Le Saint-Siège avocat des réfugiés et immigrés

Les premières rencontres sont décisives, par Mgr Kalathiparambil

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Anne Kurian

ROME, lundi 29 octobre 2012 (ZENIT.org) – Mgr Kalathiparambil appelle les individus et les Etats à faire un effort d’ouverture et d’hospitalité pour les personnes réfugiées, soulignant que « les premières rencontres sont déterminantes ».

Mgr Joseph Kalathiparambil, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, a présenté ce matin, 29 octobre 2012, au Vatican, le message de Benoît XVI pour la 99e Journée mondiale du migrant et du réfugié (13 janvier 2013) sur le thème: "Migrations : pèlerinage de foi et d’espérance". Le cardinal Antonio Maria Vegliò, président du dicastère, est également intervenu.

Pour Mgr Kalathiparambil, Benoît XVI est « particulièrement attentif au phénomène des migrations forcées », où les réfugiés et demandeurs d’asile affrontent leur situation avec « remarquable courage, esprit d’initiative et créativité », en cherchant « un avenir ouvert au changement et à de nouvelles opportunités ».

Effort d’ouverture

L’intégration de personnes émigrées dans la société d’accueil demande « beaucoup d’efforts » de la part de l'Etat, du grand public et de l'individu, afin de vivre une « attitude ouverte d'hospitalité », reconnaît le secrétaire du dicastère.

Or, insiste-t-il, cette attitude doit être vécue « dès leur arrivée », car « les premières rencontres sont déterminantes » pour l’établissement des nouveaux arrivants dans la société d'accueil.

Concrètement, l’attitude d’hospitalité se traduit par le « respect de leurs droits » de la part des Etats et par « une attitude sociable et disponible » de la part du grand public, par exemple avec « de petits gestes d’attention à leur égard », tels « un sourire, un salut, une conversation ».

Ces « témoignages de proximité » peuvent aider les migrants à « se sentir plus accueillis » et à « faciliter leur intégration dans la société ».

Ces relations s’apparentent à un « processus bilatéral de rencontre réciproque », fait remarquer Mgr Kalathiparambil : d’une part, « les réfugiés doivent s’adapter à leur nouvel environnement, qui a « un effet sur eux » et les « change ». D’autre part, le contact avec diverses cultures a des « conséquences sur le pays d’accueil et ses habitants » et même « transforme leur culture », explique-t-il.

Reconnaître leurs ressources

Parmi les émigrés aujourd’hui, « nombreux sont ceux qui doivent abandonner leurs terres à cause des innombrables violations des droits de l’homme », déplore-t-il par ailleurs, évoquant « diverses façons de fuir », au péril de leur vie, à pied, en canot, en camion. Tout cela pour un « destin incertain », ajoute-t-il.

Après ces vicissitudes, la société d’accueil doit leur donner accès « aux éléments primaires comme le droit à la nourriture, au logement, au vêtement et aux services de santé », mais aussi au « travail et à la libre circulation ».

Mais ultimement, pour leur réelle intégration, il s’agit de « reconnaître leurs ressources », afin que ces personnes puissent « contribuer à la vie sociale, économique, culturelle et civile ». Pour ce faire, il faut « qu’elles soient en mesure de manifester leurs points de vue et d’être impliqués dans les processus décisionnels », ajoute Mgr Kalathiparambil.

Rôle dans la nouvelle évangélisation

Dans ce contexte, l’Eglise doit aussi reconnaître les ressources des personnes réfugiées : elles ont notamment un « grand potentiel pour témoigner et évangéliser » affirme-t-il.

Elles peuvent en effet être « source d’inspiration » pour « exprimer la foi de manière nouvelle », et « enrichir les sociétés qui les accueillent » avec leurs « pratiques culturelles et religieuses » et par leur « façon de vivre et d’exprimer la religion », « parfois avec plus de chaleur, avec des styles plus expressifs, ou encore plus convaincants », estime-t-il.

Pour Mgr Kalathiparambil, l’accueil des réfugiés est un « défi de l’amour chrétien », qui n’est « pas tant un devoir, qu’un mode de vivre et de partager », où le prochain est considéré « comme une personne » et non comme « un numéro, un cas ou une charge de travail ».

« Répondre aux besoins et à la dignité de ces personnes est le témoignage d’un profond engagement à rendre le Royaume de Dieu présent », ajoute-t-il, précisant que même si cette mission est traditionnelle dans l’Eglise, « des innovations sont nécessaires » et surtout « l’espérance, le courage, l’amour et la créativité », qui seuls peuvent « rétablir les vies de ceux qui ont été forcés au déracinement ».

Au fond, conclut-il, « la migration est un pèlerinage, une recherche de l’individu, de la société et de l’Eglise ».