Le Saint-Siège demande de ne pas réduire les aides au développement

Le sommet du G-20 ne doit pas éclipser la prochaine Conférence de Doha

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ROME, Jeudi 27 novembre 2008 (ZENIT.org) - Le sommet sur la crise financière mondiale qui s'est tenu en urgence, le 15 novembre dernier, entre les pays les plus riches du monde, fait craindre que ne soit mis de côté l'objectif de promouvoir les aides au développement des pays pauvres, qui sera abordé à la Conférence de Doha

Le Saint-Siège exprime son inquiétude dans une longue note élaborée par le Conseil pontifical justice et paix et approuvée par la secrétairerie d'Etat du Vatican. Le texte aborde les causes et effets actuels de la crise financière mondiale en vue de la conférence internationale des Nations Unies qui aura lieu à Doha (Qatar) du 29 novembre au 2 décembre.

La Conférence, qui doit étudier l'application par des mesures concrètes du précédent Consensus de Monterrey sur le financement du développement, a été éclipsée par la « crise financière mondiale ».

Compte tenu de la gravité de cette crise, qui vient s'ajouter aux précédentes crises alimentaire et énergétique, « la question de l'aide financière au développement risque d'être reléguée au second plan », observe-t-on à Rome.

Et comme le relève la note vaticane, « le G-20 s'est réuni juste deux semaines avant la prochaine Conférence des Nations Unies à Doha, aussi les très nombreux pays qui n'ont pas participé au sommet craignent - non sans raison - que le premier évènement, qui n'a impliqué qu'un groupe restreint de pays mais a focalisé l'attention du monde entier, puisse priver la Conférence de Doha d'impact politique ».

Le Saint-Siège espère que les pays qui se sont réunis à Washington le 15 novembre prendront en compte comme il se doit la Conférence de Doha et favoriseront son succès.

C'est  maintenant, précisément, dans un contexte de crise, souligne le document, qu'il conviendrait de « refonder le système financier international », en considérant le « cadre global » sans se focaliser uniquement sur la crise financière.

« Le plus urgent n'est pas toujours le plus important ! » Au contraire, ajoute le texte, « repenser les priorités est d'autant plus nécessaire que la situation est devenue plus difficile ».

Le Saint-Siège souligne également la nécessité de tenir en compte le fait qu' « on en est arrivé à cette situation financière critique d'aujourd'hui après une longue période pendant laquelle, pressés par l'objectif immédiat d'atteindre des résultats financiers à court terme, on a perdu de vue la dimension propre de la finance », sa vraie nature, qui est d' « utiliser l'épargne de préférence là où celle-ci favorise l'économie réelle, le bien-être, le développement de l'homme et de tous les hommes ».

Si on ne procède pas à une révision profonde du système financier, on ne réussira pas à apporter une véritable réponse à la crise.

Depuis la Conférence de Monterrey, explicite le document, un certain nombre d'initiatives de financement du développement ont été adoptées, mais la question fondamentale n'a toujours pas été abordée : la participation des pays les plus pauvres au commerce mondial.

Avec la crise actuelle, il est raisonnable de penser que les fonds qui devaient être affectés aux aides au développement seront détournés « à cause des demandes de ressources publiques impressionnantes nécessaires pour atténuer la crise financière. Et cela est un mal, indiscutablement ».

La vraie réponse à la crise passe par l'instauration des conditions requises pour que « l'épargne générée soit véritablement affectée au développement, autrement dit à la création d'emplois ».

« La Conférence de Doha sera donc l'occasion, que la communauté internationale ne doit pas laisser échapper, de remettre à l'ordre du jour des questions de fond très importantes pour le bien commun de l'humanité. Et l'aide au développement est une de ces questions ».

Inma Álvarez