Le Saint-Siège appelle à la solidarité avec la Syrie et le Moyen-Orient

Les media aussi peuvent favoriser la paix

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A. Bourdin

ROME, lundi 17 septembre 2012 (ZENIT.org) – Le Saint-Siège plaide pour le « soutien » et la « solidarité » avec la Syrie en cette période difficile. Il invite les media aussi à favoriser à la construction de la paix.

Mgr Silvano M. Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège à l’Onu, à Genève, est en effet intervenu lors de la 21esession du Conseil des droits de l’homme consacrée au « Dialogue interactif avec la Commission d’enquête internationale indépendante sur la République arabe de Syrie », ce 17 septembre.

« Le peuple de Syrie et le Moyen-Orient méritent le soutien et la solidarité en ce moment de nécessité. La promotion de tous les droits humains est une stratégie effective et indispensable pour le succès de leur lutte pour la paix et la convivialité sociale », a déclaré Mgr Tomasi.

Plus encore, il en appelle « d’urgence » à une « solidarité effective et authentique » qu’il décline ainsi : « Assistance humanitaire à toutes les personnes déplacées et aux autres victimes des bombardements et des destructions aveugles, spécialement des enfants ».

Il souligne l’importance, pour le “monde entier” d’une “paix stable au Moyen-Orient”. Et que le “don de la paix” permettra aux peuples d’utiliser leurs talents pour le développement et le progrès de leurs pays, de jouir du droit à une vie décente, et d’éviter la misère et les souffrances du déplacement forcé et de l’exil”.

Mais, continue Mgr Tomasi, la solidarité avec la Syrie et tout le Moyen-Orient suppose que la communauté internationale mette de côté ses « intérêts égoïstes », « soutienne le processus politique pour l’arrêt des violences » et  « pour une participation ordonnée et inclusive de tous les groupes dans la gestion du pays en tant que citoyens ayant une dignité et une responsabilité égales ».

Dans le sillage du message de Benoît XVI, il suggère de remplacer « l’importation des armes » par « la volonté de paix ferme et commune » et par « l’importation d’idées de réconciliation ».

Il recommande que “les journalistes fassent des reportages sur cette situation loyalement et intégralement de façon à ce que l’opinion publique puisse saisir plus facilement la futilité de la violence et combien, à long terme, elle ne profite à personne”: les media aussi, dit-il, peuvent aider à “la construction d’une culture de la paix” et viser “les bienfaits de la réconciliation”.

Le représentant du Saint-Siège évoque le rapport de la commission internationale et d’autres documents qui permettent d’évaluer à quelque 30 000 personnes les victimes de la guerre civile de ces derniers mois, sans compter les blessés, les quartiers détruits, plus de 250 000 réfugiés et 1,2 million de personnes déplacées de l’intérieur, et les dizaines de milliers d’enfants dont l’école a été détruite.

« Surtout, déplore Mgr Tomasi, la confiance sociale et la convivialité civile ont été brisées. Ce conflit violent montre la futilité de la guerre comme moyen de résoudre les différends ».

C’est pourquoi il appelle de ses vœux l’« adoption », par le Conseil de l’ONU du « point de vue des victimes » pour « promouvoir les droits de l’homme et soutenir la loi humanitaire ».

Pour le Saint-Siège, “le respect des droits fondamentaux des victimes de ce conflit est, de fait, la voie qui peut conduire à la guérison des relations humaines et à la paix”, c’est « un présupposé aux négociations et une réponse effective aux attentes du peuple pour un nouveau départ démocratique ».

Mgr Tomasi rappelle que le Saint-Siège a depuis le début évoqué “le risque de déstabilisation de toute la région” et “le manque de considération pour la population civile, qu’il a rejeté de façon répétée “la violence”, quelle que soit sa source,  et qu’il a “déploré la perte de tant de vies humaines et de tragédies familiales”.

La voix du pape, “pèlerin de paix dans cette région, a condamné sans ambiguïté l’usage de la violence” souligne Mgr Tomasi,  au lendemain du retour de Benoît XVI du Liban.

Enfin, il fait observer que « la vague de protestations, pacifiques pour la plupart, qui ont caractérisé ce que l’on a appelé le « Printemps arabe », a jailli d’un désir profond, spécialement chez les jeunes, d’une plus grande liberté, d’une amélioration de l’emploi, et une participation réelle à la vie publique ».  

« Frustrer ces aspirations par la manipulation du pouvoir et des formes de contrôle provoqueront des dommages durables et passeront à côté d’une occasion de progrès historique », avertit Mgr Tomasi.