soi-même, qu’il n’y a pas de cours pour devenir saint. »

Dans l’Évangile, on trouve plusieurs exemples de « sanctification claire » : « Madeleine, de qui Jésus avait chassé sept démons ; Matthieu, qui était un traître à son peuple et qui prenait l’argent pour le donner aux Romains ; Zachée... »

Avec une traduction d'Hélène Ginabat