Le Saint-Siège à l’ONU : le droit à la nourriture est un droit fondamental

Intervention de Mgr Silvano M. Tomasi

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ROME, Mardi 15 mars 2011 (ZENIT.org) - L'observateur permanent du Saint-Siège auprès du Bureau des Nations Unies à Genève, Mgr Silvano M. Tomasi, a invité les gouvernements et les pays intéressés à une « action vigoureuse » pour améliorer le problème de la faim dans le monde. « L'insécurité alimentaire n'est pas inévitable », a-t-il affirmé le 8 mars dernier.

« Le droit à la nourriture est un droit fondamental parce qu'il est intrinsèquement lié au droit à la vie », a estimé Mgr Tomasi, en déplorant qu'environ un milliard de personnes ne jouissent pas de ce droit. Le défi de la communauté mondiale est « de s'occuper d'un des défis les plus graves de notre temps : libérer de la faim des millions d'êtres humains dont la vie est en danger par manque de pain quotidien », a-t-il affirmé en reprenant les paroles de Benoît XVI.

« Il existe des solutions pour améliorer la situation, mais elles demandent une action vigoureuse de la part des gouvernements et des peuples des pays intéressés. On attend aussi que la communauté internationale agisse », a-t-il souligné.

En premier lieu, a-t-il observé, « il faut reconnaître et renforcer le rôle central de l'agriculture dans l'activité économique ». « Il faut des investissements pour améliorer la productivité dans le secteur des semences, de la formation et du partage des instruments de culture et des moyens de commercialisation. Il faut aussi des changements structurels selon la spécificité des Etats », comme ceux de « garantir la sécurité de la propriété d'une terre aux cultivateurs ».

Mgr Tomasi a aussi évoqué l'importance de « garantir des flux alimentaires à ceux qui en ont besoin ». « La crise alimentaire actuelle - a-t-il expliqué - a démontré que certaines régions affrontent des carences graves, et dans des régions qui traditionnellement produisent de la nourriture, les provisions sont maintenant épuisées ou limitées ». Des circonstances qui « impliquent de fortes restrictions de l'aide alimentaire en situation d'urgence ».

Dans son intervention, le prélat a invité à lutter contre l'instabilité des prix « qui a un impact très fort sur la sécurité alimentaire, pour différentes raisons : les prix élevés rendent les produits alimentaires inaccessibles aux pauvres et les prix bas donnent aux cultivateurs des informations erronées sur les jeunes plantes nécessaires pour la récolte de l'année suivante ».

« La nourriture ne peut être une question de spéculation ou un instrument de pression politique », a-t-il ajouté à l'adresse des gouvernements, les invitant à « éviter d'introduire des mesures qui augmentent l'instabilité ».

« C'est une illusion de croire qu'il existe un ‘bon prix' du blé et du maïs. Le prix qu'un consommateur pauvre peut être en mesure de payer peut ne pas correspondre à ce dont a besoin un petit cultivateur africain pour vivre ».

« L'insécurité alimentaire n'est pas inévitable, étant données les vastes régions agricoles et adaptées aux pâturages encore utilisables », a conclu Mgr Tomasi. « Le droit à la nourriture peut être réalisé pour toute personne grâce à une action concertée et déterminée, soutenue par la conviction éthique que la famille humaine est une et qu'elle doit poursuivre dans la solidarité, populations urbaines et rurales ensembles ».