Le Saint-Siège exhorte à combattre la plaie du tourisme sexuel

Mgr Marchetto intervient sur le tourisme, à Norcia (Italie)

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ROME, Vendredi 19 Mars 2010 (ZENIT.org) - Combattre la plaie du tourisme sexuel et s'employer à réinsérer physiquement et psychologiquement les victimes est un des objectifs de la Pastorale du tourisme, secteur qui acquiert une importance toujours plus grande avec l'augmentation du phénomène touristique.

C'est ce que rappelle Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, dans une intervention à Norcia (Italie), le 20 mars, sur le thème « En l'honneur de saint Benoît. Le tourisme aujourd'hui et sa pastorale ».

Dans son discours, le prélat explique combien la « pratique infâme » du tourisme sexuel est « de plus en plus étendue en raison de la diffusion vaste et facile que lui permet le web, une voie nouvelle pour éviter la censure sociale et les sanctions légales ».

Un élément déterminant de ce phénomène est « la pauvreté, le manque d'éducation et d'opportunités d'emplois », affirme-t-il en soulignant « la faible considération portée aux femmes ».

Le drame du tourisme sexuel, affirme-t-il, s'est amplifié avec le temps à cause « de l'urbanisation, des migrations, de la diffusion d'une mentalité matérialiste, de la détérioration des systèmes sociaux traditionnels, de la perte de dignité de la sexualité ou à cause du consumérisme et de l'avidité ».

On a ainsi assisté à la formation de « nouveaux réseaux de personnes exploitées comme les adolescents et les enfants des rues, les victimes de l'exploitation des êtres humains, des personnes déjà durement touchées dans leur condition humaine et sociale ».

Face à cela, observe le haut prélat, il faut « affronter le problème à partir de notre foi, qui nous révèle la racine du péché qui grandit dans le cœur de l'homme, qui a absolument besoin de la grâce du Christ pour se purifier et se convertir ».

« Nous devons donc consacrer une attention pastorale plus déterminée aux touristes, dans les pays d'origine, pour connaître les raisons qui les poussent à ces comportements, pour leur faire comprendre la gravité du délit qu'ils commettent, pour chercher à les convaincre, par tous les moyens possibles, afin qu'ils renoncent à leurs intentions et changent leur comportement ».

De la même manière, les autorités gouvernementales « doivent comprendre qu'il est dans l'intérêt même du pays de ne pas permettre la pratique et la diffusion de ce tourisme qui n'est pas ‘durable' et qui discrédite le pays ».

L'Eglise, à travers les diocèses, les paroisses, les responsables pastoraux et les associations « s'engage en faveur de tous ceux qui subissent des abus pour leur offrir une assistance juridique, une thérapie et une réinsertion dans la société, ainsi que dans la communauté des fidèles s'ils sont chrétiens », affirme-t-il enfin.

Roberta Sciamplicotti