Le Saint-Siège compte sur la générosité des catholiques

Des difficultés financières « persistantes »

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ROME, Vendredi 22 janvier 2010 (ZENIT.org) - Le Saint-Siège compte sur la générosité des catholiques et des institutions catholiques du monde entier : ses finances, bien que s'améliorant, en auront besoin en 2010.

Une réunion de deux jours du Conseil des cardinaux pour l'Etude des questions administratives et économiques du Saint-Siège s'est en effet tenue les 20 et 21 janvier au Vatican.

« Tout en tenant compte de la situation éocnomique mondiale actuelle, on a relevé la nécessité pastorale de susciter une plus grande attention des fidèles pour les structures de l'Eglise qui offrent un service d'ordre général, alors qu'ils sont plus sensibles à contribuer à des projets spécifiques et plus proches d'eux », indique le communiqué final.

La rencontre a été présidée par le cardinal secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone, sdb, et a porté sur « le budget prévisionnel consolidé du Saint-Siège » et le « budget prévisionnel du gouvernorat de la Cité du Vatican pour 2010 ».

Les bilans définitifs consolidés sont présentés chaque année à la presse début juillet. En juillet dernier, le budget de 2008 indiquait un déficit ramené de quelque 9 millions d'euros (en 2007) à un peu moins d'un million, mais le déficit de la Cité du Vatican, « touché par la crise, comme les autres Etats », disait le communiqué, était de 15 millions d'euro (cf. Zenit du 6 juillet 2009).

Les plus importantes contributions venaient, en 2008, des catholiques des Etats-Unis, d'Italie, d'Allemagne. Mais par rapport au nombre de catholiques par pays, les plus généreux ont été les catholiques de Corée du Sud et du Japon.

En mars 1987 Jean-Paul II avait lancé un appel aux catholiques pour les frais de fonctionnement de l'organe central de l'Eglise : une lettre avait été envoyée aux évêques du monde entier pour les informer de la situation économique du Saint-Siège et solliciter une plus ample participation financière des Eglises locales.

C'est une participation prévue par le Droit canon : «  En raison du lien de l'unité et de la charité, les Evêques procureront au Siège Apostolique, selon les ressources de leurs diocèses, les moyens dont il a besoin, selon les conditions du temps, pour bien remplir son service envers l'Eglise tout entière » (Can. 1271).

Le budget prévisionnel du Saint-Siège

Mgr De Paolis a présenté le bilan prévisionnel consolidé du Saint-Siège pour 2010 aux cardinaux: il concerne les organismes qui font partie de la curie romaine, sauf la congrégation pour l'Evangélisation des Peuples, « qui a sa propre administration », précise le communiqué, et les institutions « médiatiques » : Radio Vatican, la Typographie vaticcane, L'Osservatore Romano, le Centre de télévision du Vatican et la Librairie éditrice vaticane.

« Le résultat prévu de l'exercice reflète l'espérance d'éventuels développements économiques et financiers qui, en dépit d'un cadre général de difficulté persistante, indiquent une légère amélioration », précise le Saint-Siège.

Le poste le plus consistant de ce budget est la rétribution du personnel, soit 2.668 salaires, dont le poids, pourtant contenu, est en augmentation du fait de « l'adaptation des salaires au coût de la vie ».

Viennent ensuite les dépenses de Radio Vatican et d'autres institutions médiatiques qui sont considérées comme faisant partie « de l'activité missionnaire du Saint-Siège ».

A l'invitation du cardinal Bertone, les cardinaux ont également écouté le P. Federico Lombardi, s.j., et M. Alberto Gasbarri, respectivement directeur général et directeur administratif de Radio Vatican.

Le budget prévisionnel de la Cité du Vatican

Mgr De Paolis a également présenté le bilan prévisionnel pour 2010 du gouvernorat de la Cité du Vatican, qui est chargé de la « gestion territoriale » et fournit « la structure nécessaire pour soutenir le Saint-Siège » : il est financé de façon « autonome ».

La Cité du Vatican a donc, indique le communiqué, « substantiellement surmonté les difficultés des exercices précédents » et elle peut maintenant « regarder vers l'avenir avec plus de confiance ».

Ses postes de dépense sont les coûts « liés à l'activité institutionnelle de l'Etat », ceux qui découlent de la maintenance des édifices et des installations, et l'activité de ses 1.884 employés.

Les bilans ont été présentés « à la vérification et au contrôle » de la Préfecture des Affaires économiques (APSA) , précise la même source.

Les participants de la réunion

Benoît XVI a rendu visite au conseil, à la fois pour « écouter leurs observations avec intérêt » et remercier les participants de la « précieuse collaboration » offerte au Siège apostolique.

Les membres présents du Conseil des cardinaux étaient : Joachim Meisner, archevêque de Cologne; Antonio María Rouco Varela, archevêque de Madrid ; Dionigi Tettamanzi, archevêque de Milan ; Wilfrid Fox Napier, archevêque de Durban; Anthony Olubunmi Okogie, archevêque de Lagos ; Juan Luis Cipriani Thorne, archevêque de Lima ; Marc Ouellet, P.S.S., archevêque de Québec ; Odilo Pedro Scherer, archevêque de São Paulo ; Agostino Vallini, vicaire général du pape pour Rome.

Les cardinaux Jorge Liberato Urosa Savino, archevêque de Caracas et Nicholas Cheong Jinsuk, archevêque de Séoul n'avaient pas pu se libérer de leurs enfgagements pastoraux.

L'APSA était représentée par son président, Mgr Velasio De Paolis, C.S., par le secrétaire, Mgr Vincenzo Di Mauro, et par le comptable général, M. Stefano Fralleoni.

Le gouvernorat de la Cité du Vatican était représenté par le présisent de la Commisison cardinalice de l'Etat, le cardinal Giovanni Lajolo, et par le secrétaire général, Mgr Carlo Maria Viganò.

Le cardinal Attilio Nicora, président de l'APSA et le secrétaire, Mgr Domenico Calcagno sont également intervenus.

Anita S. Bourdin